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 La Prophétie de Xianglia (troisième partie)

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Haghar Tripes-de-Feu
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MessageSujet: La Prophétie de Xianglia (troisième partie)   Sam 21 Jan 2012 - 22:38

Bonsoir les Gueulards,

Voici la Troisième Partie de mon récit, en espérant qu'elle vous plaira autant voire plus que les deux premières (que vous pouvez retrouver ici pour la première et ici pour la deuxième).

Bonne lecture les amis.


Pour rappel :

- 1 pas = 2,5 cm (mais cela, tout le monde le sais ^^).
- 1 pied = 33 cm (soit 1 mètre pour 3 pieds environ).
- 1 coudée = 4 pieds = 1,20 m environ.
- 1 toise = 6 pieds = 2 m environ.


Haghar.


X X X X X



Prologue


Wagner suait à grosses gouttes, ses gros doigts boudinés et alourdis de bagues pianotant nerveusement sur le marbre de la table circulaire. La grande pièce enténébrée résonnait du moindre bruit : celui des braises craquantes dans les braseros, le bruit mouillé des gouttes de sang d’un supplicié tombant sur les dalles décorées de symboles impies, le souffle lourd du prêtre renégat qui attendait la venue de ses seigneurs.
Avec la mort des sorciers félons du Conclave, Dieter absent, il se retrouvait l’unique membre de Marienburg à siéger lors de ce conseil. Les autre membres dirigeants de la cité marchande ayant connu une mort prématurée de la main du Seigneur du Cinquième Œil, un homme si grand et fort qu’il pouvait mettre à bas un minotaure d’un seul coup de sa hache, et sans lever les yeux. Plus un démon qu’un homme d’ailleurs pensait Wagner, car même le terrifiant Prophète du Crépuscule courbait l’échine devant lui. L’ennemi des terres des hommes embrasait le Pays Perdu, les villages et villes récalcitrantes étant rasées et brûlées.
Le traître se souvint de ce qu’il avait vu quelques jours auparavant. Une ville portuaire au sud du Pays Perdu avait voulu résister, leurs défenseurs menés par un ost de Hauts Elfes venus de la lointaine Ulthuan pour commercer. Les azurs furent massacrés au prix de nombreuses morts, mais tout de même massacrés. La faible garnison avait voulu se rendre en apercevant les fiers guerriers elfes tomber, mais le wargor qui menait l’attaque aux côtés de Wagner avait suivit les ordres… non pas qu’il aurait agi autrement !
Les hommes avaient été rassemblés, à genoux et les bras liés dans le dos, sur la place principale, un ennemi muni d’un couteau et d’une torche derrière chacun d’eux. Comme pour signifier la tristesse des divinités du Bien, une pluie fine s’était mise à tomber. Mais insuffisante pour empêcher l’horreur qui allait suivre. Les enfants et les femmes furent à leur tour amenés, puis attachés par familles autour de pieux en bois badigeonnées de poix malodorante face à leurs pères.
Puis le wargor en personne s’était adressé aux hommes, dans un reikspiel trop accentué, si bien que c’est Wagner lui-même qui s’était chargé de la traduction. Et malgré sa nouvelle allégeance et la noirceur de son cœur, l’ancien sigmarite détesta les mots qui sortirent de sa bouche.

- A tous les hommes ici présents, je vous offre une chance et une seule de reconnaître le seul et unique dieu, la vraie divinité de toutes les races, l’Œil de l’Aethyr. Pour cela, hurlez votre foi, et emparez-vous d’une torche… mettez fin à votre ancienne vie d’hérétique ou choisissez le couteau !

Une clameur s’empara des hommes, écho outré aux larmes et pleurs de leurs familles. Puis les insultes fusèrent face aux nombreux hommes qui devinrent des apostats en se levant, libres. Quelques uns ne purent aller jusqu’à prendre l’une des torches crachotantes, mais les autres le firent, non sans remords et larmes se mêlant aux gouttes de pluie, ils saisirent les torches et embrasèrent d’un geste sans retour leurs familles.
L’odeur de la chair calcinée recouvrit celle du poisson et des excréments, les hurlements suraigus des femmes et des enfants occultant les rires gras des hommes-bêtes. Wagner eut un haut le cœur lorsqu’un gor en armure de mailles arracha un bras à une petite fille qui criait encore sous la morsure des flammes et l’enfourna dans sa gueule. Il bêla une réplique, comme quoi il la préférait crue, ce qui déclencha l’hilarité chez ses congénères que la vue d’autant de chair fraîche et calcinée excitait.
Le wargor se pencha sur un enfant encore en vie, un jeune garçon de sept printemps, qui soutint courageusement le regard du monstre mais détourna la tête sous l’haleine fétide. D’un seul coup de croc, il lui arracha la moitié du visage, initiant le carnage.
Le bruit sourd de la porte de bronze s’ouvrant avec fracas sortit Wagner de sa torpeur, éloignant les sombres souvenirs pour en créer sitôt de nouveaux. Des ombres apparurent les autres membres du conseil. Le Prophète du Crépuscule que flanquaient deux monstrueux bestigors aux yeux marqués au fer rouge. Aveugles, Wagner les avait vus fendre en deux de nombreux vétérans des gardes de Marienburg. Un homme trapu au bras couverts de piquants, cyclope, chef des sectes de mutants regroupées pour la guerre du nom de Markus. Trois capitaines norses, des mercenaires et des maraudeurs, couverts de trophées et de cicatrices. Un nain à la peau grisonnante, chef artilleur et rare dawi présent dans l’armée, les yeux fous et bredouillant en permanence des phrases inintelligibles. Et enfin le puissant Seigneur du Cinquième Œil, l’Ombre Blanche, le Porteur d’Haruksh’Hân la Buveuse de Mort. L’absence de Dhuul acheva de le terrifier.

- Wagner, gronda la voix sépulcrale, votre survie ne tient qu’à vos réponses à cette question : qu’en est-il des Elus… ?


X X X X X


Chapitre 1


Tal’var brandit la lame enchantée Hurlevent, qui semblait n’être qu’une longue flamme du blanc le plus pur, comme une torche, attendant que ses yeux si perçants s’habitue aux ténèbres humides. Trempé de son passage au travers de la cascade, le rôdeur s’avança dans une longue grotte qui se trouva rapidement hérissée de stalagmites et stalactites acérées, certaines énormes tels des colonnes de roche, d’autres longues comme une dague. Des rochers arrondis par l’écoulement des eaux de montagne luisaient d’une mousse phosphorescente.
L’elfe observa des lucioles s’envoler en nuages luisants de vert, de bleu et de pourpre. Des créatures transparentes, aveugles de n’avoir jamais vu la lumière du jour, nageaient dans quelques flaques d’eau claire. Le brouhaha de la chute d’eau était le seul bruit brisant la quiétude de l’endroit, mais à l’instar de la plaine qu’il avait précédemment traversé, la grotte était un morceau de Norsca, aussi Tal’var resta prudent. Toute beauté que la nature puisse revêtir ici, elle se trouvait invariablement empoisonnée.
Tal’var erra plusieurs heures, jusqu’à ce qu’un semblant de fatigue engourdisse ses muscles. L’elfe s’asseyait sur une grosse roche dépourvue de mousse quand il sentit une présence. Aussitôt sur ses pieds, lame au clair, il sonda les ombres silencieuses, de ses yeux et de ses oreilles. Mais rien, pas une silhouette, pas un éclat métallique, pas un son. Hurlevent ne réagissait pas, pourtant l’elfe sentait cette présence, non par ses sens normaux mais par cette désagréable sensation d’être observé.
A la périphérie de sa vision, il aperçut au bout d’un certain temps une ombre, sans trait. Et lors qu’il tournait la tête pour se trouver face à face avec l’intrus – celui qui de toutes évidences lui avait enjoint d’entrer dans la grotte dissimulée par la cascade – mais il disparaissait pour réapparaître quelques temps après.

- Qui est là ? demanda l’elfe, étonné de la portée de sa voix, qui êtes-vous ?
- Un ami,
répondit une voix d’outre-tombe après un long moment de silence, un ami pour qui porte une lame de lumière…
- Un ami… quelle chance,
railla l’elfe, mais sauf votre respect, il me faut plus que votre parole pour vous faire confiance.
- Vous ne saurez me faire confiance seigneur elfe,
fit remarquer la voix sans reproche ni ironie, car bien que j’use de l’eltharin, je ne suis pas des vôtres.

Tal’var cilla et une ombre se fit plus distincte jusqu’à apparaitre sous les traits d’un homme robuste, en toge couleur de sang, le poitrail enfermé dans une cuirasse d’acier sombre ouvragé, datant d’avant sa propre naissance. L’elfe fut surpris de voir un humain, lors qu’il usait parfaitement de sa langue maternelle et sans la moindre trace d’accent, exploit impossible pour les impériaux qui se donnait la peine de l’apprendre. Hurlevent brandie devant lui, il aperçut au travers de la lame enchantée la bonté de l’apparition. Le fait qu’il perçoive au travers de cette dernière les rochers moussus et le reste de la caverne l’étonna, assez pour que son visage le trahisse.

- Oui, sourit l’homme, je suis un fantôme… ou un esprit, difficile de faire la part des choses dans ces terres maudites n’est-ce pas ?
- Rien ne semble être ce qu’il est en Norsca,
souffla le rôdeur.
- En effet. La vision de pureté que t’apporte Hurlevent en fait ici une alliée des plus inestimables.
- Vous connaissez cette épée. Et mon nom…
- Et celui de tes compagnons, dame Aurélia de Llopa et son frère Miguel, le jeune impérial Johan, le norse Volgan et le skink venu de Lustrie nommé Ixli.
- Vous… Comment ?
- Je vous suis depuis un certain temps, bien qu’enfermé ici, mes yeux voient loin.


L’ombre prit corps, les détails s’affinèrent. Chauve et marqué, son visage s’adoucissait d’un sourire. En tant qu’elfe et donc éternel, Tal’var aurait bien été en peine de lui donner un âge. Une comète à deux queues était gravée sur sa cuirasse.

- Je suis Obéron Rabemeister, haut prêtre de Sigmar, et ta venue annonce l’unique espoir du Vieux Monde.

* * *

Johan s’éveilla, le crâne endolori et la bouche pâteuse. D’abord un vrombissement indistinct à ses oreilles, la clameur des combats lui parvint bientôt, ainsi que l’odeur âcre de la chair brûlée. L’initié se releva en s’aidant de son lourd marteau de guerre, remercia pieusement Sigmar d’être encore en vie et observa l’amulette d’Obéron incrustée, fondue dans sa chair. Mais nulle douleur, à peine une sensation de tiraillement au niveau de la poitrine, là où l’or avait calciné la chair. Les mémoires du prêtre Rabemeister gisaient à ses côtés, les pages roussies par un feu récent, répandues en cendres. Etrangement, il n’en éprouva qu’une vague tristesse.
Le sigmarite éprouva son équilibre et une fois sûr de ne pas retomber sur le sol inégal de la caverne, il trotta vers la sortie, attentif aux sons du combat dans la vallée. Une étrange puissance pulsait au fond de son être, un peu comme si son âme avait grandi et grossi.
Le ciel nocturne ne se parait plus d’étoiles, une fumée épaisse et noire occultant jusqu’à l’éclat des lunes. En contrebas brûlait le village. Des hommes-bêtes, des mutants et des guerriers en armure combattaient les norses du clan du Renard et de la Chouette dans un concert de hurlements, fracas métalliques, gémissements et incantations. Auréolée de blanc, Aurélia était facilement visible. L’ombre fulgurante qui taillait les assaillants de la sorcière ne pouvait être que son frère Miguel. Nulle trace de ses autres compagnons.

- Sigmar je t’en conjure, murmura le jeune homme, protège et sauvegarde mes amis.

Inspirant profondément, Johan s’engagea sur la pente rocailleuse qui le mènerait jusque dans la vallée. Au détour d’un roc gigantesque, il se retrouva face à deux ungors. Les créatures se regardèrent terrifiées, mais leur tempérament belliqueux attisa leur haine de l’humain et ils baissèrent de concert leurs lances, chargeant en hululant.
Le sigmarite esquiva le fer de la première lance et ne dut sa survie qu’à l’inexpérience de son second adversaire. Le bois de son arme frappa son bras gauche. Johan asséna un violent coup qui fit exploser la tête cornue. Puis d’un revers, il envoya au sol le deuxième monstre qui bêla d’épouvante. La tête déjà ensanglantée du saint marteau enfonça la cage thoracique qui transperça cœur et poumons. L’ungor se noya dans son sang. Mais déjà l’initié courait vers le village.
Alors qu’il arrivait en vue des premières demeures en proie aux flammes de l’incendie, Johan aperçut un étrange guerrier d’ombres faisant face à Volgan et au duo estalien. Et à ses pieds gisait le corps décapité d’Ixli…

* * *

- Non !

