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 La Prophétie de Xianglia (deuxième partie)

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Haghar Tripes-de-Feu
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MessageSujet: Re: La Prophétie de Xianglia (deuxième partie)   Ven 23 Déc 2011 - 1:17

Bonsoir,


Et bien voilà (enfin?) la suite, le chapitre 6... court cependant. Bonne lecture mes amis.


Haghar.


X X X X X




Chapitre 6


Le mage d’ambre prit l’initiative, s’élançant plus bête qu’humain, griffes en avant. Von Hasberg s’écarta dans un froufrou de toge grise, sa lame saignant la gorge nue d’Arya. Laissant son otage se vider de son sang au sol dans une série de soubresauts violents, il se recula, invoquant un bouclier thaumaturgique qui para les griffes acérées de Wolfgang, frénétique. Heinrich s’accroupit auprès de son amie, tendant d’endiguer les flots bouillonnants carmin, en vain. Arya mourut vite, le poison de la lame arabienne l’empêchant d’invoquer le moindre sortilège. Des larmes jumelles vinrent mourir dans la barbe du magister alors que la lueur de vie s’éteignait dans les prunelles de la hiérophante. D’un geste rageur, il envoya un puissant éclair qui frappa de plein fouet le corps sec et roidit du mage gris… qui disparut dans une brume pourpre. Wolfgang, ignorant la bibliothèque en feu à ses côtés, hurla sa rage et sa frustration. Heinrich, lui, connaissait les illusions de son ancien ami ; Dieter n’était pas loin.

- Là, gronda Wulfric en pointant d’une griffe noire le fauteuil derrière Heinrich, attention !

L’odorat renforcé par la magie du vent des Bêtes l’avait prévenu. Heinrich, lui, dût sa survie à l’anticipation, capacité commune aux mages célestes. Il vit avec quelques secondes d’avance se matérialiser le mage gris aux airs de rapace, sa dague reflétant les flammes, la douleur alors que le fer empoisonné s’enfonçait dans ses chairs, crevant un poumon et apportant la mort au magister. Cette vision, si poignante qu’elle fut, lui permit d’esquiver l’attaque.
Dieter von Hasberg gronda. D’un coup d’œil, il se sut battu. Un geste, et une onde de force cloua au sol ses deux adversaires. Wulfric bondit sur ses pieds mais trop tard. Dans un fracas de fin de monde, le verre de l’observatoire vola en éclat alors que s’élançait dans le vide le magister parjure. Sa toge se déchira et une volée de corbeaux s’en extirpa en croassant de fureur. Wulfric hurla de plus belle, ses blessures ruisselantes de sang. La magie d’ambre s’écoula de son corps qui parut s’affiner, perdant ses muscles. Ses crocs redevinrent des dents, ses griffes des ongles. Ses yeux diminuèrent en acuité à mesure que l’or laissait sa place au brun. Et avec, la douleur se fit plus intense encore.

- Heinrich, souffla le sorcier, est-elle… ? elle…
- Morte, hélas,
répondit froidement le magister. Nous devons partir mon ami, car d’autres vont venir, et nous ne pouvons pas décemment penser abattre toute l’armée de Marienburg et celle de Norsca.
- Dieter mér…
- Dieter payera !
coupa le mage céleste. Mais nous devons soigner tes blessures et nous mettre à l’abri.

Wulfric hocha la tête, grimaçant de douleur à chaque pas. Au dehors, les incendies se démultipliaient dans les quartiers pauvres, les demeures massées les unes aux autres favorisant leur propagation. Les cors et tambours barbares signifiaient la victoire de l’envahisseur. En quelques instants, Marienburg et, par extension, le Pays Perdu, tomba aux mains griffus des Serviteurs de l’Œil.

* * *

Le troisième jour après le passage du navire impie, deux des marins rescapés du Pourfendeur de Tornades s’étaient jetés à l’eau, privés de nourriture et d’eau douce, brûlés par le soleil, frigorifiés la nuit. Nul ne s’était lors donné la peine de les rattraper, de les raisonner. Leurs compagnons enviaient leur courage. Les Elus pour la plupart n’en avaient cure, exception faîte d’Aurélia qui supplia du regard son frère d’agir. Miguel avait haussé les épaules avant de reporter son regard sur l’immensité ardoise. L’un d’eux saignait encore d’une vilaine blessure. Très vite, des ailerons gris fendirent les flots. Un cri. Un jet d’écume rosâtre. Morts les deux marins. Deux jours encore avant que ne périssent trois autres matelots, de faim, de soif, de froid ou du scorbut.
N’y tenant plus, poignard entre les dents, un homme sec et aux chicots brunis, plongea dans l’idée de prendre quelque poisson. Volgan suivit son exemple. Seul le barbare revint crever la surface. Les compagnons se restaurèrent de chair de poisson crue, plus rien de sec ne pouvant flamber assez.
Tal’var ne mangeait pas, et se réfugiait dans les prières silencieuses en scrutant l’horizon. Norsca révélait ses couleurs, ses grandes montagnes étincelantes de neige sous le soleil du nord, le vert profond de ses forêts épaisses, ses plages grises de galets. Régulièrement, il arrachait ses prunelles fatiguées de ce rivage semblant de pas vouloir se rapprocher pour tenter de voir si le navire-démon revenait sur sa route. Mais ses prières devaient avoir été entendues, les flots les faisant dériver inexorablement.
C’est à moitié morts de faim, malades de ce poisson cru et des morsures du soleil qu’ils sautèrent de l’épave échouée sur une plage de sable grossier, plus du gravier constellé de bris de coquillages. Et si proche de la plage que les premiers troncs se voyaient léchés par les langues d’eau salée, une forêt d’épineux aux senteurs fortes. Quelques buissons se paraient de l’écarlate de baies juteuses. Miguel s’en approcha quand la grosse voix enrouée par la soif de Volgan brisa le doux clapotis des vagues.

- Ne les mange pas, elles sont empoisonnées. Seules les bêtes du Chaos s’en gavent. Elles n’ont rien des fruits que tu connais.

Miguel toisa le barbare resté les pieds dans l’eau, arme au poing. De sa main gantée, il saisit une pleine poignée de baies qu’il écrasa. Un liquide rouge sombre imprégna la peau tannée et dégoûta sur le sol. Une odeur de cuivre emplit les narines de l’estalien. Du sang. Le diestro essuya son gant souillé avec une grimace de dégoût.

- Voilà la belle terre qui te vit naître barbare… doit-on s’abstenir de respirer l’air ? Est-il poison comme toutes les choses ici ?
- Respire et profite que tu le peux encore !
gronda Volgan, car plus au nord, l’air est jaune, vert ou bleu, et tu meurs au moindre mot prononcé, deviens fou ou te liquéfie telle une bougie sous le feu d’une torche.
- Sigmar protège-nous,
adjura Johan en ployant sous le poids des mémoires d’Obéron Rabemeister.
- Ce livre peut-il nous aider à nous diriger vers notre but…quel qu’il soit d’ailleurs ? demanda Aurélia de sa douce voix.
- Si je savais où nous étions, oui peut-être. Mais là, seuls Volgan et l’elfe pourront nous guider… à moins qu’Ixli n’aperçoive notre chemin.
- Hélasss non,
siffla le skink en plissant ses paupières blessées par le soleil, je ne vois rien.
- Nous devrions prendre repos,
souligna l’elfe qui enfin sortait de son mutisme. Volgan et moi allons chasser quelque chose de comestible. Faites un feu protégé du vent, que nulle fumée ne serpente dans la forêt, on saura bien assez tôt que nous sommes ici. Et il faudrait s’éloigner de l’épave, elle va attirer nos ennemis.

Aurélia et Ixli s’écartèrent alors du cadavre de bois lors que l’estalien y allait récupérer le peu de choses viables que rendait le Pourfendeur de Tornades ; cordes, planches de bois, voiles déchiquetées. Barbare et elfe s’enfoncèrent en silence entre les troncs des résineux, arc et hache au poing. Le vent marin chantait dans les cimes, couvrant le crissement des pas du colosse sur le sol du sous-bois. Tal’var ne laissait aucune trace sur les pierres moussues, silencieux comme la mort, Hurlevent au fourreau.
Johan s’était agenouillé à la lisière du bois profond, ténébreux enfer de sapins et de pins, de fougères et de buissons aux épines acérées, aux baies sanglantes et aux monstres tapis. Milles yeux dégoulinant de haine semblaient observer l’initié qui, capuche rabaissée, genoux douloureusement enfoncés dans le gravier humide, commençait ses oraisons. Dès lors les sons extérieurs disparurent, l’odeur de nature sauvage se dissipa au profit de celle des huiles et encens du temple, la lueur froide du soleil de Norsca s’effaça pour laisser place à celle plus ténue et chaude des torches et braseros. Son esprit s’éleva de ses chairs meurtries pour retourner au sein de ses souvenirs, ceux du temple de Sigmar de Marienburg. Des larmes jumelles s’échappèrent de ses yeux clos.

* * *

Trois portes de bois cerclées de métal, de longs couloirs éclairés à la torche empoissée de graisse humaine, exhalant une odeur atroce, et deux douzaine de guerriers en armure conduisirent le mage gris dans l’immense salle secrète située sous la cité libre de Marienburg. Les monstres impies couverts de métal hérissé de pointes où trônaient des crânes, des os, et autres macabres trophées, suivaient de leur regard rougeoyant l’homme aux allures de rapace.
Dieter von Hasberg poussa la dernière porte qui grinça lugubrement. Si haute que les flammes de torches et braseros ne pouvaient en éclairer le plafond et si vastes qu’on devinait à grand peine les murs, la salle sentait le sang, la sueur et l’urine, par-dessus les odeurs écœurantes d’encens, de parfums capiteux et de cadavre. Au cœur de la pièce se trouvait un cercle de braseros d’acier forgé en autant de masques démoniaques hideux. Des femmes et des hommes nus, aveugles, en tisonnaient les braises rougeoyantes. Et au centre pendait sous d’imposantes chaines une étoile à huit branches de bonze, frappée en son cœur de l’Œil. Empalé sur l’étoile, un homme également nu dégoûtait d’un sang poisseux, qui engluait le métal frappé de runes chaotiques.

- Alors ? demanda le gros homme qui toisait le supplicié, un fouet barbelé sanglant à la main.
- Le manoir, la roue de magie et l’observatoire sont à nous, répondit Dieter en s’arrêtant entre deux braseros.
- Et les traîtres ?
- Arya est morte de mes mains. Grummer est mort comme il a vécu… idiotement.
- Et Heinrich ?
- Je… il m’a échappé,
avoua à regret le mage.
- Fâcheux que tout cela… souffla le prêtre inquisiteur Wagner en se retournant, très fâcheux.
- Il reste le plus puissant d’entre-nous, et il n’est pas seul…
- Suffit les excuses creuses,
hurla l’obèse en postillonnant, ses yeux cernés de rouge étincelants de haine, regardez cet abruti de Shoeller qui se targuait de me dicter ma conduite. Le voilà fort mal à l’aise désormais.

Shoeller voulut parler mais seul un bouillon rouge de sang s’échappa de sa bouche à laquelle on avait arraché les lèvres. L’amulette d’or et d’argent forgée en une comète à deux queues avait été fondue sur sa virilité, réduisant le tout en un tas de chair calcinée. Chaque doigt ou orteil avait été brisé, tordu, arraché. De profondes entailles dessinaient des runes interdites tandis que son dos, fouetté pendant des heures par l’énorme prêtre renégat ne laissait voir qu’une charpie ensanglantée où saillaient quelques os. Brisé physiquement, l’esprit du prêtre-guerrier qui une lune plus tôt avait arraché aux griffes du prêtre le jeune initié Johan menaçait de rompre.
Visiblement courroucé, Wagner étreignait le manche de son fouet avec la passion d’un amant. Il se voyait arracher la peau du mage gris, mais redoutait également sa puissance. Leur maître les avait doté tout deux, comme d’autres, de pouvoirs et si en qualité de clerc, il lui était supérieur hiérarchiquement, il n’était certain de l’emporter en cas de conflit.

- Heinrich peut attendre, souffla le prêtre. D’autres affaires urgentes réclament vos attentions.
- Il sera une épine douloureuse cependant,
remarqua Dieter sans cesser de toiser le cadavre en puissance qu’était devenu Shoeller.
- Un autre que vous va s’en charger… Dhuul, appela avec un sourire sadique l’obèse.

Une silhouette apparut alors derrière un brasero, celle d’un guerrier couvert d’une armure grise, semblant constitué d’ombres mouvantes, douées de vie. Dieter tenta de masquer en vain son étonnement. Il ne l’avait pas vu. Lui qui maniait les ombres et les ténèbres, l’illusion et la double-vue. Et pourtant le dénommé Dhuul s’était semble-t-il tenu à quelques pieds de lui sans qu’il ne le détecte. Malgré lui, un frisson de terreur refroidit son échine glacée.


A suivre…


Dernière édition par Haghar Tripes-de-Feu le Ven 23 Déc 2011 - 9:08, édité 1 fois
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xarkhan
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MessageSujet: Re: La Prophétie de Xianglia (deuxième partie)   Ven 23 Déc 2011 - 5:31

Toujours nickel. Je suis juste tombé sur quelques fautes de frappes.

Merci d'avoir poursuivi ton récit.
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Haghar Tripes-de-Feu
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MessageSujet: Re: La Prophétie de Xianglia (deuxième partie)   Ven 23 Déc 2011 - 9:11

Bonjour,


Merci beaucoup !

xarkhan a écrit:
Je suis juste tombé sur quelques fautes de frappes.

Embarassed Embarassed Embarassed je viens d'éditer en espérant les avoir toutes corrigé, merci ^^.


Haghar.
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MessageSujet: Re: La Prophétie de Xianglia (deuxième partie)   Ven 23 Déc 2011 - 11:03

Shocked
Mais...mais...mais c'est excellent !

On espère avoir la fin de la partie 2 sous l'sapin. Et après la partie 3,4,5,6,7,...

Jusqu'à la 37. Et après ça tu nous pond une nouvelle aventure !
drunken drunken drunken


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Eminar
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MessageSujet: Re: La Prophétie de Xianglia (deuxième partie)   Ven 23 Déc 2011 - 11:17

Enfin la suite !

C'est encore tout bon !

Je me demande juste comment ça va se terminer entre Miguel et Volgan...
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Haghar Tripes-de-Feu
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MessageSujet: Re: La Prophétie de Xianglia (deuxième partie)   Ven 23 Déc 2011 - 22:16

Bonsoir les Gueulards,


Chapitre 7, bonne lecture et joyeux noel !


Haghar.


X X X X X



Chapitre 7


L’elfe trotta d’un tronc à un autre, couvert de mousse sur l’une de ses faces et abritant une colonie de champignons bleu-violet légèrement luminescents. Volgan avançait à pas feutrés derrière lui, hache dentelée au poing. Le barbare semblait plus serein depuis leur arrivée sur la plage de Norsca. Un ruisseau d’eau claire serpentant depuis les neiges de la montagne au loin étancha leur soif et depuis quelques heures, la traque d’un daim les avait amenés loin dans le sous-bois. Le gibier les avait perdus.
Tal’var lissa l’empennage d’une de ses flèches et l’encocha sur la corde de son arc. Un lièvre avait fait irruption sur une pierre moussue. Le rôdeur figea le barbare d’un regard puis reporta son attention sur sa proie. Gros comme un chat, il ne resterait pas immobile bien longtemps. Le projectile emporta sa vie en un battement de cils. L’attrapant par les oreilles afin d’en arracher la flèche, Tal’var lâcha sa prise ; des cornes pareilles aux andouillers d’un cerf pointaient derrières les longues oreilles.

- C’est commun ici, remarqua le barbare en récupérant le petit cadavre. Ne t’alarme pas de ces cornes, car tu n’y trouveras aucune créature pareille à celles du continent.
- Nous devrions au moins les lui arracher, car nos compagnons vont faire grise mine. Miguel surtout…
- Peu m’importe ce que pense l’estalien, nous ne sommes pas dans sa cité dorée au service de la noblesse,
gronda Volgan en arrachant malgré tout les cornes du lièvre.
- Vous devriez mettre au point les choses. Une telle haine nous sera fatale lors d’un combat…