Braka Forgepierre croisa ses bras musculeux sur sa poitrine comme pour renforcer sa conviction. Toisant d’un air mauvais le mage, le nain grommela encore un long moment. Le vent marin faisait danser sa crête hirsute. Le ciel se chargeait de gros nuages gris-bleu au-dessus de la Mer des Griffes.
Dieter retint une injure. Amener le nain avec lui, quitter le camp des peaux-vertes sans que le tueur ne se jette sur eux, n’avait pas été simple. Le convaincre de le suivre dans son entreprise alors qu’il n’aspirait qu’à mourir au combat pour laver sa honte s’était avéré plus difficile encore, mais la promesse d’affronter les pires créatures avait finalement brisé son opiniâtreté. Mais le traîner sur un navire aux allures d’épave flottante, le magister de l’ombre ne voyait pas comment l’y obliger.

- Et comment comptez-vous rallier Norsca sans navire ? demanda Dieter de sa voix la plus douce.
- Les terres de Kislev rattachent l’Empire à Norsca, gronda le nain après un instant de réflexion. Donc on peut ne pas prendre ce… morceau de bois ! C’est bien une idée de magicien ou d’elfe de traverser la Mer des Griffes avec ça !
- Je croyais que les nains avaient de bons marins ?
- Oui… mais sur des cuirassiers en métal et en roche.


Le magister leva les yeux au ciel, les mots d’une incantation mourant sur ses lèvres. Il avait besoin du nain pour ses propres desseins.

- Soit, lâcha-t-il finalement. Nous traverserons Kislev.
- Et sans magie !


* * *

Jamais Tal’var n’avait couru aussi vite. Arc en main, il ne voyait des arbres de la forêt norse que des ombres vert sombre et brunes. Il ne cessait de répéter les mots de l’esprit, supposé être Obéron Rabemeister. Ce dernier l’avait conduit au plus profond de la grotte, au cœur de la montagne. Là, ils s’étaient arrêtés devant un mur noir suintant d’humeurs malodorantes. Un symbole de métal sombre piqueté de rouille représentait trois crânes et trois flèches écorchées de tailles différentes ; le symbole maudit du Seigneur des Mouches, du Père des Maladies, l’un des Quatre, la Puissance de la Ruine nommée Nurgle.
Et devant, un squelette gisait sur le torse, sa toge en loques avait perdu son éclat carmin, pour devenir grise. Sa main gauche tenait encore un marteau. Sa cuirasse accusait une fente au niveau du dos ; une lame l’avait jadis transpercée, emportant la vie du prêtre.
Obéron lui avait parlé de l’Œil de l’Aethyr, puissance si grande qu’elle faisait trembler jusqu’aux dieux. Puissance oubliée, mais pas par tous. Puissance enchaînée, mais dont les maillons risquaient tous de disparaître. L’un d’eux s’était récemment brisé. Rabemeister avait découvert son existence lors de ses voyages et s’était donné pour mission de retrouver l’histoire de cette puissance et savoir qui l’avait éradiqué des écrits et des mémoires.
Evidemment, l’église de Sigmar l’avait taxé d’hérétique et envoyé ses assassins. En vain, le prêtre avait continué sa quête. Huit sceaux formaient les chaînes de l’Œil. Les briser revenait à le libérer. Le prêtre ignorait à quoi pouvaient ressembler ces sceaux, mais les légendes qu’il dénicha en plusieurs décennies de recherches racontaient qu’ils avaient pris formes dans le monde des mortels, puis avaient été récupérés par les servants des dieux de Lumières et des Puissances de la Ruines. Le symbole de Nurgle menait a priori vers l’un d’eux. Les rassembler sur une terre sacrée qu’il n’avait pas encore localisée permettrait de détruire l’Œil.

- Une quête que seuls les Elus de la prophétie seront capables de remplir, avait conclut Obéron.

Le fantôme avait alors été frappé par un éclair blanc. Ses yeux brûlèrent de ce feu pur. Peur et haine se disputèrent les traits du prêtre sigmarite. Il lui avait alors demandé de planter Hurlevent dans son cadavre. L’elfe s’était résigné à suivre l’étrange demande et la lame enchantée s’était enfoncé dans le métal et la pierre comme du beurre. Un flash plus intense que l’éclair embrasa le squelette poussiéreux. La voix désincarnée retentit une ultime fois.

- Cours Tal’var… tes compagnons sont en danger… rassemble les Elus et poursuivez mon œuvre. Pour le salut des races de l’Ordre et du monde.

Une étincelle blanche s’était alors échappée d’Hurlevent, filant vers le village.

* * *

Miguel perça le cœur d’un mutant cornu, puis se retourna vers le guerrier ombreux. L’assassin d’Ixli darda ses yeux étincelants sur les compagnons. D’un souffle il figea la charge de Volgan qui s’effondra, un nuage de buée s’échappant de ses lèvres entrouvertes.
Aurélia invoqua une sphère de flammes et de tourmente qui s’écrasa sur l’armure d’ombres. Sans que cela ne paraisse le blesser d’une quelconque façon. Un regard et la jeune femme recula le visage déformée par la terreur. Seule sa propre volonté, immense car nécessaire pour tisser les vents de magie, lui permit de ne pas s’échapper au travers des demeures enflammées.
Le diestro s’avança. Il se fendit et frappa. Plus rapide encore, Dhuul para de sa propre arme. Du givre commença à engoncer la rapière estalienne, la main de Miguel de Llopa devenant bleue sous la morsure du froid surnaturel. Les deux combattants croisèrent le fer et la sombre magie, mais le démon assassin d’Ixli semblait invincible. Miguel chuta au sol, lâchant son arme. Volgan, sortit de sa transe, prit le relais, sa hache traversant le monstre sans le blesser.

- Il faut de la magie, gémit Aurélia, mais je… je ne peux…

Une silhouette drapée de rouge apparut alors, repoussant Volgan au moment où la lame d’ombres s’apprêtait à ravir sa vie et son âme. Johan surplombait le norse, ses yeux habités d’une dureté qu’il ne lui connaissait pas. L’initié leva ses yeux vers les estaliens, rassemblés et prêts à combattre.

- Partez amis, dit-il d’une voix qui n’était pas la sienne, partez et retrouvez Tal’var au nord-est. Suivez la prophétie. Puis se retournant vers le guerrier d’ombres, je m’occupe de lui.
- Combien de fois vais-je donc devoir te tuer vieil homme,
railla Dhuul en levant son arme.
- Une fois de plus, de toutes évidences.

Aurélia, Miguel et Volgan s’en furent, conscients de ne pouvoir affronter le démon guerrier. Hannah qui avait suivis l’échange rallia les compagnons. Tout autour d’eux, les norses repoussaient la horde hurlante. Le sigmarite signa devant ses compagnons, puis darda un regard noir sur Dhuul. Le marteau saint s’embrasa et hurlant les noms de Sigmar, Johan chargea.


A suivre...

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xarkhan
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MessageSujet: Re: La Prophétie de Xianglia (troisième partie)   Dim 22 Jan 2012 - 6:26

Un grand merci pour cette suite qui promet de bons moments Wink
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barnab de karaz-zank
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MessageSujet: Re: La Prophétie de Xianglia (troisième partie)   Dim 22 Jan 2012 - 8:04

Ouch

Mais...mais...mais c'est génial !!!!
On voit les images se former d'elle même devant nous.
Un début qui annonce une partie (finale?) pleine de rebondissement.

Pour Hagar ! Wink Wink Wink
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Eminar
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MessageSujet: Re: La Prophétie de Xianglia (troisième partie)   Dim 22 Jan 2012 - 10:34

Hiphiphip ! Hourra !

Que de rebondissements, c'est vraiment énorme comme histoire !!
Je sais pas comment tu fais, mais, comme déjà dit, on se retrouve directement plongé dans l'histoire, tout est clair, c'est parfait !!!

Et sinon, pour ta question, mon personnage préféré, je dirais que c'est Johan, je saurais pas dire pourquoi, mais je l'aime bien !
Alors, pitié qu'il ne meure pas contre Dhuul ! No
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Haghar Tripes-de-Feu
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MessageSujet: Re: La Prophétie de Xianglia (troisième partie)   Mar 7 Fév 2012 - 19:26

Bonsoir,


Un petit chapitre en passant, bonne lecture les amis et à vos commentaires Very Happy


Haghar.


X X X X X


Chapitre 2


Aurélia se retourna, avisant un gor qui chargeait entre deux arbres. Elle souffla une incantation sans arrêter de courir à la suite de son frère. Deux branches craquèrent en s’arc-boutant et vinrent percuter l’homme-bête à la poitrine dans un bruit sourd d’os brisé. Le monstre beugla de terreur et de douleur lorsque les deux branches se relevèrent, l’écartelant.
Volgan ouvrait la marche. Un second gor surgit de broussailles, levant une lourde hallebarde d’acier noir déjà ensanglantée. Sans ralentir, le barbare hurla un cri de guerre en norse, et lança sa hache dentelée. Le fer mordit la chair de l’aisselle d’où jaillit un flot de sang bouillonnant. Dans le même temps, Miguel para la lance d’un ungor avant de trancher la gorge d’un autre. Le norse fracassa le crâne cornu, dégageant l’arme d’un coup sec.
Grondements, sifflements et autres borborygmes précédèrent une troupe de gors aux grandes cornes renforcées de métal et couverts de mailles. Tous portaient un tabard étrangement intact frappé de l’œil stylisé blanc. L’un portait dans une main une longue lance où flottait un étendard sombre, évanescent, comme fait de brume. Un autre souffla dans trois cornes attachées ensemble, une longue plainte s’en élevant. L’homme-bête de tête, haut d’une toise et plus large que Volgan beugla un ordre, montrant du doigt les compagnons.

- Nous ne pouvons fuir, gronda Hannah en norse, il nous faut les affronter ou périr !
- Je sais…
souffla Volgan, puis en reikspiel, Miguel en ligne avec nous, Aurélia derrière !

L’estalien foudroya du regard le norse mais obtempéra, se plaçant à sa gauche. Hannah lui lança un regard troublant avant de se mettre à la droite de son compatriote. Aurélia se posta derrière ses compagnons, égrenant un sable aux reflets d’arc-en-ciel. Un miroitement entoura les quatre humains. La forêt de Norsca parut se taire quelques secondes, un silence de mort s’installant, occultant les clameurs des combats dans et autour du village, le crépitement de l’incendie, les hurlements des vivants et le râle des mourant. Puis le tonnerre éclata alors que la troupe d’hommes-bêtes chargea, martelant le sol de leurs sabots fourchus, levant haut leurs hallebardes et haches.
Aurélia ouvrit étendit son bras droit, paume vers le ciel. Une sphère de flammes blanches apparut, ne cessant de grossir alors qu’elle récitait une courte incantation plusieurs fois, son grimoire voletant à ses côtés. Dans un cri, elle relâcha la boule de lumière qui fila vers les monstres. L’étendard s’opacifia plus encore, et des appendices de brume noire vinrent entourer la sphère qui crépita avant d’être engloutie par la bannière maudite.
Le gor de tête prit appui sur une branche tombée au sol, sautant vers Hannah, ses crocs jaunis dévoilés dans un rictus de faim. Deux flèches s’enfoncèrent dans sa poitrine, faisant voler la maille et le sang. La charge de la troupe fut brisée par l’intervention de l’elfe qui jaillit du sous-bois. Une troisième flèche frappa le gor au cor avant qu’il ne tire de nouveau une plainte et, comme un seul homme, les trois guerriers chargèrent à leur tour. Les norses abattirent chacun un monstre, Miguel parant une hache alors qu’il fauchait la vie d’un autre d’un tir de pistolet. Tal’var décocha une nouvelle flèche qui fit mouche, le gor s’effondrant la flèche en travers de la gorge.

- Tal’var ! cria Aurélia, abat le porteur de bannière, ma magie est dévorée par la brume !