Le barbare haussa les épaules, laissant tomber les cornes ensanglantées. Les paroles, l’attitude, la mine supérieure du diestro réveillaient sa rage et sa fureur. Et souvent il s’imaginait lui enserrer la gorge de ses grandes mains le si beau visage virant au cramoisi alors que l’air s’en échappait tout comme son attitude hautaine. Il allait répondre à son compagnon quand l’elfe se roidit, tournant ses regards vers la montagne.
Tal’var écoutait la mélodie inconnue de cette forêt, tentait en vain d’apercevoir l’origine de ce son étrange. Pas un cor, pas un tambour, mais une série de percussions rapides et sourdes. La course d’un animal. Puissant et imposant. Un buisson vola en éclat, ses racines foulées par des sabots fendus porteurs de griffes recourbées. Le corps couvert d’une fourrure auburn, le monstre s’arrêta en humant l’air. Son corps de cheval laissait à l’encolure la place à un buste d’homme poilu, musculeux et percé de bijoux d’or, de bronze, d’argent et d’os. Sa tête bestiale au nez épaté et aux yeux écarlates dodelinait en cherchant une proie. L’elfe se plaqua contre un tronc, arc en main lors que Volgan s’agenouillait derrière un roc acéré. La créature éructa bruyamment, portant l’outre de peau à sa bouche, un vin malodorant s’échappant de ses lèvres parcheminées. Ivre, le centigors darda son regard dans la direction des compagnons. Sa lance de huit longs pieds de long se terminait par une tête de harpon en acier noir où du sang avait séché. Deux odeurs l’interpellaient, mais celle du sang versé réveillait plus encore ses sens embrumé d’alcool. Ne sachant quoi faire, l’homme-bête gratta furieusement le sol.
Volgan accrocha le regard de l’elfe, montrant sa hache et pointant du menton la direction du centigors. L’elfe hocha la tête et banda quelque peu son arc, flèche vers le sol, dos à l’arbre. Le barbare serra et desserra ses poings autour du manche de l’arme de gladiateur. Les centigors, bien que panses à bière et barriques de vin sur pattes, représentaient de fameux adversaires. Lui était seul, mais d’autres devaient cuver leur vinasse plus loin. Le monstre allait certainement appeler ses semblables. Ils devaient agir et rapidement. Le norse se leva en hurlant son défi. La créature répondit par un hennissement rauque qui se termina par un rot tonitruant. Porté par quatre jambes puissantes, le centigors chargea au travers d’un buisson de ronce qui l’écorcha sans le ralentir, abaissa sa lance pour embrocher l’humain tatoué qui avait l’outrecuidance de se placer devant lui. Un sifflement précéda le bruit mat de la flèche qui allait perforer le dos noueux du monstre.
Ce dernier dévia sa course au dernier instant, et la lance passa à deux pouces du visage du barbare qui asséna sa hache sur le torse non protégé. Les dents de métal s’enfoncèrent dans les muscles et la chair, brisèrent les os et fit gicler un sang noir et épais. Mais le centigors résista. Se cabrant, il arracha des mains de Volgan la hache toujours fichée dans son torse. Un coup de sabot puissant l’envoya au sol alors que la créature se retournait vers l’elfe qui décochait une nouvelle flèche. Faisant preuve d’un brin d’intelligence, il envoya sa lance vers son adversaire, le manquant de peu. Tal’var leva une nouvelle fois son arc quand le centigors porta à sa bouche ensanglanté un cor d’ivoire cerclé d’or. La plainte terrible mourut dans un gargouillis lors que la troisième flèche perçait la gorge du monstre. Volgan arracha sa hache et trancha la tête du centigors ; mais déjà la réponse résonnait dans le bois.

* * *

- Tall’tavard !

Aurélia frappa dans ses mains et une gerbe d’étincelles vint embraser le tas de bois sec rapporté par son frère. Les flammes d’abord timides dansèrent sur le bois en crépitant et très vite s’éleva un foyer rougeoyant. Ixli savoura la chaleur, lorgnant avec tristesse les plumes échevelées de son talisman. Deux d’entre-elles avaient noirci et un troisième se ternissait doucement glissant du rouge orangé vers le gris cendreux.
Miguel revint alors avec des outres d’eau douce et chacun pu étancher sa soif. Johan but quelques gorgées avant de reprendre sa lecture. Le grimoire semblait posséder un nombre de feuillets infini, tant et si bien que l’initié pensait ne jamais arriver à le lire entièrement. De nombreux passages étaient rédigés dans la langue classique, si bien que le skink ne pouvait l’aider à traduire les écrits de Rabemeister. Placé à l’abri du vent, le camp avait été levé plus loin sur la plage, après un coude que formait cette dernière si bien que les arbres dissimulaient l’épave du Pourfendeur de Tornades. Aussi Miguel repartit observer l’horizon assombrit par le crépuscule naissant. En un sens il espérait voir réapparaitre le navire-démon. Survivre, se cacher et suivre des étrangers le courrouçaient au plus haut point et le manque de combat lui échauffait les sens. Combattre le barbare l’aurait enchanté, taisant sa langue impie, éteignant la flamme qui brûlait dans ses yeux sauvages lors qu’ils se posaient sur sa sœur.
Depuis toujours, les hommes de haute et basse naissance lorgnaient, suivaient, flagornaient sa sœur. Chaque jour la villa de Llopa se voyait envahie de fleurs odorantes, de robes soyeuses brodées de perles et de gemmes, de bijoux uniques, fruits de plus grands orfèvres estaliens, chevaux de race arabienne, peintures tiléennes et autres merveilles. Et chaque jour, leur père repoussait les prétendants, nul ne trouvant grâce aux yeux de la jeune femme. Miguel quant à lui se faisait un devoir de percer les poitrines de ceux qui salissait l’honneur de sa sœur adorée, autant de soupirants éconduits qui colportaient rumeurs et mensonges, se targuaient de lui avoir prit son innocence. Et ces duels, chacun il les remporta dans une sanglante victoire. A mort, toujours. Miséricorde n’était dans la bouche de Miguel qu’une insulte. Miguel l’Ecarlate qu’on le nommait là-bas. Et c’est un duel de trop qui avait menacé de lui coûter la vie. Les études d’Aurélia en terres impériales lui avaient permis de quitter la tête haute son pays natal ; pays qu’il ne reverrait jamais.

* * *

La tête du gobelin roula au sol dans un bruit mouillé. Braka arma son bras et faucha la vie d’un nouveau peau-verte de sa lame souillée du sang huileux des monstres. Une flèche noire et tordue cingla sur son armure. La colonne naine traversait un col rocailleux lorsque les peaux-vertes s’étaient déversées de chaque monticule de pierre, chaque roc acéré et trou dans le sol. La terre et la montagne vomissaient des gobelins hurlant et gesticulant, armés de sabres rouillés, de piques et de gourdins cloutés. D’autres, plus chanceux, se tenaient en hauteur et libéraient des volées de flèches disparates, tuant plus de leur congénères que ne blessant des nains. Des nains il en mourrait pourtant et pour chacun de ses frères emportés dans la mort par les maudites créatures, la fureur de Braka Forgepierre redoublait d’ardeur.
Brisant l’échine d’un gobelin de son bouclier, il risqua un œil derrière lui. La colonne se battait dos à dos, chaque nain protégeant son voisin. Les haches et les marteaux recouvraient le sol de cadavres de gobelins, les arquebuses déclenchaient une tempête digne d’un orage, les plombs abattant les archers sur les corniches les plus hautes. Fallgrim et ses rangers chargeaient ceux situés plus bas.
Le thane leva ses prunelles haineuses vers l’entrée d’une grotte où se découpait une silhouette plus grande, épaisse. Un orc, vêtu d’un long manteau de cuir bouilli sur une cotte de mailles. Un capuchon de cuir ne dissimulait qu’à moitié ses traits bestiaux, sa peau vert marécageuse, presque noire, attestait de son âge et de sa puissance. Un fouet reposait dans son poing fermé. Il fit claquer son arme devant lui et d’autres ombres plus grandes encore apparurent. Statues biscornues et tout en muscles, des bras trop grands tenant des armes gigantesques, autant de troncs perforés de rocs acérés.

- Des trolls… souffla le nain, une dizaine de trolls. Fallgrim ! hurla-t-il en décapitant un gobelin, des trolls !

Le nain borgne repoussa deux gobelins qui allèrent s’écraser une dizaine de pieds plus bas. Son œil valide suivit le regard de son seigneur, et il s’écarquilla à la vue des monstres beuglant qui dévalaient la pente rocailleuse, à grandes enjambées. Quatre nains se portèrent à leur rencontre, boucliers levés. Le premier troll se jeta de tout son poids sur les guerriers, tuant deux d’entre eux sous le choc. Les haches s’abattirent, mordant profondément dans la chair écailleuse couleur de roche. L’arme géante éventra un guerrier de plus.
Les arquebuses parlèrent et un nuage de plombs perfora la peau épaisse des monstres, jetant à terre trois d’entre eux. La colonne se reforma et porta ses attentions d’acier tranchant vers les nouveaux arrivés. Un chant triste, rappelant le nom d’antiques héros morts au combat pour la défense des citadelles naines, emplit la gorge. Comme un seul homme, les nains abattirent leurs armes, tailladant, tranchant et écrasant les membres et faces des trolls. Ces derniers, trop stupides pour avoir peur, continuèrent le combat, cinglés par le fouet de l’orc.
Fallgrim rejoignit Braka, ordonnant un tir de haches de lancer sur un troll dévorant un guerrier encore en vie. La colonne flancha alors lorsque cinq monstres vomirent leurs tripes acides. Le liquide nauséabond s’infiltra sous la plaque d’acier, la cotte de mailles, le cuir et le tissu matelassé pour dévorer la chair et l’os. Une mort atroce, douloureuse et inexorable.

- Il faut abattre l’orc, gronda le thane, les trolls resteront… dévorer les morts et nous pourrons nous replier, cracha-t-il en maudissant chacun de ses mots.
- Je m’en charge, répondit le vétéran, achève les trolls !

Braka hocha la tête, bien qu’il eu préféré mener l’attaque contre le chef de l’embuscade qui avait déjà coûté nombre de vie. Mais seul le feu pouvait emporter dans la mort les diaboliques créatures de pierre et de chair. Grommelant son assentiment, il se dirigea vers un troll jeté au sol saignant de trop nombreuses plaies pour vivre encore. Et pourtant, la chair bleutée se refermait déjà et ses yeux papillonnèrent alors qu’il menaçait de se relever. Hurlant une imprécation khazalide, Braka leva sa hache qui s’embrasa sous la lueur d’une rune puissante. L’arme runique s’abattit sur l’échine du monstre qui se rompit sous le choc ; ses chairs s’embrasèrent. Cherchant un autre troll, Braka vit Fallgrim charger l’orc esseulé escorté de trois rangers.
L’orc dévoila des crocs jaunis et ébréchés et hurla sa rage contre toutes les créatures vivantes. Un bruit sourd retentit et deux harpons de la taille d’un homme jaillirent des balistes dissimulées dans les ombres de la grotte et empalèrent deux rangers. Le fouet de l’orc s’enroula autour du cou du troisième et la force herculéenne du peau-verte l’envoya au sol. Fallgrim leva son arme quand un poignard jaillit dans l’autre main du dresseur orc. La lame rouillée griffa l’armure de cuir du nain borgne.
Mais Braka n’eut pas le loisir de voir le duel entre son vieil ami et l’orc au fouet, la silhouette géante d’un troll se levant devant lui.