L’elfe s’exécuta, mais le gor esquiva le projectile. Il beugla un ordre et quatre de ses congénères se dirigèrent vers l’elfe qui avait rejoint la sorcière. Miguel visa mais son tir fut dévié par un nouvel adversaire qui fit riper la pointe de sa hallebarde sur sa cotte de cuir. La balle de plomb se perdit dans le bois.
Hannah hurla quand un gor désarmé lui asséna un coup de tête sur le visage, brisant son nez et la sonnant. Le mutant saisit la gorge de sa main griffue et serra, la norse haletant sous le manque d’air. Le visage écarlate, les poumons en feu, elle frappa sans relâche son adversaire, mais l’armure et la peau noueuse du gor les rendirent inoffensifs. Volgan voulut la rejoindre, mais dû faire face à d’autres problèmes. Saisissant le manche d’hallebarde qui le visait, il décapita son adversaire qui déjà était remplacé par un autre.
L’elfe décocha une flèche qui faucha l’un des gors. Mais les trois autres se portaient au corps-à-corps, et il dû saisir sa dague. Une hache fendit l’air, mais l’elfe s’esquiva au dernier instant, se baissa dans le même geste et trancha au niveau des reins. La dague elfique crissa sur les mailles sans mordre la chair. Aurélia frappa fort dans ses mains en crachant un mot de pouvoir. L’onde de choc frappa les monstres et l’elfe et tous s’effondrèrent sur le sol pentu. Rapide, Tal’var se releva, ignora sa soudaine surdité, et se pencha sur le gor à la hache. La pointe d’acier aux reflets bleutés passa sous le gorgerin et sectionna la carotide de l’homme-bête qui beugla de douleur avant de se noyer dans son sang.
La sorcière recula face au gor qui se relevait devant elle. Le monstre sortit un poignard large et rouillé, encore souillé d’un sang séché pourpre. Le monstre avança doucement, car bien que protégé par l’étendard de brume, il craignait la thaumaturge. L’estalienne en profita pour enchanter son bâton. Trois runes d’un blanc étincelant se dessinèrent sur l’écorce noueuse. Le gor chargea malgré ses réticences. La hache trouva le bâton qui vibra sous la force du coup. Aurélia mit un genou à terre, criant sous la douleur.

- Aurélia, rugit Miguel en transperçant un autre ennemi, non !
- Miguel !
appela Volgan, sauve Hannah !

Le diestro se retourna. La norse gisait entre les mains jointes du gor qui approchait ses crocs de sa tête. Les bras de la jeune femme pendaient mollement sur le sol et ses yeux papillonnant seuls attestaient de sa survie. L’estalien sentit son cœur se briser en deux. Il ne pouvait réfléchir, pas le temps pour cela. Son bras se tendit et il ajusta son pistolet sur le gor. Sa tête touchait déjà celle de la barbare qui réchauffait ses sens, une passion contre-nature qui l’embrasait pourtant. Un défaut dans le tir et la jeune femme périrait. Il pressa la gâchette. La poudre s’enflamma et dans un fracas d’orage, la balle fusa. Le crâne bestial explosa et la pression de ses mains se relâcha instantanément. Mais Miguel n’eut pas le loisir de vois si son coup avait fait mouche ou si il venait d’assassiner celle qu’il aimait… sa course le portait vers sa sœur.
Aurélia se concentra sur son sortilège et des éclairs jaillirent de son bâton, courant sur le fer de la hache jusqu’aux mains du gor qu’ils auraient dû incinérer. Mais une fois de plus la présence maligne enfermée dans l’étendard dévora l’énergie de l’Aethyr et le monstre s’en sortit sans dommage. Quelque part au cœur de son esprit primitif, il sût que sa proie était désarmée. Un air de victoire se dessina sur sa gueule monstrueuse, et il arracha du bois épais sa hache.
Le gor frappa la sorcière de son sabot et amorça un nouveau coup. Une dague vint se ficher dans son biceps. Le mutant cornu lâcha son arme sous la souffrance soudaine. Miguel lâcha sa main gauche, fit un pas de côté qui lui fit esquiver un revers et enfonça l’acier estalien dans la cuisse musclée. Fou de rage et de peur pour sa sœur, le diestro frappa de taille et d’estoc, de ses deux armes, la fourrure de son adversaire se gorgeant de litres de sang. Lorsque Miguel cessa de frapper, les muscles endoloris, les gors gisaient tous au sol ou étaient en fuite.

- D’autres arrivent, souffla l’elfe en épongeant le sang d’une blessure au bras, rejoignons Ixli et Johan, et partons, je…
- Johan combat un démon,
répondit Miguel en aidant sa sœur, quant à Ixli il est…
- Mort
, continua la sorcière, les yeux brillant de larmes.

L’elfe accusa la nouvelle de la mort de son compagnon avec plus de tristesse qu’il ne l’aurait imaginé. Le sigmarite combattait seul. Un combat perdu d’avance, lut-il dans le regard de l’estalien. Tal’var murmura une prière en eltharin à Asuryan, bien que ces mots qui n’avaient pas franchi depuis longtemps ses lèvres sonnèrent étrangement.

- Partons amis, souffla l’elfe, il me faut vous montrer quelque chose… à une dizaine de jours d’ici.
- Dix jours ?!
remarqua Volgan.
- Oui… je… j’ai parcouru une longue distance en très peu de temps sans que je ne sache comment.

Hannah s’avança, toisant l’elfe avec suspicion. Puis ses prunelles claires trouvèrent les yeux sombres du diestro. Pour la première fois, l’éclat de leurs regards vibrait des mêmes sentiments. La plainte de plusieurs cors de guerre retentit au cœur des bois.

* * *

Dieter balaya les parchemins étalés devant lui. La flamme des bougies chevrota, dessinant des ombres dansantes sur les murs de bois. Le magister jeta un regard noir à la pièce exigüe, une chambre miteuse d’une taverne de Kislev. La meilleure et la plus grande si on en croyait le tenancier, un homme au visage coupé au couteau, la peau mate et les yeux bridés, petit et trapu.

- Un clapier qui pue le cheval, gronda le sorcier, et une cage à poivrots !

Un étage et une porte de bois fermée les séparaient de la grande salle où Braka devait encore trinquer avec les chasseurs et fermiers kislévites. La wodka coulait à flot plus que la bière, et le guerrier nain semblait accueillir ce nouveau breuvage avec joie, offrant aux kislévites l’honneur d’embrasser leur hospitalité. Son refus de tremper les lèvres dans l’alcool fort lui avait cependant valu de bien sombres regards. Le magister n’en avait cure. Il pouvait goûter un peu de tranquillité, seul. Non pas que Braka Forgepierre ne l’assomme de paroles, bien au contraire, il se trouvait aussi taciturne que lui, mais chaque décision lui valait une argumentation longue et épineuse, l’honneur du nain pouvant être mis à mal bien facilement.

- Calme toi Dieter, tu as besoin de ce nain… on a rien sans effort et il semble que je doive en fournir plus qu’à mon tour.

Le magister rassembla les parchemins éparpillés et prit un feuillet vierge. Fébrilement, ses doigts enserrèrent la plume de corbeau taillée et couvrit la feuille de son écriture rapide, acérée. Le brouhaha de la grande salle s’intensifia, et le bruit de bois brisé entrecoupa les hurlements et les rires ; une rixe de taverne, où à n’en pas douter, le nain devait faire bonne mesure. Dieter leva les yeux au ciel, se rassurant en imaginant son futur. Radieux si tout continuait à se dérouler ainsi. Il conclut sa lettre par une rune complexe qu’il enchanta. Une flamme viendrait brûler les yeux de tout autre lecteur que son destinataire. Il déversa un peu de sable afin de boire l’excès d’encre, plia le parchemin et le scella à la cire.

- Griseplume ! grinça le sorcier en relavant les yeux de sa lettre.

Une corneille aussi grande qu’un faucon apparut des ombres de la chambre, un oiseau au ramage de ténèbres qui vint se poser sur l’étroite table. Dieter présenta la lettre cachetée à l’oiseau ensorcelé qui se mua dans les plumes d’un noir d’encre. Puis le volatile étendit les ailes et disparut au travers du mur de la taverne.

* * *

Les flammes achevaient de dévorer les huttes de la tribu de la Chouette et du Renard. Les corps des hommes-bêtes et des norses jonchaient le sol gelé de Norsca, le sang se muant en boue rougie au contact de la terre. Les monstres s’étaient repliés au son des cors, et les survivants du village tentaient de sauver les blessés et d’éteindre le feu qui ravageait le peu qu’il leur restait.
Et sur un lit de cendres et de sang s’affrontaient deux êtres. Dhuul frappa de son épée de brume et de givre, mais le marteau incandescent de Johan para l’arme démoniaque. Il en était ainsi depuis de longues minutes. Ni le marteau saint, ni la lame impie n’avait sût trouver une faille chez l’un ou l’autre.

- Tu te bats mieux que jadis, railla le démon d’ombres, mais cela ne suffira pas. Je suis immortel et tu es condamné par ta bêtise. Fuir avec ces pitoyables mortels t’aurait permis de vivre quelques temps de plus…
- Tu parles beaucoup,
souffla Johan, mais je n’ai pas senti le froid de ta lame car Sigmar me protège de ton toucher hérétique ! Et par sa lumière, je vais de renvoyer dans les abysses qui t’ont vomi !
- Ahah ! Obéron, tu as peut-être investit un corps jeune, tu demeures un mortel.
- Johan est plus puissant que je ne l’ai jamais été… et par Sigmar, je vais te le prouver !


Les yeux du sigmarite s’embrasèrent, tout comme la tête du marteau. Johan chargea, ignorant les ombres se refermant sur lui.


A suivre...
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MessageSujet: Re: La Prophétie de Xianglia (troisième partie)   Mar 7 Fév 2012 - 20:49

...
Non mais ne fait, j'ai plus rien à dire là.

Franchement, c'est... Coeur Coeur Coeur Coeur Coeur
J'attends avec encore plus d’impatience la suite ( qui sera à n'en pas douter Coeur Coeur Coeur Coeur Coeur Coeur Coeur Coeur Coeur Coeur )

Avec ce nain, qui est mon personnage favoris pour répondre à ta question ( mais c'est plus parce que c'est un nain qu'autre chose).

Pour la fine équipe je dirai dans l'ordre:
Tal'Var : qui fait très héro avec son dilemme intérieur
Miguel : un genre de Jack Sparow
Johan : qui est très intéressant...Archaon à commencer comme lui...
Ixli : bah il est mort donc...mais déjà avant le petit homme lézard au milieu des fières aventuriers Suspect
Volgan : Faudra plus le développer lui , il est intéressant de base mais pas très approfondi (enfin comparer aux autres)
Aurelia : Comme aux dessus mais en plus c'est une faible femme Danse

Sinon J'ai adorer ce final , très héroic fantasy, le genre de truc qu'un MJ de jeu de rôle adore et sur lequel il permettra plein de relances si il aime les moments épiques(bon après le contre coups de la possession à de bonne chance de tuer le perso mais bon... on a rien sans rien.)

Sur ce bon continuation.
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Eminar
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MessageSujet: Re: La Prophétie de Xianglia (troisième partie)   Mer 8 Fév 2012 - 14:55

Très belle bataille, on en redemande !

Vas-y Johan (ou Obéron), tu peux le faire !
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MessageSujet: Re: La Prophétie de Xianglia (troisième partie)   Jeu 16 Fév 2012 - 8:07

salut,

et voila j'ai enfin rattraper mon retard Danse
toujours aussi captivant et haletant jusqu'au bout, que demander de plus^^
ah si une chose:
LA SUITE !!!!!!!!!!!!!!!!! Coeur
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Haghar Tripes-de-Feu
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MessageSujet: Re: La Prophétie de Xianglia (troisième partie)   Jeu 16 Fév 2012 - 19:30

Bonsoir,


Merci beaucoup à vous tous, ça me touche Embarassed

Je reprendrai bientôt la suite...


Haghar.
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MessageSujet: Re: La Prophétie de Xianglia (troisième partie)   Lun 20 Fév 2012 - 15:16

je l’avoue, j'avais un peu la flemme de tout lire Embarassed
honte sur moi car maintenant que j'ai rattrapé mon retard je peu dire que c'est génial!
Un peu trop pour un ogre, même pour un ogre savant... tu nous cache des choses Suspect
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MessageSujet: Re: La Prophétie de Xianglia (troisième partie)   Ven 24 Fév 2012 - 23:59

Bonsoir les amis,

Merci à tous pour vos commentaires. Voici la suite (je prends du temps, mais je n’abandonne rien ^^).


Haghar.


X X X X X


Chapitre 3


- Voile ! hurla la vigie.

Le chevalier leva la tête vers l’homme posté au nid de pie alors que le capitaine brandissait une longue-vue dorée, qu’il braqua vers la direction indiquée par son marin. Au-travers de la brume matinale dansante sur la mer calme, le Bretonnien au visage buriné par les éléments aperçut la haute stature d’un navire, plus petit que son embarcation. L’une des voiles carrées, typiques des bâtiments humains, battait aux vents, déchirée. La figure de proue représentait une femme belle, aux longs cheveux sculptés dans un bois précieux ; un hommage à la Dame.
Le navire sortit du brouillard lentement, comme s’extirpant difficilement d’un rêve. Le capitaine fronça les sourcils, s’apercevant que plus aucun marin ne dirigeait le navire inconnu. Des mouettes hurlaient en tournant autour, piquant vers le pont inférieur.

- Ami ou ennemi ? gronda le chevalier en se tournant vers le capitaine.
- Ami… je crois qu’il s’agit de la Dame d’Albâtre, un escorteur issu de la flotte de l’Anguille.
- Il ne semble pas y avoir beaucoup de mouvement…
- Je sais, deux chaloupes à la mer !
ordonna d’une voix forte le capitaine, des hommes armés. Archers, en position !