A suivre…


Dernière édition par Haghar Tripes-de-Feu le Dim 1 Jan 2012 - 16:54, édité 1 fois
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xarkhan
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MessageSujet: Re: La Prophétie de Xianglia (deuxième partie)   Ven 23 Déc 2011 - 23:51

Merci et bon Noël Wink
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MessageSujet: Re: La Prophétie de Xianglia (deuxième partie)   Sam 31 Déc 2011 - 10:02

Bonjour,


Merci xarkhan et bonnes fêtes !

La suite cette semaine si tout va bien, la rédaction d'un nouveau roman et les envois pour éditer le premier me prennent pas mal de temps, la peinture et la vie ^^

Bonne soirée de fêtes et rendez-vous en 2012 pour le chapitre 8 !


Haghar.
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xarkhan
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MessageSujet: Re: La Prophétie de Xianglia (deuxième partie)   Sam 31 Déc 2011 - 10:09

Bonnes fêtes à tous et bon réveillon.

Bon courage pour tes romans et surtout dans ton parcours pour l'édition (je croise les doigts Wink ) .
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MessageSujet: Re: La Prophétie de Xianglia (deuxième partie)   Sam 31 Déc 2011 - 12:57

Super chapitre, comme d'hab' quoi !
Continue comme ça, c'est un réel plaisir de te lire à chaque fois !

Emïnar, qui espère pouvoir acheter un de tes livres dans un futur proche !

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Haghar Tripes-de-Feu
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MessageSujet: Re: La Prophétie de Xianglia (deuxième partie)   Dim 1 Jan 2012 - 19:24

Bonsoir,


Merci beaucoup, j'espère un jour voir mes ouvrages en boutiques... En attendant, voici le chapitre 8.

Bonne lecture les amis.


X X X X X



Chapitre 8


Aurélia de Llopa compulsait son grimoire, la capuche rabaissée sur son doux visage tant pour la protéger des rayons du soleil couchant que pour dissimuler ses larmes. Les paroles des sortilèges refusaient de prendre place dans son esprit, les écritures bordées d’or et d’argent, tracées par d’anciens magisters, se mêlaient entre-elles, devenaient incompréhensibles. Le visage en feu, sa vision se brouilla, et elle sentit frémir son troisième œil, prêt à s’ouvrir sans qu’elle ne puisse l’en empêcher. Déjà les rires des démons blessaient ses oreilles autant que son âme, et sans les apercevoir, elle pressentit leurs regards embrasés.
Quelque chose de froid apaisa la douleur, repoussa la souffrance et ferma délicatement l’œil capable de voir l’Aethyr. Etincelants de larmes, les yeux d’Aurélia s’ouvrirent sur Ixli, dont l’une des mains tenait avec force le poignet de la sorcière, l’autre refermant l’ouvrage thaumaturgique.

- Prends garde, amie, souffla le skink en dardant ses prunelles ophidiennes sur l’humaine, iccci le sssouffle des Vents de Magie est une tempête capable de t’engloutir. Je penssse que tu as sssuffisssamment étudié pour cccette journée. Tu es encore faible. Mange, bois et dors.

L’estalienne sourit faiblement au petit homme-lézard en hochant la tête. D’un revers, elle chassa les dernières larmes et saisit délicatement un petit poisson pêché par le prêtre. Froid, il n’en demeurait pas moins délicieux après les jours de dérives sur la Mer des Griffes. Ixli esquissa un sourire carnassier avant de retourner auprès des flammes. Son talisman avait cessé de dépérir, mais il douta réussir à le conserver assez longtemps pour le chemin du retour. La perspective de mourir du froid de Norsca n’effrayait pas le skink ; mourir, il le savait, faisait partie de son destin, du plan des Anciens. Pourtant, il ne pensait pas avoir remplit son rôle.
Certes les Elus de la tablette, de la prophétie, se trouvaient ensemble et oui, faisaient face à une puissance certaine en la personne de cet Œil et de ses bêtes. Mais divisés. Miguel et Volgan se seraient déjà étripés si d’autres dangers ne les avaient distraits, l’elfe dédiait chacune de ses morts à une sombre divinité et suivait les élans d’une lame magique, dut-elle lui ordonner d’exécuter chacun des compagnons, il le ferait sans sourcilier. Le jeune initié en proie aux doutes, sa foi mise à mal par les écrits de l’énigmatique Obéron, risquait d’hésiter au moment crucial. Aurélia semblait parfois trop faible pour les pouvoirs qu’elle détenait.
Le skink secoua la tête comme pour en chasser ces pensées. Des trolls et des hommes-bêtes, la Mer des Griffes et l’immonde créature ayant détruit la Pourfendeur de Tornades, autant de dangers mortels qu’ensemble ils avaient bravés. Non, il n’avait pas échoué. Le chemin se trouvait plus tortueux que ce qu’il avait imaginé, et cela paraissait au final normal puisque ses compagnons étaient de jeunes races.

- Aux armes !

La voix de Miguel. Ixli sauta sur un rocher et grimpa sur la branche d’un arbre mort. L’éclat du soleil mourant, boule de feu écarlate s’enfonçant dans l’océan, l’empêcha d’abord de discerner autre chose que des ombres mouvantes. Très vite il entendit le bruit d’une cavalcade sur le sable rocailleux. Johan adressa une prière à Sigmar et leva son marteau en se lançant à l’encontre de l’ennemi, enjoignant ses compagnons au courage. Les ombres se dessillèrent et apparurent au regard du skink douze cavaliers légers, des barbares tatoués et couverts de peintures de guerre, brandissant javelots et haches, masses et arcs courts de chasse. En pantalon de peau, torses nus, leurs têtes se voyaient protégées par des heaumes à cornes arborant un œil vaguement martelé sur des pièces d’acier.
Les cordes vibrèrent et quelques flèches vinrent s’écraser sur le sol devant lui. Déjà l’estalien se portait au combat. Miguel dérapa sciemment, évitant le cheval lancé au galop et la hache du cavalier. La fine rapière, bijou d’un forgeron estalien, frappa et le premier sang fut versé. Dans le même temps, deux cavaliers vidèrent les étriers face au jeune humain. Le marteau lourd brisa le crâne du premier lors que la masse du second s’écrasait sur sa hanche. La douleur étourdie un instant le sigmarite, mais sa ferveur fut plus forte. Plus petit et moins costaud que son adversaire, il le mit cependant à terre d’un revers, et le poids de l’arme fit le reste en enfonçant la cage thoracique. Une détonation fit hennir de terreur les destriers, le pistolet encore fumant de Miguel ayant abattu un nouveau cavalier.
Un cavalier blond au crâne rasé et tatoué de l’œil flambant, chargea vers Ixli. Le skink esquiva l’animal qui sauta pour éviter le tronc mort. Un éclair blanc aveuglant jaillit de sa main tendue et dans un cri d’agonie, le maraudeur d’effondra. Les autres cavaliers tournaient autour des humains, javelots et flèches menaçant leurs vies. Aurélia se dressa aux côtés se l’homme-lézard. Ses mains dessinèrent une arabesque complexe aux allures de têtes de loup. Un hurlement s’en échappa. Les chevaux se cabrèrent d’horreur, désarçonnèrent leurs cavaliers ou les piétinèrent, tous s’enfuirent fous de peur. Les maraudeurs survivants se relevèrent en désignant de gestes haineux la sorcière.
Un géant de sept pieds de haut toisa Miguel, levant un bouclier rond en bois peint. L’estalien leva son épée devant son visage en un salut qui faillit lui coûter la vie alors que le barbare lançait son javelot. Les réflexes du diestro lui firent esquiver l’arme qui alla se perdre dans les vagues de la marée montante. Le fer de l’épée large rencontra l’acier forgé de la rapière dans un grand fracas. Les deux hommes ferraillèrent alors que Johan faisait fuir un jeune maraudeur, terrifié par les flammes pures embrasant les yeux de l’initié.

- Ixli ! cria Aurélia.

Le skink se baissa à temps, si bien que la masse ne fit que le frôler. Sous la force de l’impact, il alla rouler néanmoins dans le sable. Le norse se pencha sur lui mais c’est la dague empoisonnée qui dessina une longue estafilade sur son torse. Les toxines issues d’une grenouille de Lustrie embrasèrent les sangs du cavalier qui s’effondra, de la mousse s’échappant de ses lèvres figées. Ixli siffla et se tourna vers l’estalienne pour la remercier. Un sang sombre, pareil au vin de sa contrée natale, s’étalait sous la forme inanimée de la sorcière. Un javelot brisé dépassait de son échine et déjà son assassin entreprenait de remonter ses robes pour la ravager.