Les lourdes chaloupes brisèrent l’eau noire de l’océan et se dirigèrent à la force des rames vers le navire abandonné. Le capitaine et le chevalier débarquèrent les premiers sur le pont de la Dame d’Albâtre. Un des marins vomit immédiatement son maigre déjeuner, s’attirant un regard noir du capitaine. Le chevalier s’approcha du charnier occupant le centre du pont. Les mouettes hurlèrent leur mécontentement à cet homme qui les arrachait à leur festin.
Les cadavres d’au moins dix marins, écorchés, reposaient dans un amas informe de membres, trippes et os, le tout baignant dans une mare épaisse de sang bruni, dégageant une odeur épouvantable de charogne.

- Par la Dame ! chuchota le chevalier en se signant, quel démon…
- Des Elfes noirs…
souffla un marin en pointant un carreaux fiché dans le mât.

Le capitaine Nicolas arracha au bois le projectile empenné de noir. La pointe d’acier sombre était parsemée de barbelures minuscules, assurant une douleur cuisante à qui se verrait enlever le carreau. Le bois sculpté de runes elfiques attestait de son origine. Le marin avait raison ; des druchiis.
Les hommes tirèrent leurs armes, le capitaine rattrapant un marin avant qu’il ne se jette par-dessus bord. Suivant le chevalier Phillibert de Pourpressence, ils fouillèrent la Dame d’Albâtre. Aucun cadavre. Aucune trace des autres marins, du capitaine ni des armes. Nicolas pénétra dans la cabine de son homologue. Il ouvrit le lourd livre de bord à la couverture de cuir craquelée. L’homme parcourut rapidement les notes tandis que ses hommes hélaient d’impossibles survivants. Un nom retint son attention.

- Chevalier !

Dame Isabelle de Blancheporte. Prophétesse de la Dame du Lac.

* * *

Isabelle reprit doucement connaissance. Sa tête lui faisait encore mal, et sa vision resta trouble quelques instants. Ses cheveux poisseux de sang pendaient sur son dos nu. Sa robe avait été en grande partie déchirée et son corps peint de symboles effilés. Elle se trouvait dans une pièce aux murs couverts de boiseries délicates et de tentures épaisses, chauffée par un important brasier. Trois hommes dont un chevalier blessé étaient attachés au sol, les yeux rivés sur elle. Des baillons les empêchaient de parler. Un énorme lézard ailé, de la taille d’un gros chien, les toisait avec appétit.
La vue revenant, elle aperçut assis sur un trône d’obsidienne un homme grand et élancé, au visage qui aurait pu être beau si le sourire sadique qu’il affichait ne lui déformait pas les traits en une apparence démoniaque ; un elfe, le seigneur de guerre ennemi. A ses côtés se trouvaient un homme et une femme, vêtus d’or et de vert profond. Le premier, en retrait, mesurait une tête de plus que les autres elfes, et portait un long bâton terminé par un œil d’émeraude. Isabelle reconnut un sorcier, qui l’empêchait d’invoquer la Dame… l’épuisement aurait suffit. La femme, une thaumaturge également, portait une abondante chevelure noire, coulant sur sa peau nue come autant de serpents couleur de nuit.
Son regard ne cessa de la fixer. Un goût de bile remonta dans la bouche de la damoiselle, effrayée comme tous les habitants de Bretonnie par les démons-elfes, qui puisa dans ses ultimes forces pour ne pas crier.

- Bonsoir sorcière, murmura le seigneur, j’ai bien crût que tu n’allais pas te réveiller… je ne t’ai pourtant pas frappé si fort.
- Pour… pourquoi suis-je encore en vie ?
demanda Isabelle en se redressant malgré ses liens.
- Pour mon plaisir. Je suis le Seigneur Ilkhar de Malcœur, capitaine du Crépuscule d’Emeraude. J’ai un marché à te proposer et…
- Jamais démon ! Plutôt périr en te combattant !
- Quelle rage ! Quelle animalité !
railla le seigneur de guerre, bien plus que ces chevaliers qui t’escortaient ! Les femmes ont-elles l’apanage de la virilité dans ton royaume ?

Un voile passa devant les yeux de la damoiselle. Son seigneur et amant les avait quitté. un amour interdit et pourtant bien réel. Le souvenir du chevalier perforé par la lance de l’elfe noir acheva sa volonté et deux larmes jumelles vinrent rouler sur ses joues. La Dame la punissait-elle?

- Bien… Je te présente Orogas, un dévoyé même chez les nôtres. Il va te proposer le choix suivant : soit tu renies ta fausse déesse et tu embrasses Khaine de tes vœux, sois je le laisse jouer avec toi. Renies-tu ta foi ? demanda Ilkhar d’une voix forte.
- Ja… jamais… souffla la femme.

Orogas déplia d’un coup sec un rouleau de peau, savourant le rire dément de l’elfe à ses côtés, qui révéla de longues aiguilles de métal brillantes sous les flammes de l’âtre. Il commença à en tirer une, longue d’une dizaine de pouces. Ses yeux fous se posèrent sur le corps dénudé de l’humaine, qu’il caressa du bout des doigts. Nauséeuse à ce contact, Isabelle se tortilla pour échapper aux doigts brûlants.

- Connais-tu le Supplices des Milles Aiguilles d’Arkhâm ? demanda fiévreusement le sorcier. Il s’agit de transpercer le corps d’un homme ou d’une femme avec ces magnifiques aiguilles… oh bien entendu, au bout de trois ou quatre, ta vie s’échapperait dans les lacets de sang et la douleur mais c’est là que le génie de mon ancien maître entre en action. Car vois-tu, ces aiguilles sont trempées dans le venin d’une créature de Naggaroth qui va permettre à ton cœur de continuer à fonctionner malgré la perte de sang. Et la douleur te sera rendue plus forte encore ! N’est-ce pas merveilleux ?

Le sorcier renégat éclata de rire. Ilkhar observa attentivement la damoiselle qui tentait de dissimuler sa terreur. Le seigneur réitéra sa proposition. Mais la foi de la jeune femme dépassait ses peurs. Elle pria la Dame de l’accueillir quand la mort frapperait. Orogas, heureux comme un enfant, commença. Les hurlements d’Isabelle durèrent toute la nuit.
Et la Dame perdit une de ces filles…

* * *

Le ciel de Norsca arborait une teinte pourpre, piqueté d’étoiles scintillantes. Les compagnons s’avancèrent dans ce qui fut un champ de fleurs sauvages et mutantes, celles la même qui avaient tenté de dévorer Tal’var. L’elfe se rappelait vaguement, comme lors d’un songe, avoir vu une lueur blanche brûler les créatures. Mais nulles traces de ces monstruosités, rien qu’une grande étendue d’herbe ondulante sous la brise, quelques arbres et rochers parsemant la plaine. Géants d’ombres, les montagnes dévoraient le ciel nocturne, comme une mâchoire hérissées de dents pointues. Et dans l’obscurité, une chiche lueur, blanche, pure. L’éclat d’Hurlevent.
Treize jours avaient été nécessaires aux compagnons pour rallier l’endroit, guidés par le rôdeur. Tal’var suivait un semblant de souvenirs, menaçant de s’effilocher à chaque instant. Combien de fois avait-il pensé s’être perdu, et qu’un indice, un bref souvenir lui permettait d’éviter les dangers et de rallier la bonne route ? Les hommes-bêtes ne les avaient pas poursuivis, pas plus que les barbares ou les mutants. Ou du moins s’étaient-ils égarés.
L’elfe conta à ses amis ce qu’il s’était passé, n’omettant rien. Amélia surtout se fit pressante sur le moindre détail, sur la plus petite précision. La sorcière parcourait le paysage de ses grands yeux. Miguel suivait, la mine basse, arme en main. Volgan passait ensuite, traduisant à voix basse ce qui se disait à Hannah et aux quatre autres guerriers les ayant rejoints.
Affecté par l’abandon de Johan face à ce que les autres lui avaient décrit comme un démon invincible fait de givre et d’ombre, l’elfe se tût une fois son récit terminé. Et bien que l’endroit parût idyllique, même aux norses, l’ambiance était morose. La perte récente d’Ixli, celle certaine de Johan affectaient chaque membre des compagnons, jusqu’à Miguel pour qui le skink n’avait rien été d’autre qu’un monstre venu de Lustrie, et le sigmarite un imbécile d’impérial bigot.

- Huit sceaux, murmura Aurélia, cela est logique en un sens, un par vent de magie qui forment à eux tous l’Aethyr. Et tu dis avoir parlé avec Obéron ?
- Son fantôme
, précisa l’elfe après un silence gêné. Il nous a nommé les Elus.
- Comme Ixli.
- Nous perdons un guide et en retrouvons un autre… intéressant
, souffla la sorcière, très intéressant.
- Tal’var
, héla le diestro, ces… sceaux, où les trouverons-nous ? Comment ? Ixli est mort quant à Johan… et bien même s’il survit, il n’est pas là. Et je doute qu’il survive.

L’elfe se retourna vivement, foudroyant du regard l’estalien qui ne baissa pas la tête. Pour la première fois depuis leur rencontre, Tal’var aperçut dans les prunelles de l’épéiste non pas de la rage, de la colère ou de la haine, mais de la tristesse.

- Il y en aurait un dans ces montagnes. Suivons la lueur, elle émane d’Hurlevent plantée dans la tombe d’Obéron. Il y a un symbole maudit sur une paroi, et je pense que c’est une sorte de porte.
- Un portail
, souffla Aurélia en rejoignant l’elfe, une issue magique vers un autre plan d’existence.
- Un quoi ?
demanda Volgan.
- Un autre monde si tu préfères, mais lié à nous. Quel est ce symbole Tal’var ?
- Nurgle…


* * *

Dhuul frappa si vite que nul n’aurait pu apercevoir son attaque, si fort qu’aucun matériau même venu des étoiles n’aurait sut arrêter sa lame. Pourtant, Johan s’esquiva au dernier instant, frappant l’épée de givre. Le marteau grésilla et dans un fracas assourdissant, brisa l’arme du démon. Dhuul ricana pourtant, et alors que Johan frappait, sa main libre le saisit à la gorge. La peau rose du sigmarite vira au bleu teinté de pourpre, la couleur des noyés et des morts de froid. Paralysé, il tenta de lever son arme mais le saint marteau glissa de sa main engourdie vers le sol dans un bruit mat. De la buée filtrait de ses lèvres bleuies.

- Tu as échoué, susurra le démon, encore…
- N… non…
- Cesse d’être si naïf Obéron. Quel que soit le corps que tu habiteras, tu ne pourras jamais me battre. Je suis invincible et…
- Dhuul !!


L’appel mental fut si violent que le démon lui-même en fut ébranlé. La voix de Wagner. Apeurée, mais encore assez forte pour le plier à sa volonté. Comment un simple prêtre du faux dieu Sigmar avait-il été capable de le lier à lui ? Dhuul haïssait l’obèse, mais son existence dépendait de sa survie.

- Remercie ton dieu… cracha le démon en desserrant sa prise, nous nous reverrons.

Dhuul se dissipa dans un nuage d’ombres, Johan s’effondrant à genoux dans la boue. Des traces bleues de doigts sur sa gorge le faisaient atrocement souffrir. Il avait survécu.

- Johan ? résonna une voix grave au cœur de son esprit, nous avons à parler.


A suivre...

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MessageSujet: Re: La Prophétie de Xianglia (troisième partie)   Sam 25 Fév 2012 - 9:06

Coeur Coeur Coeur l'art de manier la plume est une grande force. bravo! Wink
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MessageSujet: Re: La Prophétie de Xianglia (troisième partie)   Sam 25 Fév 2012 - 11:18

Yeah, enfin la suite !

J'ai l'impression de me répéter à chaque fois, mais c'est vraiment du grand Haghar que tu nous propose là !

Et j'ai vu que tu fais intervenir les Elfes Noirs, à quand le Ogres ! Rire
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MessageSujet: Re: La Prophétie de Xianglia (troisième partie)   Sam 25 Fév 2012 - 21:53

Yeah!!!!
C'est magnifique!tu devrais faire écrivain^^
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MessageSujet: Re: La Prophétie de Xianglia (troisième partie)   Sam 25 Fév 2012 - 22:05

Bonsoir,


Merci !! C'est ce que j'essaye de faire Wink


Haghar.
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MessageSujet: -   Lun 27 Fév 2012 - 23:22

Huhuhuhuhu conteur humain plus agréable à écouter qu'à manger!
Je te parle sérieusement, tu as contacté une maison d'édition? Si oui elle t'a répondu?
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Eul bouffeur' d'nabo
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MessageSujet: Re: La Prophétie de Xianglia (troisième partie)   Dim 4 Mar 2012 - 16:55

Toujours aussi palpitante ton histoire^^
Et bien... la suite !!!!
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Haghar Tripes-de-Feu
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MessageSujet: Re: La Prophétie de Xianglia (troisième partie)   Mar 13 Mar 2012 - 20:05

Bonsoir !


Merci à tous (et toutes) pour vos commentaires Smile

@emilep : oui j'ai contacté deux maisons d'éditions spécialisées dans le fantastique. J'ai en effet écrit un roman de fantasy gothique, le premier tome déjà édité sur internet (ils ne prennent pas de risque puisqu'ils impriment sur commande) devrait recevoir une réponse d'ici trois mois... si tout va bien !!

Bien, voici le chapitre 4 de cette troisième partie. Bonne lecture les amis.


Haghar.


X X X X X


Chapitre 4


Aurélia suivit du doigt le tracé des runes couvrant le symbole honni, prenant garde cependant à ne pas le toucher. Sa vue, son concept, soulevait le cœur de la jeune femme, non de dégoût mais de rage et de fureur. Hiérophante, son âme se vouait à la destruction des Puissances de la Ruine et de la magie noire. Ce qu’avait senti le vent de magie de la Lumière en la choisissant.
Or ce symbole, cette porte thaumaturgique, était le fruit de l’immonde association des deux. Les lignes arcaniques déviées de la magie noire s’entremêlaient avec l’amas chaotique des huit vents de magie. Sans les sortilèges de défenses mentales, érigeant de véritables forteresses autour de l’esprit de l’estalienne, elle serait à coup sûr devenue folle. Les crânes moribonds semblaient la suivre de leur regard mort, mais Aurélia les ignora. Ses compagnons demeuraient quant à eux en retrait, dans le halo protecteur d’Hurlevent, toujours plantée dans le semblant de sépulture d’Oberon Rabemeister.

- Ixli, murmura la sorcière en un soupir, que tu ne puisses m’aider là où tu te trouves… tu aurais sut quoi faire, j’en suis persuadée…

Lors de leur voyage, le prêtre skink avait enseigné quelques un de ses secrets et du savoir des Anciens à la jeune humaine qui n’avait, le reconnaissait-elle, pour ainsi dire rien compris. Les réseaux de magie, la trame initiale, l’interaction de tel ou tel vent sur un autre, ses conséquences. Patient, comme un adulte expliquant quelque chose à un enfant, le chaman s’était efforcé à réduire la complexité de ses propos. Cela avait porté ses fruits et, bien qu’il lui restât long à apprendre, Aurélia détenait un savoir que peu de sorciers impériaux connaissaient.
Fermant les yeux pour se concentrer, l’estalienne revécut ses jours de traversée sur la Mer des Griffes, d’abord sur le navire, puis sur son épave. Elle revit l’homme-lézard qui malgré sa petite taille avait tout d’un prédateur, le regard ophidien invariablement en colère, les petites dents toutes pointues, les griffes acérées de ses pieds et mains, l’allure sauvage de sa crête se dressant et changeant de couleur sous la colère, la peur ou la tristesse. Malgré elle, un sourire fleurit sur ses lèvres, écho nostalgique à la larme de tristesse qui vint étinceler sur sa joue froide.

- J’ai trouvé, souffla-t-elle, j’ai trouvé… merci Ixli.
- Tu sais comment nous faire passer ce… cette porte ?
demanda Volgan en se relevant.
- Oui. Il nous faudra faire vite, car le portail qui va s’ouvrir ne le restera pas longtemps.
- Et tu ne pourrais pas le rouvrir,
s’enquit le diestro en rejoignant sa sœur, une fois de l’autre côté ?
- Je ne sais pas… et je ne préfère pas courir un tel risque ; nous pourrions rester coincés !
- Quand pouvons-nous partir ?
demanda l’elfe, imperturbable.
- Le rituel que je dois réaliser est rapide, mais intense. Soyez prêts à tout moment.

Volgan traduisit l’échange aux barbares et Hannah calma d’un regard sombre les protestations des hommes de sa tribu, visiblement terrifiés. Le berserk sourit, et rassembla ses possessions, imité par ses compagnons. Miguel rechargea son pistolet qu’il fit glisser devant lui, lame au clair. Tal’var coula un regard sur Hurlevent. Devait-il la récupérer ? Oberon, dans le corps de Johan et combattant le démon Dhuul, ne pouvait lui répondre aussi le rôdeur préféra se saisir de son arc, une flèche déjà encochée. Armés et parés au combat, les compagnons observèrent dans un silence tendu la sorcière s’asseoir en tailleur face au symbole de Nurgle, son grimoire ouvert sur les genoux. La grotte se tût un instant, et même la rumeur de la cascade lointaine parût se dissiper un instant.
Puis la voix cristalline d’Aurélia de Llopa brisa le silence, entonnant une longue mélopée.

* * *
Wagner s’écrasa au sol. Le coup lui aurait démené la mâchoire s’il ne s’était jeté sur les dalles froides du temple. Dominant de toute sa hauteur, le chevalier lança sa jambe ferrée qui cueillit l’obèse au ventre, chassant l’air de ses poumons. Les autres silhouettes s’avancèrent en silence.
Vêtus d’armure de plaques finement ciselées et arborant de nombreuses prières sous forme de parchemins, les cinq guerriers avaient le crâne rasé des sigmarite, le marteau de leur divinité tatoué sur le front. Tous portaient également un marteau, simple accompagné d’un bouclier, ou à deux mains. Les Templiers de l’Ordre qui, Wagner se demandait comment, s’étaient faufilés au nez et à la barbe des sentinelles et avaient pénétré en Marienburg. Le gros homme avait repoussé son départ de deux jours pour jouir encore du massacre ; il le regrettait désormais.

- Wagner, cracha finalement celui qui devait être le chef, parjure, traître et blasphémateur. Nous aurions le temps, je te préparerai un bûcher digne de châtier les dieux noirs eux même.

L’ancien sigmarite recula sur son séant jusqu’à ce qu’une colonne ne lui bloque toute retraite, futile de toutes façons. Alors que le templier saisissait à pleines mains son imposante arme, la maille des gantelets crissant sous l’effort, la lueur des torches se mit à faiblir et la chaleur des braseros fit place au froid digne de Kislev.
Un des sigmarites s’étrangla en s’affaissant au sol. De son torse dépassait une lame bleue de froid. Et derrière lui apparut une ombre, celle d’un guerrier imposant pas sa taille, en armure de brume noire ; Dhuul. Le démon, bien qu’étourdi par le rappel violent de son maître, entama une danse mortelle. Les templiers ne possédaient ni la force de volonté ni le savoir d’Oberon, mais leur foi et leur talent martial en faisaient des adversaires à ne pas sous-estimés, d’autant que tous portaient une arme enchantée et qu’il allait combattre à un contre quatre.

- Tu as mis le temps, cracha Wagner. A ton tour templier d’avoir peur…

* * *
La caverne devint si lumineuse que les barbares crurent que le soleil s’était glisser à leur poursuite. Nimbée d’un halo plus vif encore, Aurélia répétait sans cesse la même phrase, infléchissant sa prononciation. Les pages du grimoire tournaient seules, comme mues d’une vie propre.
Cela parût durer des heures, et chacun des compagnons s’apprêtaient à combattre des créatures, des démons ou autre. Imperceptiblement, Hannah s’était rapprochée de l’estalien qui n’avait quant à lui d’yeux que pour sa sœur. La proximité de la norse cependant lui échauffa les sens, et ce malgré le dégoût que lui inspirait cette attirance qu’il jugeait contre-nature.
Aurélia poussa un cri, se releva si vite que personne, pas même l’elfe, ne vit comment. Elle flottait à deux pouces au-dessus du sol inégal de la caverne, sa toge agitée des bourrasques des vents de magie déchaînés. Ses yeux habités d’une lumière blanche aveuglante s’agrandirent, et tendant sa main vers le symbole, elle hurla un mot de pouvoir. Le métal grinça, la roche se fendilla et un portail magique s’ouvrit dans un fracas de fin du monde.

- Vite !!

Volgan fut le premier à passer, le visage crispé mais résolut, hache en main. Hannah suivit ainsi que Tal’var. Les barbares se jetèrent dans le vortex à contrecœur, mais trop honteux de voir une femme de leur tribu y aller sans hésitation. Le diestro tendit sa main libre vers sa sœur, et le duo estalien disparut de la caverne.

* * *
Un œil jaune de pus s’ouvrit soudainement, une humeur visqueuse qui n’était pas une larme coulant de sa pupille fendue. Un sourire carnassier défigura plus encore sa face de cauchemar et sa joie se traduisit par une odeur des plus fétides. D’une pensée, il éveilla rudement son séide dormant au pied de son trône de cadavres.

- Une porte vient de s’ouvriiiiiir, susurra-t-il dans l’esprit simple de l’esclave, vaaaaaa, ramène moiiiiii le sorcier… tuuuuuue les autres !
- Bien maître, gronda la créature à voix haute.
- Liiiiiibre… je vais êtres liiiiiibre !!

* * *
Volgan posa un pied sur un sol couvert de moisissure et son poids leva un nuage de spores qui vinrent lui chatouiller les narines de leur odeur doucereuse. Puis un amalgame de parfums fétides l’arrêtèrent, comme un mur. Cadavre en décomposition, moisi, pus, sang séché, vomi et déjections. Ses compagnons subirent la même déconvenue. Tal’var, étourdi, chancela avant de vomir son maigre déjeuner, à genoux dans le nuage vert de gris.
Aurélia arriva avec son frère et souffla une incantation rapide, retenant sa respiration. Une coque ambrée apparut devant le visage de ses compagnons, assainissant l’air vicié. Les barbares crachèrent au sol avant de se signer, posant des yeux apeurés sur le paysage de cauchemar.
Le sol couvert de moisissure menait derrière le portail vers une forêt de champignons géants, s’effondrant dans des nuages de spores bleus, les tiges blanches grinçant sous une bise à l’odeur de pourriture. Face à eux, un marais s’étendait en une mangrove étrange. La silhouette d’un château sombre se détacha derrière une brume jaunâtre. Nulle eau dans le marais. Mais des humeurs, du pus, des plaques de sang séché flottant de ci, de là. La brume sentait le soufre.
L’elfe, malgré le sortilège, demeurait au sol, les mains cramponnées à son estomac. Ses yeux cillèrent, alors que deux yeux malicieux, d’un blanc maladif, remontait à la surface de son vomi. Un sourire hérissé de dents pointues apparut en dessous.

- Eeeeeelfe ! couina la créature.
- Que… quelle est cette horreur, s’écria Tal’var en se relevant.
- Un démon, gronda la sorcière, tuez-le avant qu’il ne grossisse !

Volgan chargea, mais l’elfe fut plus prompt ; la flèche cloua au sol le démon fait de ses régurgitations. La petite créature hurla en essayant de briser son entrave. La hache dentelée arracha une plainte à l’air empoisonné. Le nurgling disparut dans une gerbe malodorante.

- Nous devons faire vite, souffla à ses compagnons la sorcière, le portail… non !
- Quoi ?
s’écrièrent Volgan et Miguel.
- Le portail… il… il se referme. Il ne devrait pas, pas si tôt !

Aurélia observa un nuage sombre, qu’elle seule pouvait percevoir par son troisième œil, s’attaquer aux limites du vortex qui, d’abord imperceptiblement, se refermait sur lui-même. D’un geste, elle ouvrit son grimoire qui vint flotter à ses côtés. L’estalienne dessina de gracieuses arabesques. Le portail vrombit en réponse mais la brume noire sembla alors redoubler d’intensité.

- Je vais devoir rester ici, pour le maintenir ouvert !
- On ne se sépare pas,
répondit le diestro.
- Il le faut. Partez, retrouvez le premier Sceau.
- Je reste pour la protéger,
dit Volgan en s’avançant, faîtes vite.
- Non,
coupa Miguel, pas toi…
- Vas-tu cesser ?!
explosa le norse, quand auras-tu confiance en moi ?
- Confiance ? Jamais, je pense. Mais là n’est pas la question. Les Sceaux doivent être retrouvés par les Elus. Ma sœur doit rester, mais nous trois, nous devons continuer. Que les barbares restent ; cela évitera de les traîner avec nous.


Volgan allait répliquer quand Hannah posa une main ferme sur son bras. L’échange avait été trop rapide pour qu’elle en saisisse tout le sens, mais la norse avait compris l’essentiel. Elle donna ses ordres, les guerriers visiblement heureux de ne devoir traverser ce marécage nauséabond. Ces derniers firent cercle autour de l’estalienne qui déjà psalmodiait les yeux à demi clos, face au vortex d’énergie crépitant.
Tal’var en tête, Volgan, Miguel et Hannah s’avancèrent dans le marais, en direction des murailles dissimulées par la brume de soufre. Dans le ciel verdâtre, une ombre ailée observait avec intérêt l’avancée des compagnons.