- Non… siffla le skink, NON !!

La lame vola et toucha le maraudeur mais de son manche. Les vents de magie s’échappèrent de son esprit alors qu’un surplus de puissance qui réduisit à néant la végétation sur plusieurs pieds autour du prêtre. Un cor retentit, annonçant plus encore de cavaliers ennemis.

* * *

Les deux sorciers marquèrent une pause. Heinrich posa une main tremblante sur le mur poisseux des égouts de Marienburg. Le souffle lui manquait et chacun de ses vieux muscles brûlaient sous l’effort. Wulfric cracha un jet de bave rose de caillots de sang. Le dernier affrontement, face aux traîtres du guet dans les rues de Marienburg, les avait vidés de leur puissance magique et le sorcier d’ambre avait été blessé gravement par un revers d’épée. Depuis plusieurs heures, ils pataugeaient dans l’eau saumâtre et les déjections, repoussaient du bout de la botte de gros rats aux yeux rouges, fuyant un danger invisible les poursuivant. Heinrich avait eu une vision à l’entrée des égouts, celle d’une ombre les traquant dans la cité.
D’une grille étroite située au-dessus d’eux, les impériaux apercevaient les étoiles piqueter le ciel noir dans lequel s’élevaient encore des fumées de bûchers et d’incendies. L’odeur de chair carbonisée emplissait l’air et les effluves nauséabonds des égouts ne suffisaient pas à les dissimuler. Une lueur diffuse éclairait ainsi leurs visages émaciés de fatigue.

- Sais-tu où nous sommes ? murmura Wulfric en se torchant la bouche, ensanglantant sa manche.
- Nous ne sommes pas loin du port je pense, sous les docks ouest. Il nous faudra prendre un navire.
- Tu veux toujours rejoindre ces… Elus ?
murmura le sorcier d’ambre, traverser la Mer des Griffes et les retrouver en Norsca. Nous ne sommes ni des marins, ni des aventuriers.
- Marienburg est perdue pour le moment. L’Empire tiendra, mais finira par sombrer. Notre aide leur sera précieu…


Le froid de la nuit se fit glacial, la luminosité sombra dans les ténèbres et les sons furent étouffés. Une ombre se dressa devant les deux magisters, celle d’un guerrier grand et large, en armure. Dhuul s’avança sans un bruit, deux gouffres incandescents lui tenant lieux d’œil. Sa silhouette sembla enfler à mesure que les ombres coulaient vers lui, dessinant la garde d’une épée gigantesque.

- Liarmanel Orha Yssli’vgrir !

Heinrich frappa dans ses mains. Un mur d’énergie crépitant se dressa entre eux et l’apparition. Dhuul frôla cette barrière qui cracha un éclair. La créature se sembla pas souffrir, mais ne réussit à passer. Wulfric gronda, ses yeux se teintant des bruns et ors de ceux des loups.

- Continue mon ami, souffla le métamorphe, je le retiens.
- Tu… tu ne seras pas assez fort et…
- Et si tu meurs aussi, nous ne pourrons combattre. La mort d’Arya et la mienne ne doivent pas être gâchée. Pars !
- Imbéciles mortels,
cracha le guerrier d’ombres mouvantes, nul ne peut m’échapper. Tu vas mourir vieil homme, une fois ton chien de garde écartelé.

Le sorcier céleste partit à regret, conscient de l’inutilité de sa perte. Derrière lui, résonnèrent les hurlements de Wulfric et du combat engagé contre le monstre envoyé sur leurs traces, le mur de force s’étant effondré sous la pression spirituelle du monstre. Le vieil homme maudit Dieter, et se maudit lui-même d’avoir ignorer tant de pouvoirs chez son ancien ami. Un dernier hurlement signa la fin du sorcier d’ambre.

* * *

Le troll asséna son poing fermé sur le nain, qui tint bon malgré la force herculéenne de son stupide adversaire. L’armure de gromril encaissa le coup, si bien que la riposte ne tarda guère. Le fer enflammé de la hache de Braka ouvrit une large plaie dans son abdomen, et un revers trancha trois orteils énormes, qui s’enflammèrent. Le thane frappa à nouveau et sous la douleur, le troll s’énerva plus encore.
L’avalanche de coups éclipsa la lumière tout autour de lui. Un choc plus fort que les autres le percuta à la nuque. Un éclair blanc passa dans les yeux du nain, qui se vit tomber en arrière. Ses attaques sonnèrent la mort du troll qui s’effondra, sa chair flasque s’agitant, en proie aux flammes. Il vit sa hache tomber sur la roche grise, la rune de flammes se dissipant dans un nuage de cendres incandescentes. Tout autour de lui mourraient ses frères. Un appel retentit mais déjà il ne discernait plus les sons, à peine un brouhaha. Les ténèbres l’engloutirent.

* * *

Tal’var observa les trois centigors débouler d’un amas épineux de broussailles, ravageant la terre moussue. Hurlevent vrombit de colère à la présence des créatures du Chaos, mais l’elfe retint son élan guerrier qui l’aurait fait se jeter de sa branche pour étriper les monstres quadrupèdes. Murmurant une prière de rédemption à Khaine, les prunelles sans pupille de l’archer suivirent autant que possible la charge des monstres.
Volgan et Tal’var s’étaient séparés, le premier retournant au camp tandis que l’elfe devait effectuer une diversion. Les cinq centigors avaient bien failli le rattraper à plusieurs reprises dans cette étrange forêt qu’il ne connaissait pas. L’un d’eux avait goûté la morsure d’Hurlevent. Le dernier lui, avait bel et bien disparu.
Le rôdeur attendit un instant avant de s’adosser au tronc, reprenant son souffle. La course dans le sous-bois l’avait éreintée. Les monstres, sa piste perdue, ne devraient pas tenter de le retrouver en revenant sur leurs pas, ivres qu’ils étaient.

- Bien, murmura l’elfe, il est temps de retrouver les autres.

Un cor retentit du côté de la plage, écho au fracas d’armes d’acier.


A suivre…
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xarkhan
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MessageSujet: Re: La Prophétie de Xianglia (deuxième partie)   Lun 2 Jan 2012 - 4:25

Superbe, que de rebondissements.
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MessageSujet: Re: La Prophétie de Xianglia (deuxième partie)   Lun 2 Jan 2012 - 11:49

Rien à dire, c'est encore très plaisant à lire ! Wink
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MessageSujet: Re: La Prophétie de Xianglia (deuxième partie)   Mer 4 Jan 2012 - 22:27

Bonsoir,


Merci beaucoup pour vos encouragements, ça aide à continuer Smile

Voici le chapitre 9. Bonne lecture les amis.


Haghar.


X X X X X



Chapitre 9


Miguel arrêta la course d’un gourdin de bois clouté d’une parade haute, égorgea dans le même geste son assaillant. D’un revers, il frappa la croupe d’un cheval qui fit vider les étriers à son cavalier. Un danseur distribuant la mort de ses bras d’acier, rapière et main gauche, toutes deux en acier forgé plusieurs dizaines de fois dans les meilleures forges d’Estalie. Les ciselures venteuses des lames se teintaient d’écarlate à mesure que le sang quittait les veines des maraudeurs. Le sable rocailleux devint dès lors glissant, mais le diestro possédait un équilibre sans faille. Il en fit un avantage. La lame fine s’enfonça de trois bons pouces dans le torse tatoué d’un jeune norse d’à peine treize hivers, maniant une masse qu’aurait eu du mal à lever la plupart des impériaux. L’épée d’un second norse fut déviée par la main gauche dans une gerbe d’étincelles et d’échardes de rouille. La rapière perça le biceps et d’une secousse, l’estalien arracha un morceau de chair et dans le même mouvement la gorge. Le maraudeur hurla et s’étrangla dans son sang.
D’autres barbares à cheval arrivèrent en renforts, leurs montures projetant des gerbes d’eau et d’écume. Des javelots firent hurlés l’air, s’écrasant dans le sol à deux pouces du danseur. Miguel esquiva un projectile aux airs de harpon, une flèche se ficha dans sa cotte de cuir. Le choc le déstabilisa cependant et il glissa sur une grande pierre plate couverte de sang et d’entrailles norses. Un cavalier abaissa une lance courte pour l’empaler quand une ombre se porta devant lui, obscurcissant sa ligne de vue ; Johan leva devant lui son marteau en hurlant le nom de son dieu. Le destrier hennit de terreur, se cabra en envoyant le maraudeur au sol. Le marteau lourd s’écrasa sur l’épaule dénudée, dans un craquement mouillé. Une bouillie infâme de rouge et de rose pailletées d’esquilles osseuses la remplaça.
Les hurlements des barbares, les hennissements des chevaux, l’odeur entêtante du sang et celle plus prenante des entrailles fumantes, le fracas du métal contre le métal, les incantations des sorciers, le ressac de la Mer des Griffes, le souffle de la bataille. Miguel s’enivra de cette puissance et tout en se relevant, abattit un ennemi de plus. Mais une voix, sifflante, qu’il aurait jugée impie encore un mois avant, sembla couvrir le brouhaha de la plage. Plus forte que l’odeur du sang. Plus intense que l’adrénaline gonflant son corps et son esprit de courage et de force. Plus blessante que cette dague râpant contre sa hanche. Celle d’Ixli.