A suivre…



Dernière édition par Haghar Tripes-de-Feu le Mar 8 Mai 2012 - 15:36, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: La Prophétie de Xianglia (troisième partie)   Mar 13 Mar 2012 - 20:15

Encore une fois tu nous régale!

Merci de nous faire partagé cela !
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Haghar Tripes-de-Feu
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MessageSujet: Re: La Prophétie de Xianglia (troisième partie)   Lun 26 Mar 2012 - 19:49

Bonsoir les amis !!


Merci Arkenwald Wink

Voici le chapitre 5 de cette troisième partie, en espérant que cela plaise toujours.

A vous les amis, merci pour les commentaires (positifs ou négatifs ^^).


Haghar.


X X X X X



Chapitre 5


Tal’var entra le premier dans l’onde nauséabonde, épaisse et aux relents de déjections. Au bord de l’évanouissement, l’elfe dû se faire violence pour ne pas cracher le peu de bile qui lui restait. Pâle comme un mort, le rôdeur ne dénotait finalement pas au cœur de la fange. Suivait Hannah qui ne put réprimer une grimace de dégoût alors que sa peau entrait en contact avec les substances du marais. Volgan suivit à son tour, les yeux braqués sur la silhouette sombre du château. Miguel fermait la marche.
Sur les conseils du diestro, tous s’étaient dissimulés le visage avec un foulard, un morceau d’étoffe, faible espoir de ne plus sentir les effluves écœurantes de l’endroit. Mais ce que les compagnons dissimulaient à leur odorat, la vue, elle, ne fut en rien épargnée. Très vite le brouillard aux relents d’œuf pourri occulta le ciel, pas un mal au final. L’eau – du moins espéraient-ils qu’il en soit ainsi – était épaisse comme du miel, et des plaques de moisissures, de la taille d’un homme parfois, flottaient tout autour d’eux. Des nuages de mouches et autres insectes bourdonnants suivaient ces êtres au sang chaud.
L’elfe tenta d’ignorer les corps caoutchouteux qui frôlaient ses jambes, tout comme le fait qu’il pataugeait certainement dans du pus, de l’urine et des selles. Parfois, le camaïeu de bruns et de jaunes s’ornait de rouges… l’odeur du sang parvint difficilement à se frayer un chemin dans l’immonde parfum de cet Entremonde.
Hélas pour lui, il possédait une vision reléguant ses compagnons humains et norses au rang d’aveugles. Cette même vision, légendaire, qui faisait des elfes de parfaits archers. Et qui ici lui permit d’admirer avant les autres et avec plus d’acuité la végétation des environs. Des arbres qu’il prit d’abord pour des saules pleureurs aux teintes rosées s’avérèrent être des tubes de chair, en bouquet, frémissants.

- Quelle endroit de cauchemar, murmura Volgan, comment un tel monde peut-il exister ?
- Le Seigneur des Mouches préside ici
, souffla la barbare en se signant, et ses enfants sont légions. Car tout le monde, elfe ou homme, jeune ou vieux, riche ou pauvre, tous peuvent tomber malade… et tous peuvent alors recevoir sa proposition, son étreinte.

Volgan traduisit rapidement. Tal’var serra plus encore le corps de son arc, bien décidé à ne plus montrer de signe de faiblesse. Quelle honte pour un elfe de trembler là où de vulgaires humains et –pire ! – des norses avançaient sans fléchir. D’aucun parmi les siens lui auraient alors souffler que ces créatures étaient trop bêtes pour saisir l’horreur. Tal’var aurait pensé la même chose quelques lunes plus tôt, avant sa rencontre avec Johan. Plus maintenant.
Miguel haussa les épaules et, bien que tout autant indisposés que les autres, s’avança vers une berge. De ses mains gantées, il attrapa non sans mal une branche, caoutchouteuse et suintante d’un liquide clair. L’estalien tira dessus pour en éprouver la solidité et entama sa sortie du marécage.
Le boyau parut alors grossir et la grosseur se déplaça, de plus en plus rapidement, vers l’épéiste. Ce dernier relâcha sa prise, retombant dans le liquide nauséabond dont il s’aspergea un peu plus.

- Qu’est-ce que…
- Attention !


Hannah se propulsa en avant et percuta Miguel. Tous deux s’effondrèrent dans la fange, priant pour ne pas boire la tasse. L’elfe et Volgan allaient intervenir quand la grosseur apparut au bout du boyau ; un flot de selles liquides et sanglantes fut expulsé dans un bruit de flatulences caractéristique. La masse brune flotta un instant, fumante de chaleur. Horrifié, les compagnons aperçurent des vers blancs de la taille d’un chat, armés d’une pointe noire luisante pareille à celle d’une lance d’arme, masse grouillante à la recherche d’une proie.

- C’est un enfer, souffla le diestro, sa superbe envolée.
- Je crois que les enfers sont préférables à ici
, gronda l’elfe en dardant ses yeux sur une autre rive.

Par-delà la brume soufrée, des silhouettes humanoïdes armées d’épées avançaient en babillant.

* * *
Le templier de Sigmar hurla lors que la lame de glace pénétrait ses chairs. Dhuul souleva l’homme agonisant d’une main, le tenant embroché sur sa lame avant de le lancer au sol. L’air vibra et devint visible l’espace d’un instant ; la barrière qu’avait invoqué via une relique le chef des sigmarites et qui empêchait le démon de s’enfuir. Cette même protection qui l’empêcherait d’être renvoyé autrement que par les armes.
Des sept templiers – deux de plus ayant rejoints leurs compagnons – trois seulement combattaient encore. Un quatrième retenait en vain la vie s’échapper dans le sang qui s’écoulait de son abdomen. Un des cadavres avait été proprement coupé en deux dans la longueur. Viscères, os et tripes jonchaient le sol dallé du temple et une odeur de mort emplit l’air immobile.
Wagner gisait quant à lui inconscient, penché sur son ventre gras, au sol. Sa tentative de dissiper le champ de force avait été un cuisant échec, son esprit blasphémateur ayant dû combattre la magie de son ancien dieu, l’hérétique n’avait que trop tard mesuré son erreur ; sans le sort le retenant, Dhuul aurait été dissipé et renvoyé dans les Royaumes du Chaos.
Le fer et la magie se heurtaient avec une rare violence. Les templiers priaient à voix haute, crachant aux démons des bénédictions capables de le ralentir. Mais Dhuul, sans y être immunisé, ne sembla pas en souffrir outre-mesure. Plus que les prières en langue ancienne, c’était son voyage incorporel d’urgence depuis Norsca qui l’affaiblissait. Cela et le combat contre Rabemeister.
Tout à son combat, l’esprit vengeur du démon imagina ce qu’il allait pouvoir faire subir au prêtre sigmarite quand il retrouverait sa trace. Car le temps qu’il en finisse avec les templiers, que Wagner daigne revenir parmi les conscients et qu’ils trouvent un moyen de le renvoyer en Norsca, Oberon et son jeune hôte auront disparus depuis longtemps. Heureusement, Dhuul savait faire montre de prudence quand il le fallait et sa marque ne s’effilocherait pas avant longtemps, cette écharde de magie noire qu’il avait plantée dans le corps du jeune initié. A condition que Rabemeister ne s’en aperçoive pas…
Son adversaire trébucha. Dhuul repoussa l’autre d’un violent coup d’épée et saisit le premier à la gorge. La poigne glacée aspira la vie du sigmarite qui n’eut pas le temps de terminer sa prière. Les rares blessures qu’accusait le monstre d’ombres se refermèrent et il sentit sa prise sur le monde des mortels se renforcer ; Wagner se réveillait et avec lui sa volonté.

- Ce combat m’a amusé, ricana le démon à l’attention des templiers survivants, mais j’ai à faire loin d’ici.
- Par le marteau de Sigmar
, rugit le chef sigmarite, tu auras tout ton temps… dans le royaume de tes pères honnis !!

L’homme chargea, marteau à deux mains brandi. Comme Rabemeister, ses yeux s’enflammèrent d’une juste lumière, à l’instar de son marteau qui en perdit toute forme, simplement un fragment d’énergie sainte. Du sang s’écoula de ses yeux, de sa bouche et de ses oreilles à mesure qu’il devenait aveugle, muet et sourd. Un lourd sacrifice. Le sourire de Dhuul s’évapora alors que l’arme brisait son épée levée en parade et vint mordre son corps. Puis tout ne fut plus que douleur. La douleur dont le démon s’abreuvait généralement alors qu’il tuait et massacrait. Le cercle de protection se brisa et, une à une, les entraves qui l’empêchaient d’être renvoyé dans les Royaumes du Chaos se brisèrent.
Le templier survivant rattrapa le corps sans vie de son supérieur, sacrifié pour bannir Dhuul. Puis ses jeunes yeux emplis de larmes se dardèrent sur le démon, ivre de rage.

- In nomine Sigmar, te exorciseum malefica spiritus…
- NOOOOOON !!!
rugit le démon alors que son corps perdait consistance, tu… tu ne peux…
- Dhuul… ?
marmonna Wagner en se relevant difficilement.
- Prêtre ! Brise l’amulette !

Wagner porta la main à son cou, enserrant de ses doigts boudinés l’objet qu’il avait dérobé quelques années plus tôt à un mage du Collège Blanc. Le hiérophante revenait d’une obscure mission dont il était l’unique survivant. Le clergé avait alors mandaté Wagner pour enquêter sur sa pureté, pour vérifier que le Chaos n’avait pas eu de prise sur le sorcier. Mais l’esprit prompt à la souillure du prêtre avait été une fabuleuse matière à forger pour l’esprit du démon lié à l’amulette.
Dhuul avait alors espérer se libérer de l’objet, mais Wagner avait joué la prudence. Après avoir déclaré souillé le mage qui finit ses jours sur un bûcher, il entreposa l’amulette dans un endroit secret à l’extérieur de Marienburg et entreprit des recherches. Ce qu’il trouva suffit à lier le démon à vie et donc à son service. Pour tirer la puissance maximum de l’artefact, il lui manquait des textes qu’aurait jadis trouvé un renégat ; Oberon Rabemeister. Mais malgré des jours et des mois passés dans les marais, jamais il ne retrouva l’église où ce prêtre officiait.
Wagner se résigna à ne posséder « que » ce puissant démon pour garde du corps, bien qu’il n’ait pu l’utiliser avant que l’Œil n’embrase le monde du souffle de la guerre, le secret devant être total. Mais ces templiers menaçaient de lui ravir son pouvoir en bannissant, par-delà les capacités de l’amulette, Dhuul dans les royaumes infernaux.
Briser l’amulette. Dhuul serait-il libre ? Wagner hésita. Bien que blessé, le templier restant était jeune et rompu au maniement des armes. Et sa haine du Chaos se verrait décuplée face à ses hérésies. De plus, sans Dhuul, il soupçonnait le Prophète du Crépuscule capable de le dévorer pour son futur petit-déjeuner. En effet, l’avantage de sa position au sein du clergé de Sigmar avait disparu avec la prise de Marienburg et la révélation au grand jour de sa traîtrise et de son apostasie. Les gros doigts encore gras de jus de viande se serrèrent sur l’amulette.

- Enfin… souffla le démon au bord de l’extinction.

Le corps se mua en une fine brume qui vint s’engouffrer dans la bouche entrouverte du renégat. Wagner sembla s’étrangler, ses yeux fermés, son visage rougeaud crispé de douleur. Le templier interrompit sa prière et, au prix d’un ultime effort, se releva. Marteau de guerre à la main, il chargea en hurlant le nom de son dieu.
Wagner ouvrit les yeux. Des yeux noirs, abyssaux. Un sourire torve déforma ses lèvres graisseuses. Il leva une main d’où s’échappèrent les fragments de l’amulette. Les doigts si gourds d’habitude se refermèrent avec force sur le manche du marteau, arrêtant net sa course vers son crâne. Le templier écarquilla les yeux de stupeur, à deux mains et forçant vers le bas, il ne put abaisser plus encore son arme. Wagner la lui arracha d’un coup sec et d’un revers, lui fracassa la tête, cervelle et fragments d’os venant joncher les dalles déjà lourdement souillées.
Le silence revint dans la salle du temple. Puis un rire éclata. Le rire de Wagner, mais infiniment plus maléfique que jadis. Dhuul jubilait. Certes le corps de l’obèse ne lui plaisait que très peu mais sa puissance suffirait à le modeler selon ses désirs. Et avec ces changements physiques, l’esprit apeuré de Wagner se verrait dévoré.