- Non… NON !!

Un coup de garde dans le visage, Miguel se débarrassa de l’homme à la dague. Ignorant la douleur, il tourna son regard vers le camp. Il aperçu la forme vive de l’homme-lézard se jeter sur un norse. Nulle trace d’Aurélia. Un frisson inconnu lui foudroya l’échine. La peur. Celle de la perte d’Aurélia, de sa sœur, de sa dernière raison de vivre.
Le diestro fourragea de droite et de gauche, frappant, taillant les chairs, perforant les corps des sauvages, aveugle de rage, fou de douleur. En un instant, il rallia le camp des compagnons, ignorant l’appel de Johan et la venue nouvelle de cavaliers. Un cor retentit mais seuls les cris de douleur imaginaires poussés par sa sœur emplirent ses oreilles. Seule la vue de son cadavre et de son sang étincelait dans ses prunelles rageuses. D’un bond il se jucha sur un rocher, parant une lame et perforant un poumon. Aurélia gisait sur le sable, sa toge blanche se teintant de carmin à mesure que le tissu épais se gorgeait de son sang. Ses yeux grands ouverts comme morts fixaient le ciel de Norsca. Le grimoire reposait à ses côtés, le vent faisant voleter les pages jaunies de parchemins. Ses jambes partiellement dénudées saignaient quelque peu. Le maraudeur saignait lui aussi, mais abondamment. Le skink lacérait de ses griffes le torse et sa gueule hérissée de petites dents pointues fourrageaient dans la gorge déchiquetée. Miguel se sentit lésé, dépouillé de sa vengeance. L’œil guerrier aperçut un mouvement. Johan tenait en respect les barbares survivants de son marteau, hurlant le nom de Sigmar, la voix sifflante. Son crâne saignait, empoissant ses cheveux. Mais sa ferveur vengeresse le maintenait debout. Cette même force qui signa l’arrêt de mort d’un norse de plus.
Les cavaliers prirent position, bandant arcs et bras armés de javelots. Miguel aperçut la poitrine d’Aurélia se soulever. Un filet de sang et de bulles rosâtres s’échappa de ses fines lèvres entrouvertes. Ixli leva sa tête reptilienne couverte de sang et dans ses yeux brillèrent les éclats de magie.

- Je m’en occupe… gronda-t-il, combat Elu, tue nos ennemis !

L’estalien hocha la tête et se tourna vers les norses, rejoignant Johan. Le jeune homme lui glissa un sourire. Celui du guerrier qui sait sa mort proche, mais qui a décidé de la vendre au prix le plus cher. Miguel fut surpris de cet adolescent, de cet initié si jeune et à l’aspect si frêle et timide. Surpris de sa force, de son élan guerrier et de ses talents. Il se prit à l’apprécier, à le considérer comme un frère d’armes. Il lui rendit son sourire, carnassier.

- Prélevons encore quelques vies mon ami, siffla le diestro, à défaut de notre barbare de compagnon, j’aurai la satisfaction d’emporter ces crétins dans la mort.
- Par la grâce de Sigmar.


Un tonnerre de bruits de sabots et de hurlements emplit l’air crépusculaire… derrière les maraudeurs.

* * *

Tal’var hésita un instant. Le son des cors vers la plage n’augurait rien de bon pour ces compagnons, mais les centigors demeuraient malgré tout à proximité. Les arbres de la forêt ne lui permettraient pas de rallier rapidement la plage. Au sol il le pourrait mais les monstruosités du Chaos le rattraperaient s’ils le sentaient. Et les élans d’Hurlevent, réclamant le sang impur des hommes-bêtes centaures, le poussaient à leur poursuite ; cela et le credo de son dieu. Khaine n’accepterait pas que ses ennemis ne survivent. Il se devait de les traquer, de les pourchasser et de les abattre. Et plus encore, il en avait l’envie. L’envie irrésistible.

- Est-ce moi qui le désire, murmura-t-il en eltharin à la lame dénudée, ou toi ? A quel point cet humain, cette créature éphémère qu’est Miguel a-t-elle raison ? Me contrôles-tu ?

La lueur blanche qui sourdait au cœur de l’épée elfique s’intensifia. Un rapide coup d’œil apprit au rôdeur que les bêtes du Chaos n’étaient pas de retour. La lueur devint éclat. Il perdit les notions de haut et de bas, de droite et de gauche, la sensation du goût, du toucher, de la vue et de l’odorat. Seul ses oreilles percevaient encore les sons de la forêt norse quand il se sentit happé vers le vide.

* * *

Une seule odeur, le métal. Un seul goût, le sang. Une seule lumière, le noir. Une seule caresse, le froid. Un seul son… celui d’un pic frappant sur de l’acier. Et à chaque choc, une vague de douleur sourde. Une fine croûte de sang séché empêcha ses paupières de s’ouvrir et dans un grondement et quelques cils arrachés, les prunelles vertes se dardèrent sur le sol rocailleux. Le pic continua à besogner son crâne.
Dans un grondement, Braka Forgepierre se releva en chassant l’ennuyeux corbeau qui s’obstinait à marteler son casque. Le volatile s’envola en l’agonisant d’injures tandis que ses frères faisaient d’un festin des cadavres des nains et des gobelins. Le thane cracha un jet de sang et une dent cassée. Puis ses yeux fatigués se posèrent sur le col. La neige commençait doucement à recouvrir les pics acérés, les rochers plats, les arbustes et les corps. Ceux, trop nombreux de ses frères car tous morts. Ceux plus petits des gobelins et énormes des trolls. Ici un frère à la gorge ouverte, son armure rougie par le sang versé. Là un autre au corps écorché par les griffes d’un troll. Les armes gisaient entre eux. Et les charognards faisaient bombance.

- Par Grungni ! rugit Braka en chassant les corbeaux, soit maudit saleté de peau-verte. Devant les dieux, mes ancêtres et les corps de mes frères, je jure de chasser et de tuer cette immondice.

Braka retira son heaume et le jeta si fort sur un corbeau téméraire qu’il tua sur le coup le volatile. Dégainant un poignard large, il rasa ses cheveux pour en faire une crête. Les Forgepierre arboraient une toison auburn tirant sur le roux. Jadis son père lui avait confié que les dieux les destinaient au déshonneur et à embrasser la voie du Tueur. Etre roux faisait gagner du temps.
Le nain s’empoissa les mains du sang de ses frères et leva sa crête. Il quitterait son armure dès son retour à la forteresse, car l’armure ne devait en aucun cas tomber entre des mains étrangères et il devait vivre pour venger ses frères. Ensuite, il se porterait ses pas jusqu’à Karak Kadrin, la forteresse des Tueurs, déposerait sa hache face au roi et prononcerait le Serment au cœur du Temple des Tueurs.
Le ciel se parait des roses et pourpres, bleus et or du crépuscule. Les animaux nocturnes se réveillèrent. Un loup hurla au loin. Nul cairn pour ses frères, car pas le temps. Mais son ami borgne, mort des mains de l’orc honni, lui reçut les honneurs des guerriers, et Braka érigea à mains nues un cairn.

- Dors mon ami, murmura-t-il en ravalant des larmes indignes d’un nain, rejoints nos pères, dis-leur que je vous rejoindrai bientôt avec la grâce des dieux. Repose-toi frère.

Ramassant l’arme de Fallgrim, imaginant déjà le chasseur orc périr sous ses coups. La piste du monstre et des gobelins survivants était facile à suivre, quoique la neige dissimulât déjà les plus légères. Braka récupéra les rares vivres encore comestibles et entreprit d’escalader les rocs glissants.

- Cours saleté, cracha-t-il. Cours et prie tes faux dieux qu’ils t’offrent des ailes. Car sans cela, mon courroux apaisera le monde de ta présence.

* * *

Volgan courait à travers bois, ignorant les branches basses et les arbustes qui le griffaient de toutes parts. Derrière lui, Tal’var emportaient les centigors loin de lui. Courir sur le sol de sa terre natale, sentir des effluves connues, entendre des pépiements d’oiseaux inconnus du Vieux Monde, le rassérénaient. Hache dentelée au poing, le barbare courait, ignorant ses blessures, ignorant la douleur. L’image d’Aurélia s’interposa et malgré lui, il ressentit un désir si fort qu’il en perdit l’équilibre.
Un crissement brisa l’harmonie du bois de Norsca. Un tronc couché bougea, se dressa. Un milliers de pattes grouillantes, autant de poignards noirs luisant de chitine, apparurent sous la carapace sombre. Les mandibules géantes de scolopendre claquèrent dans les airs. Sans sa chute, Volgan aurait été coupé en deux.

- Merci Dame Aurélia, murmura le barbare avant de se relever.

La hache frappa si fort que la carapace se fendit, révélant une chair blanche écœurante, à l’odeur repoussante. Les tripes fumantes se déversèrent de la plaie. Un revers et une mandibule se brisa avant de s’envoler dans le sous-bois. Une ultime attaque assénée à deux mains enfonça les dents acérées de son arme de gladiateur dans le crâne qui explosa comme un fruit trop mûr. Haletant, le norse la dégagea d’une secousse.

- Lâche ton arme, ordonna une voix de femme en norse, et si tu penses pouvoir être plus rapide que moi, alors tente donc de ne pas m’obéir.


A suivre…


Dernière édition par Haghar Tripes-de-Feu le Dim 8 Jan 2012 - 10:34, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: La Prophétie de Xianglia (deuxième partie)   Jeu 5 Jan 2012 - 5:22

Magnifique, je n'ai rien à dire de mieux Wink
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MessageSujet: Re: La Prophétie de Xianglia (deuxième partie)   Jeu 5 Jan 2012 - 16:25

Que dire que dire ?
C'est toujours parfait le texte nous tient en haleine jusqu'au denier mot.

J'en ai carrément eu des frissons !
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Haghar Tripes-de-Feu
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MessageSujet: Re: La Prophétie de Xianglia (deuxième partie)   Dim 8 Jan 2012 - 21:03

Bonsoir les amis,


Aaaah merci beaucoup, c'est ce genre de commentaires qui motivent pour écrire ! Green

La suite cette semaine (en cours d'écriture, mais je pense être juste pour ce soir).


Merci encore.

Haghar.


EDIT : et bah si, c'est pour ce soir ^^ Bonne lecture.


X X X X X



Chapitre 10


L’elfe flottait dans un univers blanc sans repère spatial, cotonneux, sans odeur ni son. Plusieurs fois il tenta d’appeler, mais il demeurait muet. Pas de haut ni de bas. L’impression de se mouvoir certes, mais sans rien pour se repérer, difficile de savoir s’il avançait ou reculait. L’air ne manquait pourtant pas. Mais Tal’var avait-il encore besoin de respirer ?
Il dériva ainsi pendant ce qui lui parut à la fois une éternité et un court instant. Puis un cri brisa le doux silence, apportant à l’étrange quiétude de l’elfe un désagrément. Il tenta de l’ignorer, comme le dormeur refuse de voir le soleil levé et se retourne dans son lit. Mais le bruit se répéta. Non pas un cri, mais une plainte. Agaçante.
Tal’var gronda son mécontentement, mais malgré cela, quelque chose au fond de son esprit s’agita. Il connaissait ce bruit, cette plainte. Régulière, elle se fit plus distraite. Un souvenir remonta pas à pas les longues marches de l’esprit embrumé du rôdeur. Ses prunelles dépourvues de pupille s’agrandirent de stupeur. Des pleurs. Ceux d’un enfant et, d’après la voix, ceux d’un enfant elfe.
Le blanc laiteux se déchira, comme blessé, lorsqu’apparut soudain comme si il avait toujours été là, un arbre décharné, forme torturée noire aux branches pareilles à des serres. Tal’var força son esprit, car les pleurs provenaient de l’autre côté du tronc mort. Il se vit avancer. Désespérément lentement, mais il avançait. Les pleurs diminuèrent en une symphonie de sanglots, auquel s’ajouta un grincement sinistre.
L’elfe contourna le tronc noueux, gris cendreux. De l’autre côté se balançait sous une brise invisible un corps, pendu à la plus grosse branche de l’arbre mort. L’origine du grincement. Vers et mouches besognaient le cadavre, dévorant ses chairs moisies. Au sol, agenouillé et le visage dans les mains, un jeune elfe sanglotait, secoué de sanglots.

- Petit ? demanda l’elfe en s’étonnant entendre sa voix.

L’enfant cessa de pleurer. Sa tête se releva doucement. Les mêmes yeux. Le même visage. Tal’var recula d’un pas. L’enfant qui se trouvait être lui se releva en souriant. Un sourire sombre, plus un rictus sadique qu’un sourire d’ailleurs. Un craquement sinistre détourna son attention sur le pendu qui lui aussi releva la tête. Une de ses orbites débordait de vers blancs, gros et frétillants. L’autre contenait toujours son œil, rougit par la mort. Sa peau marbrée devenait verdâtre. Ses cheveux cassaient. Un sourire édenté éclaira sa face de cauchemar qui jadis avait été la copie conforme ce celle du rôdeur.

- Bienvenue Tal’var, siffla le cadavre, nous t’attendions.
- Qui êtes-vous ?
- Toi,
cracha l’enfant en fronçant les sourcils, ou disons…
- Une version de toi,
compléta le pendu.
- Où suis-je ? demanda l’elfe en faisant mine de dégainer sa lame, et où est Hurlevent ?!
- Je savais qu’il n’était pas assez intelligent pour comprendre,
railla le jeune elfe, et qu’il était trop tôt pour le faire venir ici.
- Peut-être,
chuchota le cadavre de sa voix cassante, mais il ne peut attendre…
- Allez-vous finir par me répondre ?!


Le cadavre se tourna vers l’elfe, lui renvoyant un reflet lugubre et de bien sombre présage. Des plaies suppurantes parcouraient son corps. Les charognards grouillaient sur et sous sa peau, fouillant ses chairs putrides, des humeurs visqueuses s’échappant de son abdomen éventré. Pourtant, l’aspect repoussant du pendu dérangeait moins Tal’var que le regard de l’enfant. Dur et sombre, étincelant de haine et d’envie de meurtre, son sourire perpétuel déformait l’harmonie de ses traits juvéniles.

- Ne cherche pas l’épée car tu ne peux la trouver, susurra le cadavre en oscillant sur sa corde tendue, étant donné que tu ne l’as pas… perdu.
- Ce monde… cet endroit étrange, est-ce l’épée… sommes-nous dans Hurlevent ?
- Bien…
s’esclaffa l’enfant, tu n’es pas si stupide au final, quoique ce n’est pas aussi simple. Vos esprits ont fusionnés en un sens… Oh non, n’essaye pas de comprendre, tu ne le pourrais pas.
- Et vous alors, vous êtes quoi ? Mon passé et mon futur ?
- Tu es complexe Tal’var,
répondit le cadavre, et contradictoire. Nous sommes en quelques sortes deux parts de ton âme… celle qu’Hurlevent voit comme son porteur, et l’autre qui sert…
- Khaine,
hurla presque l’enfant en révélant le symbole écarlate de son poignet, loué soit son nom et maudits les fous qui s’opposent à sa volonté !

L’elfe sentit sa poitrine brûler, s’écarteler. Son cœur battait si fort dans sa poitrine qu’il crut un instant le voir en jaillir, brisant sa cage thoracique.

- Tu as un choix à faire, siffla le pendu en vomissant un jet de bile.
- Et tout de suite, fit écho la voix étrangement grave de l’enfant.

Une dague courbe suintante de poison apparut dans la petite main. Le pendu, lui, oscillait inerte.

* * *

Johan gravit la crête et jeta un regard en contrebas. Un village de huttes imposantes éclairées par plusieurs feux se trouvait sis dans une vallée encaissée, au bas de grandes montagnes dont les sommets enneigés brillaient. Des cavaliers rentraient de la chasse, des enfants s’entraînaient dans une arène creusée dans le sol de Norsca, des femmes tannaient les peaux de bêtes.
Le norse poussa du manche de son arme l’initié, lui intimant l’ordre d’avancer. Les hommes et femmes au visage peint de rouge sombre et portant des plumes de corbeaux dans les cheveux s’étaient jetés sur leurs assaillants et aucun guerrier portant le symbole de l’Œil n’ayant voulu se rendre, ils avaient été achevés sans autre forme de procès. Puis un homme de haute stature, plus fin mais plus grand que Volgan leur avait ordonné en norse de rendre les armes, ses gestes équivoques ne nécessitant aucune traduction. Miguel évidemment leur avait ri au nez, mais Johan et Ixli l’avaient convaincu ; les soins du skink n’avaient pas été suffisants pour réveiller Aurélia, seulement la stabiliser. Elle devait se reposer auprès d’un feu, se nourrir et être soignée. Désarmés, les compagnons s’étaient vus guidés, sous bonne garde armée évidemment, à travers bois. Miguel marchait à côté d’une cavalière qui soutenait sa sœur. Les deux clercs, eux, scrutaient chaque buisson, arbuste ou amas rocheux, à la recherche de l’elfe ou de Volgan. Mais aucune trace ni de l’un ni de l’autre. Johan comptait sur les capacités de l’elfe pour se dissimuler à leurs yeux.
Ils furent conduits dans une hutte ronde, sans autre issue que la porte, un pan de peaux cousues ensemble. Deux gardes se postèrent devant. Dehors, le retour des guerriers créèrent l’effervescence, et très vite le sigmarite discerna des voix coléreuses, d’hommes ou de femmes, s’opposer. On leur avait confisqué leurs armes et armures, ainsi que les mémoires d’Obéron Rabemeister et le grimoire d’Aurélia. La jeune femme reposait sur une couche de branchages d’épineux, fraîche et odorante. Des pichets d’eau claire et de lait de chèvre leur étaient destinés, ainsi qu’un pain noir aux graines, des tranches de lards séchées, des petits poissons frits et des fromages durs à la croûte noire. Les compagnons se restaurèrent avidement. Ixli inspectait les plaies de la sorcière, ses pupilles fendues se dilatant sous l’effort de concentration.