- Alors mon cher Wagner ? s’esclaffa le démon à voix haute, comment comptes-tu négocier ta… survie ?
- Tu… tu m’as menti !
geignit l’esprit du prêtre dans sa propre tête, tu as fait tout cela pour te libérer !
- Je n’ai pas menti
, répondit d’un ton égal Dhuul en ramassant un marteau, si tu n’avais pas brisé l’amulette, ces chevaliers m’auraient renvoyé. Et je gage que tu ne me veux pas autre part qu’ici… ?
- Mais je ne te veux pas en moi !
- Le choix tu ne l’as plus
, rugit le démon en fracassant le crâne du templier agonisant, si tenté que tu l’ais jamais eu. Mais rassure toi, ton corps sera préservé. Un temps du moins.
- Et… que va-t-il advenir de moi ?
- Tes connaissances de ce monde me seront utiles, aussi je pense se conserver. Et qui sait, si je trouve le moyen de quitter ton corps, de me réincarner ici, alors peut-être consentirai-je à te le rendre.
- Alors dépêchons-nous !
- Tiens ta langue
, siffla Dhuul, n’oublie pas que tu ne possèdes plus aucun ascendant sur moi ! D’une pensée, je peux balafrer à jamais ton âme. Les rôles sont inversés désormais. Je suis le maître et toi l’esclave.

L’esprit de Wagner pleura en silence, ce que Dhuul ignora avec superbe. Il jeta un ultime coup d’œil sur la pièce jonchée de cadavres et de viscères. Réajustant la toge trop petite de Wagner, il quitta le temple. il lui fallait parcourir de nombreuses lieues avant de rejoindre Norsca et Oberon Rabemeister.

- J’arrive Oberon, souffla le démon, et cette fois tu ne t’en tireras pas…

* * *
La hache fendit l’air avant de fendre le crâne du chien mutant. Braka se retourna à temps pour dévier la mâchoire pleine de crocs recourbés d’un second monstre. D’un coup de manche, il repoussa la bête et mis fin à ses jours dans l’instant.
La caravane traversait Kislev depuis plus d’une demi-lune, sans rencontrer le moindre village. A perte de vue, le blanc de la neige sur lequel se réverbéraient les rayons du soleil blessait les yeux et entamait l’humeur. Parfois un bosquet d’arbres ou une forêt impénétrable d’où brillaient des yeux malicieux. Trois jours qu’ils remontaient la rive d’un fleuve débouchant dans un lac. Et alors que le crépuscule couronnait les lointaines montagnes de teintes violacées et bleues, les maraudeurs avaient lancé leur attaque.
Accompagnés de chiens monstrueux, arborant des mutations, une bande de barbares norses, des pillards, les avaient encerclés puis chargés. A cheval pour la plupart, hommes et femmes brandissaient des armes et des écus frappés de l’étoile à huit branches.
Dieter et Braka avaient quant à eux ralliés la caravane marchande pour bénéficier d’un guide et de quelques jours de conforts pour le sorcier. La route pour Norsca était périlleuse, mais cette terre maudite regorgeant de trésors amenait invariablement les riches marchands du sud à braver ses dangers pour se gorger de richesse. Dieter eut un sourire cynique lorsque Giovanni DiPerro, le tiléen qui menait la caravane, mourut d’une lance dans le ventre.

- Tu ne m’appelleras plus triste corbeau, souffla le sorcier.

Invisible, le magister se faufila derrière un jeune norse, plus grand et fort que lui. La dague arabienne qui avait ravi le souffle de vie de son ancienne camarade et qu’il affectionnait tant dessina un second sourire sur la gorge du barbare. Une passe rapide, un mot de pouvoir et de nouveau invisible, Dieter chercha une nouvelle cible. Sa quête ne pouvait souffrir le moindre retard, la moindre embûche.

- Imbécile de nain, pesta-t-il en silence, s’il n’était si obtus, nous aurions fait de ces pillards nos guides et gardes jusqu’au mausolée… mais non, évidemment.

Braka frappait. Les chiens morts ou mourants ne lui suffisant plus, il s’était tourné vers les barbares, déçu que nul monstres ne les accompagne ; aucune mort glorieuse ce jour. La crête orange et l’absence d’armure témoignaient de son statut de Tueur, et les norses affrontaient souvent les nains, suffisamment du moins pour savoir à quoi s’attendre de ces guerriers cherchant à tout prix la mort.
Un cheval noir à six pattes, les yeux rouge sang, se cabra devant le nain qui esquiva ses sabots crochus. Le cavalier sauta à terre. Plus grand encore qu’un norse, il portait une lourde armure noire couverte de runes maléfiques et de symboles impies du Chaos. Son casque figurait celle d’un loup aux babines retroussées, ornés de cornes de bélier. Un fléau gigantesque reposait dans ses larges mains, ses trois têtes poisseuses du sang des tiléens.

- J’vais p’têtre l’avoir ma belle mort finalement, ricana le nain en défiant le guerrier d’un geste obscène. Viens mourir crevure !!

* * *
Aurélia de Llopa souffrait. Le portail ouvert face à elle crachait des éclairs d’énergie, hurlant tel la pire des tempêtes de la Mer des Griffes. La puissance inconnue forçait sur l’ouverture planaire pour la refermer et blessait d’autant l’esprit de la jeune estalienne. Rayonnante de pureté, la hiérophante était persuadée d’être on ne peut plus visible ; et c’était le cas, tel un phare de lumière blanche dans l’ambiance terne et moisie de l’Entremonde.
Les barbares demeuraient silencieux et crispés. Lorgnant vers le marais où les autres compagnons avaient disparus, les norses regrettaient leur choix. La sorcière brillait trop, et les monstres de cette dimension de cauchemar ne tarderont pas à la sentir ou à la voir. Mais sans elle, pas de retour.
Une ombre s’agrandit autour de l’un d’eux. Puis les ténèbres l’envahirent alors que ses frères hurlaient.


A suivre…
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Eminar
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MessageSujet: Re: La Prophétie de Xianglia (troisième partie)   Mar 27 Mar 2012 - 13:37

Comment c'est possible que j'aie loupé un de tes chapitres !
Et puis, ben encore un régal à lire !

Tu me fais vieillir Haghar, je radote, moi, à force de dire que c'est parfait !
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emilep
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MessageSujet: Re: La Prophétie de Xianglia (troisième partie)   Mar 27 Mar 2012 - 21:13

Haghar Tripes-de-Feu a écrit:



@emilep : oui j'ai contacté deux maisons d'éditions spécialisées dans le fantastique. J'ai en effet écrit un roman de fantasy gothique, le premier tome déjà édité sur internet (ils ne prennent pas de risque puisqu'ils impriment sur commande) devrait recevoir une réponse d'ici trois mois... si tout va bien !!



C'est super! Comment peut on t'aider à le faire publier? Si on peut Green
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xarkhan
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MessageSujet: Re: La Prophétie de Xianglia (troisième partie)   Mer 28 Mar 2012 - 19:12

Occupé par mon travail et la vie de famille, j'avais pris du retard dans la lecture de ton récit. Il est toujours aussi immersif et on n'a qu'une envie avoir la suite Wink

Si ton roman est publié un jour je serai ravi d'avoir une dédicace Zen
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Haghar Tripes-de-Feu
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MessageSujet: Re: La Prophétie de Xianglia (troisième partie)   Jeu 29 Mar 2012 - 20:03

Bonsoir !


Un grand merci à vous tous !

Emilep : pour l'instant non, mais si je suis publié et que tu veux toujours m'aider, tu pourras... acheter mon livre Laughing Siffle

Xarkhan : avec plaisir !!! Wink

Voici le chapitre 6, bonne lecture les amis !! study


Haghar.


X X X X X



Chapitre 6


- Nous ne pouvons pas chevalier ! C’est de la folie…
- La Dame nous protège capitaine,
répondit le noble sans un regard pour le marin, obéissez ! Et faîtes savoir à vos hommes que refuser à accomplir notre quête équivaut à un blasphème. Les créatures des abysses seront alors leurs uniques cercueils…

Nicolas hocha silencieusement la tête, résigné par son sens du devoir et son respect de la noblesse. Le chevalier ordonnait et il se devait de lui obéir, et ce malgré sa demande aberrante ; poursuivre un navire druchii, de toutes évidences mieux armé que le sien et capable d’anéantir un navire lourd bretonnien, son équipage, une prophétesse de la Dame et sa garde personnelle. Pure folie.
Le chevalier de Pourpressence ignora les regards torves de l’équipage à son égard, un vent de mutinerie soufflant doucement sur le vaisseau frappé de la fleur de lys et du calice. Ses ordres étaient clairs. La société bretonienne ne souffrait aucunement des problèmes de hiérarchie qu’imposaient à l’Empire de nombreuses classes sociales et sociétés de privilèges. Noble et paysan. Ainsi, les premiers se devaient de protéger les seconds, tandis que ces derniers devaient les nourrir, les servir, obéir sans poser de question ou de résistance. Une révolte paysanne se soldait invariablement par un massacre en bonne et due forme, les chevaliers moissonnant les hommes comme ces derniers moissonnaient le blé.
Non pas que le chevalier fut un imbécile ou un naïf. Les elfes noirs pillaient, brûlaient les villages côtiers depuis bien avant la naissance de ses aïeux. Ils capturaient les femmes, les hommes et les enfants, et milles rumeurs couraient sur ce qui pouvait leur arriver une fois dans les obscures tours elfiques ; le chevalier pensait que ces rumeurs, pour une fois, se situaient en-deçà de la vérité. Les druchiis portaient en eux la plus vile des marques et le sadisme leur faisait office de religion. Que les paysans continuent à croire les on-dit, la vérité étant bien pire, ils ne sauraient la supporter.
Ainsi, quand Phillibert de Pourpressence fut ordonné, il fut de ceux qui combattirent les elfes noirs, les repoussant sur leurs navires aussi effilés que leurs lames, libérant les convois d’esclaves et les villages attaqués. Mais pour une femme d’épargnée, cent périssaient ou pire dans les cales des noirs navires. Pour une masure sauvegardée des flammes, des villages entiers n’étaient plus que ruines cendreuses empestant la mort et le sang versé. Combien de paysan le chevalier n’avait-il pu sauver ? Combien de cadavres aux visages crispés de douleur l’avaient-ils accueillis lors qu’il arrivait trop tard ?
Et combien de fois son estramaçon avait-il bu le sang impur des druchiis ? Combien de fois son écu avait été percé de leurs traits empoisonnés, éraflé de leurs épées aux formes étranges ? Combien de fois la noire magie avait-elle tentée de geler son cœur ou d’envoyer son âme aux démons les plus ténébreux ? Le chevalier de Pourpressence aurait été incapable de la dire. Cependant, une chose de sûre ; il allait les combattre en mer pour la première fois.
Sur des flots déchaînés ou sur une mer d’huile, les elfes noirs étaient dans leur élément, maniant d’une main experte leurs fin voiliers, chevauchant des dragons marins, serpents géants aussi retors que leurs maîtres. Quant au mythe des Arches Noires, le bretonnien savait pertinemment qu’elles existaient. Et à son regard triste de se savoir, lui, son navire et son équipage, sacrifiés, le capitaine devait également les connaître.
Mais qu’importe. Une fille de la Dame avait été enlevée. Et bien qu’elle fût certainement morte des suites des sévices et tortures infligées par ses geôliers, le serment du chevalier le poussait à la venger et à arracher de leurs griffes immondes son corps pur, dut il être sans vie.

* * *
Le norse hurla puis se tût immédiatement, alors que la lame osseuse le perforait au niveau du thorax. D’une secousse, elle remonta, ouvrant sa tête comme un fruit trop mur. Les barbares survivants se jetèrent sur le monstre, hurlant autant de peur que de rage.
La bête devait mesurer quelques quinze pieds de long et deux fois plus d’envergure. Son corps ressemblait à celui d’une limace géante aux teintes écœurantes de verts et de jaune, suintant d’une bave aux relents acides. Son tiers supérieur grouillait de dizaines de pattes brunes, petites et segmentées comme celle d’un insecte, et terminées par un crochet noir, dentelé comme les lames de harpons. Son visage hideux figurait celui d’un humain déformé, sa bouche s’ouvrant verticalement sur une rangée de crocs luisant et une longue langue violette, boursouflée. Vrombissait dans son dos une paire d’ailes de mouches que des élytres noirs protégeaient quand elle se trouvait au sol. Des pustules couvraient son corps et l’odeur du marais était occultée par ses propres émanations. Et une queue terminée par une lame osseuse s’agitait furieusement à l’arrière de son corps, le sang du barbare éclaboussant la berge.
Une hache vint s’enfoncer dans le corps caoutchouteux. Le guerrier de Norsca, pourtant habitué aux faits horribles et étranges, vit avec horreur son arme aspirée par la chair démoniaque, le fer grésillant sous l’attaque de l’acide. Il retira sa main assez vite avant qu’elle ne subisse le même sort mais ne fut pas assez rapide pour éviter la langue démesurée qui, tel un fouet vivant, vint s’enrouler autour de sa gorge. Muscle puissant, elle l’arracha du sol et son crâne fut brisé par les crocs du monstre.
Aurélia observait impuissante les norses périr au combat. Un seul sortilège pour leur venir en aide, et sa concentration brisée romprait le maintien du portail, ce dernier s’effondrerait alors et les emprisonnerait dans ce monde cauchemar. Mais si les norses mourraient, qui la protègerait elle ?

* * *
- Ils sont trop nombreux.

Miguel n’avait pas peur. Ou du moins sa colère et son ego suffisaient à la reléguer au fond de son esprit. Et il n’était pas homme à fuir un combat par peur de mourir. Mais il était conscient que leur quête avait plus d’importante que l’honneur, le courage ou le panache ; il ne se trouvait plus en Estalie. Et des créatures cyclopéennes couvertes d’humeurs brillantes et de pustules sur le point d’exploser, il en dénombra une douzaine. A un contre trois, les chances n’étaient pas de leurs côtés.
Les démons avançaient en babillant, leurs mots se perdant dans l’atmosphère étouffante du marais. Certains arboraient des cornes frontales, d’autres des bouches énormes au niveau du ventre, tous trainaient à leur suite une longue épée, large et rouillée, ornée du symbole du Père des Mouches. Des portepestes, les soldats démoniaques de l’armée de Nurgle. Alors que la brume laissait voir de plus en plus de détails de ces immondes créatures, d’autres, plus petites, couraient et sautaient autour d’eux ; des nurglings.

- Que faire alors ? demanda sombrement Volgan en serrant sa hache. Fuir ne servirait à rien.
- Nous allons devoir nous séparer…
- Non !
coupa le norse, ce serait pire !
- Pire qu’ici et maintenant ?
railla le diestro. Ecoute-moi, écoutez-tous. J’ai un plan. Dangereux mais il fonctionnera, c’est une tactique issue d’un jeu de mon pays.
- Nous allons combattre des démons grâce à un jeu de nobliaux du sud !
rugit le norse, abasourdi.
- Silence ! tonna l’elfe jusque-là silencieux. Miguel, expose-nous ton idée.
- Nous nous séparons en deux groupes. Les monstres vont devoir eux aussi se séparer mais pas forcément de façon équitable. Tal’var et moi sommes rapides, Hannah et Volgan forts. Les barbares feront diversions, tandis que nous irons au château. Il faut donc se séparer ainsi ; Hannah et moi, Volgan et l’elfe.


Volgan ne put se retenir de sourire lorsque l’estalien désigna sa compatriote pour aller avec lui. Il allait objecter qu’ils prendraient le plus de risques, mais le norse savait pertinemment ce qui faisait battre le cœur du diestro ; il n’aurait pas mis sciemment la vie d’Hannah en danger sans raison. Et l’heure n’était pas aux chamailleries infantiles ni aux règlements de comptes. La sagesse de l’elfe, bien plus vieux qu’eux tous, avait parfois du bon.
Les compagnons se séparèrent, courant comme ils le pouvaient dans la fange nauséabonde. Les portepestes ne semblaient pas le moins du monde ralentis par la vase et l’eau épaisse. Les nurglings eux s’amusaient à sauter des plaques de moisissures dans l’eau, éclaboussant d’humeurs visqueuses les alentours, mais sans cesser de progresser vers les compagnons.

- On se retrouve au portail ! hurla Miguel alors que les démons sifflaient leur mécontentement de voir leurs proies tenter de s’enfuir.

* * *
Volgan se hissa hors du marais, suivi de l’elfe. Des sangsues blanches rosissaient à mesure qu’elles aspiraient leur sang. D’un coup de dague expert, l’elfe ôta les créatures de leurs peaux, à temps pour faire face à un portepeste. Le démon jaillit de l’eau et sauta sur la rive, plus agile que ne le laissait paraître sa démarche pataude.
La hache dentelée para de justesse l’épée rouillée qui teinta étrangement, comme si sa lame n’était finalement pas faite d’acier mais de chair et de rouille mêlées, plus un chuintement qu’un tintement d’ailleurs.

- Choléra-peste-angine-syphilis-bubon-grippe-varicelle-scarlatine, babilla le monstre à l’attention du norse.
- Va ! cria ce dernier à l’attention de l’elfe, je le retiens !
- Ils sont plusieurs,
répondit sombrement l’elfe.

Tal’var laissa Volgan s’occuper de son agresseur, avisant trois autres formes jaillissant de la brume. Des nurglings pataugeaient également. L’arc vibra et deux flèches s’enfoncèrent dans la chair pourrie du monstre de tête, qui trébucha dans la vase.

- Pars ! rugit le norse, souviens-toi de notre plan.
- Meurs avec honneur mon ami,
souffla l’elfe.

Tal’var décocha deux nouvelles flèches sur le portepeste qui se relevait. Le barbare tenait quant à lui sa hache à deux mains, poussant sur l’arme de son adversaire qui malgré sa force, recula. La vue de sa femme et de sa fille, de ses frères, de Skeld, tous morts par les séides du Chaos. Pas de Nurgle certes, mais l’esprit vengeur du fils de Norsca ne voulut pas faire la différence. L’image d’Aurélia de Llopa apparut alors, plus lumineuse, plus belle que ses autres souvenirs. Une lame rouillée lui traversait le corps et déjà miles maladies s’emparaient de son corps, de son esprit et de son âme.
L’univers visuel de Volgan vira au rouge sang, alors qu’une à une disparaissaient les images de ses souvenirs. Le goût cuivré du sang remplaça celui de la bile, le son d’un champ de bataille brisa l’incessant babillage des portepestes et les hululements déments des nurglings. Car une fois de plus mourrait la femme de son cœur, une fois de plus il ne pouvait la sauver.

- Aurélia, murmura le barbare… AURELIA !!!

Ses muscles parurent doubler de volume, ses yeux noirs de rage. D’une violente pression, il repoussa le démon et le décapita dans le même mouvement. Un flot de sang moisi et de pus se déversa de la gorge déchiquetée par les dents de la hache, recouvrant les bras et le torse du guerrier, mais ce dernier n’en eut cure ; il sauta sur les autres démons, frappant encore et encore, scandant le nom de la sorcière, rugissement assourdissant.

* * *
Miguel courait. Un portepeste esseulé les avait intercepté Hannah et lui alors qu’ils se faufilaient dans un bras du marais mois profond. D’autres les poursuivaient, mais ici la brume soufrée était plus importante et la visibilité nulle au-delà de trois pieds. L’estalien avait laissé la femme norse ferrailler contre le cyclope putride. Un nurgling s’était interposé à son tour mais il l’avait embroché sur sa lame avant de le propulser loin au travers des arbres étranges qui composaient la forêt.
Plusieurs fois le diestro aurait voulu hurler, pour évacuer la peur et la tension qui le tenaillaient, mais ça aurait été du suicide. Le calme revenu, Miguel s’arrêta et s’autorisa quelques secondes de répit, reprenant son souffle malgré l’odeur pestilentielle. Au travers des amas de chairs intestinales, il aperçut les tours et le donjon du château. Impossible cependant d’évaluer une quelconque distance.
Seul, le diestro si fier se laissa aller et les larmes vinrent humidifier le tissu passer autour de son nez et de sa bouche. Des larmes d’épuisement. Des larmes pour sa sœur, seule. Des larmes pour Hannah qui devait – et sous son impulsion ! – combattre sans aide les démons lancés à sa poursuite, pour un combat qu’elle n’avait pas décidé, pour quelque chose qui ne la concernait pas.

- Cela concerne tout le monde, se dit-il à voix haute. Nous sommes les Elus, mais tous les habitants du Vieux Monde et au-delà sont concernés.

Un poids de plus à porter. Une poignée d’hommes et un elfe pour sauver le monde. Rien de moins. Miguel repassa les évènements de ces dernières semaines, cherchant l’élément qui avait fait chavirer leur vie.

- Volgan, murmura malgré lui le diestro.

Mais l'estalien savait pertinemment que dès sa naissance, le destin avait posé les pierres qui devaient le mener jusqu'ici.

* * *
Le démon se rembrunit. Devant lui, dans un bassin de pierre recouverte de mousse et de lichens, dans une eau saumâtre, se déroulait l’attaque de son serviteur contre la sorcière et les barbares qui la protégeaient.

- Tu tues trooooop viiiiite ! geignit-il, ce n’est pas amuuuuusant.

D’un geste rageur, il invoqua une autre image. L’elfe. Ce dernier ne lui disait rien qui vaille. Une aura étrange l’enveloppait, une lumière diffuse mais blessante à ses yeux. Le rôdeur courait vers le château, plus rapide qu’aucun de ses serviteurs.
Le démon n’avait pas peur. Les humains l’amuseraient et la sorcière pourrait lui permettre de sortir une fois le sceau ouvert. Mais l’elfe nimbé de cette lueur, lui était dangereux.

- Je vaiiiiis devoiiiiir m’occuper de toiiiii en priiiiiiorité…

Ses doigts couverts d’escarres égrenèrent une moisissure orange dans l’eau alors qu’il marmonnait une incantation.

* * *
Hannah sauta au-dessus d’un trou d’eau, esquivant une chute qui lui aurait été fatale. Son arme avait été brisée par le portepeste qui, bien que blessé, continuait à le poursuivre. Elle devait gagner du temps pour l’estalien. Elle le savait amoureux. Comme elle l’était. Fluet en comparaison des norses, son bras était fort, acéré son esprit. Et son charme ténébreux l’avait conquise.
Elle sortit de la forêt et faisait face au marais. Hannah était revenue sur ses pas. Au loin, elle aperçut les crépitements du portail. Une silhouette énorme et ailée attaquait ses frères et la sœur de Miguel. Sans arme, elle s’empressa de les rejoindre.

* * *
Aurélia toussa, du sang filtrant entre ses dents serrées. Le dernier norse hurla à pleins poumons dans les pattes du monstre avant d’être digéré vif par les sucs suintants de la bête démoniaque. Un hurlement qui resterait gravé dans l’esprit de la jeune sorcière.

- Ce n’est pas possible… nous ne pouvons pas échouer…
- Aurélia !


La sorcière risqua un coup d’œil vers l’arrière. Hannah courut vers le démon. D’une roulade, elle esquiva la queue dont la lame mordit profondément la terre souillée. Se relevant, l’épée d’un de ses défunts frères en main, la norse se jeta sur le démon, frappant frénétiquement. La bête se recula, plus surprise que blessée.

- Aurélia… murmura une voix dans sa tête, Aurélia… baissse toi !

La lame caudale trancha le bras armé d’Hannah qui hurla de douleur, un flot de sang jaillissant du moignon. La hiérophante se baissa, sentant sa concentration s’effilocher. Un éclair de lumière sortit du portail, passa juste au-dessus d’elle et percuta le démon. Les sifflements de rage se muèrent en couinements de douleur. Un éclat de lumière s’était planté dans le thorax de l’abomination qui finit par s’effondrer au sol, morte.
Hannah reposait à terre, inconsciente, au bord de la mort. Ses pouvoirs pouvaient la sauver, mais le portail menaçait de s’effondrer.

- Va mon amie, siffla de nouveau la voix dans sa tête, je m’occupe du portail…

L’éclat sur le cadavre du monstre diminua, révélant une épée longue et fine, ciselée d’arabesques venteuses. Hurlevent. Et le portail cessa d’un coup d’un seul de crépiter, uniformément rond. Une énergie bleutée l’écarta un peu et le stabilisa. Et une petite silhouette d’énergie bleue se posta en son centre. Ses yeux ophidiens se dardèrent sur la sorcière en larmes avec ce qu’elle réussit à déterminer comme un sourire.

- Ixli…


A suivre…

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Autnagrag
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MessageSujet: Re: La Prophétie de Xianglia (troisième partie)   Jeu 29 Mar 2012 - 20:19

Depuis quelques jours, j'ai commencé à lire ton roman, et j'ai ADORE, j'adore ton style, et au risque de répéter ce que disent les autres, c'est parfait. Et cette dernière partie est tout simplement superbe, peut être la meilleure de toutes (j'adore quand les héros reviennent d'entre les morts, et Nurgle est mon Dieu du Chaos préféré, donc ça ne pouvait que me plaire). Je te souhaite beaucoup de chance pour trouver une maison d'édition par ce que je crois que tu a vraiment un talent (et je lis beaucoup de livres), je trouve que tu écris mieux que certains auteurs dont je ne citerais pas les noms. Mais j'y pense t'a essayé la Bibliothèque Interdite? C'est quand même la maison d'édition de GW et donc celle qui serait la plus susceptible d'être intéressée.
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MessageSujet: Re: La Prophétie de Xianglia (troisième partie)   

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La Prophétie de Xianglia (troisième partie)
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