- Va-t-elle vivre ? s’enquit Miguel après un très long silence.
- Sssa blessure est… grave, mais j’ai vu des plantes dans la forêt qui pourront l’aider… hélasss je ne penssse pas avoir… avoir le temps nécccesssaire.
- Ton talisman ?
hasarda Johan. Tu ne peux vivre sans lui, c’est cela ?
- Il… fait trop… trop froid iccci,
siffla le skink.

Miguel gronda et se leva, bien décidé à récupérer ses armes et le collier de plumes d’Ixli quand le pan de fourrures fut tiré. Une femme grande et belle, une longue chevelure blond cendré encadrant un visage dur où brillaient des yeux ardoise, entra, le repoussant d’un regard. Suivit Volgan et une vieille femme à l’odeur répugnante, ses doigts crochus tenant une fiole fumante. Elle esquissa une série de gestes rageurs qui devaient la protéger du mauvais œil en dardant ses yeux morts sur Ixli, puis d’une main experte, fit boire le breuvage aux relents de moisissures. Aurélia entrouvrit les yeux, et voyant son frère, sourit faiblement avant de sombrer dans un sommeil réparateur.
Volgan se dirigea vers l’homme-lézard et lui tendit le talisman écarlate. Le chaman respira lui aussi avec plus de calme, la chaleur magique envahissant son corps, réactivant ses fonctions vitales.

- Vous être nos invités, grommela la jeune femme dans un reikspiel approximatif et fortement accentué, vous reposer. Nous parler ce soir.

Elle foudroya du regard Miguel, puis s’en fut à la suite de la vieille femme. Volgan but une longue gorgée de lait de chèvre, le breuvage frais lui dégoulinant sur le torse. Il portait sa hache et son poignard. Quelques blessures supplémentaires rougissaient son corps. Johan raconta l’attaque, le diestro restant silencieux, à couver des yeux sa sœur et serrant sa main droite. Volgan entreprit de raconter l’altercation avec les centigors. Ses compagnons parurent soulagés de savoir que l’elfe devait se trouver dans les environs.

- J’ai parlé de Tal’var à Hannha…
- Traître
, gronda Miguel, tu as signé son arrêt de mort.
- Non Miguel
, répondit le norse, le clan du Renard et de la Chouette était allié du mien. Nous n’aimons pas bien les elfes habituellement, mais notre ami ne risque rien… sauf…
- Sauf s’il entame les hostilités le premier,
compléta l’estalien en crachant ses mots. Et nous ? Invités ? Prisonniers plutôt !
- Nous serons présentés au chef ce soir.
- Et cette Hannha ?
demanda le sigmarite.
- La fille du chef.
- Elle ne semble pas m’aimer,
souffla l’épéiste. Un trait commun aux barbares, et cela est réciproque je dois dire.
- Tu as tué son jeune frère
, répondit Volgan en engloutissant une douzaine de poissons.
- Et alors ? Il est de nos ennemis non ?
- Oui… elle aurait préféré le faire elle-même.


* * *

Braka écrasa la gorge de la sentinelle gobeline, l’empêchant de hurler. La force du nain étouffa vite la créature qui regardait son compagnon clouer à un arbre par la hache runique. Une fois dans le coma, le thane égorgea le peau-verte en crachant sur le petit cadavre.
Deux semaines de traque l’avaient amené loin dans le nord. Le chasseur orc avait rallié d’autres monstres et Braka cherchait désormais à trouver une faille dans le camp, obtenir l’opportunité d’abattre le meurtrier et d’emporter dans sa mort un maximum de peaux-vertes.
En silence, le nain se faufila entre les arbres, gravissant la pente douce rapidement. Dans une grande vallée s’élevaient des centaines de camps, chacun éclairés d’un ou plusieurs feux. Braka faillit s’étrangler dans sa barbe ; des centaines et des centaines d’orcs hurlaient, se battaient, mangeaient ou chantaient. Et dix fois plus de gobelins. Le nain repéra des créatures grotesques appelés squiggs, des trolls et même une demi-douzaine de géants, grands benêts à la force herculéenne qui faisaient teinter les chaînes de leur cou en cadence – du moins le croyaient-ils – avec les tambours orcs. Une araignée si haute qu’elle dépassait de la cime des arbres leva ses crochets suintants de poison face à une vouivre aux écailles jaunies. Et au cœur de cette marée verte, de muscles et de crocs, un orc au masque de bois décoré de plumes agitait un bâton couvert de colifichets face à un gros rocher.
Braka chercha ce qui existait tant et si bien le sorcier orc lorsqu’il poussa un hululement strident. Tous les peaux-vertes se turent instantanément, le nain estomaqué de les voir cesser leurs chamailleries sans violence. Seuls les géants continuaient leur tintamarre et de nombreux fouets durent siffler dans l’air et sur leur peau noueuse avant qu’ils ne se taisent, non sans dévorer un ou deux orcs dans la manœuvre. Et parmi les dompteurs, Braka reconnu sa proie.
Le chasseur tout comme ses autres congénères hurla alors que le soleil couchant traversait un trou creusé dans le rocher. Les rayons brûlant révélèrent les sculptures grossières esquissant la forme d’un œil gigantesque. Et sur les côtés de cet œil, gisaient deux idoles… celles de Gork et Mork.


A suivre…
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xarkhan
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MessageSujet: Re: La Prophétie de Xianglia (deuxième partie)   Lun 9 Jan 2012 - 5:15

Toujours excellent.
Et j'adore ces petits revirements : "Oui… elle aurait préféré le faire elle-même."
La description du pendu est sympa et surtout cet univers onirique dans lequel se trouve l'elfe.
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Eminar
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MessageSujet: Re: La Prophétie de Xianglia (deuxième partie)   Lun 9 Jan 2012 - 15:19

Encore et toujours excellent, tu continues à écrire avec ton propre style, et on adore ça nous !
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Haghar Tripes-de-Feu
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MessageSujet: Re: La Prophétie de Xianglia (deuxième partie)   Jeu 12 Jan 2012 - 23:17

Bonsoir,


Milles mercis les amis !

Voici la suite et bientôt la fin de la Partie II... chapitre 11, bonne lecture !


Haghar.


X X X X X



Chapitre 11


Wagner s’effondra au sol dans un fracas métallique, emportant dans sa chute un plateau en or et un calice remplit de sang épais qui tâcha les dalles du temple. Le chaman homme-bête connu sous le nom de Prophète du Crépuscule darda un œil sombre sur l’obèse qui s’empourprait de colère, battant de ses courtes jambes pour se remettre debout. Plus large et haut, le gor aux cornes entrelacées gronda un avertissement. Wagner se figea et se releva doucement. Bien qu’investit des puissances de son nouveau Dieu, l’ancien sigmarite craignait plus que tout le chaman dont le visage bestial disparaissait sous un tissu noir tâché et partiellement déchiré. La bête puait la charogne, l’animal fauve, le sang moisi. Les colifichets qui pendaient sur son bâton, ses cornes et sa tunique n’y étaient pas étrangers.

- Manque moi encore de respect humain, cracha avec haine le gors, et je me ferai un plaisir de dévorer tes tripes encore chaudes !

Wagner essuya le sang pointant à la commissure droite de ses lèvres. Faire remarquer au Prophète du Crépuscule son incompétence à capturer les Elus alors que lui réussissait à corrompre les Conclave, et à éradiquer les récalcitrants. Heinrich pourrissait dans une geôle, gardé par un duo de chiens monstrueux, aux écailles d’airain et capable de broyer os et armure.
Le chaman avait perdu un monstre de puissance et, pire, les humains, l’elfe et l’homme-lézard nommés d’après une obscure prophétie les Elus se trouvaient en Norsca, libres d’œuvrer contre les plans de l’Œil. Wagner se gifla mentalement et se promit de peser ses mots en présence de la créature capable de l’éventrer d’un geste, et sans arme. Le prophète était plus fort, rapide et sa magie surpassait la sienne. Et il était le second du maître, l’Elu de l’Œil.

- Pardonnez mes mots, seigneur, ma langue a fourché.
- Ton imbécilité a parlé… qu’en est-il de la suite ?
gronda la tête en se gorgeant du sang d’un enfant versé dans un calice.
- Le Pays Perdu est à nous. Le conseil de Marienburg négocie avec d’autres villes plus petites pour qu’elles nous rallient. Les éclaireurs rapportent des mouvements de troupes à la frontière impériale mais ils ne font que renforcer leurs défenses.
- Excellent,
siffla le prophète du Crépuscule en esquissant un sourire carnassier, autant d’hommes qui ne pourront tenter de se défendre face à nos armées. Et le sorcier ?
- Brisé…
souffla une voix gelée, ou du moins en est-il sur la voie.

Wagner dissimula difficilement son sourire, la présence de Dhuul le rasséréna. L’énigmatique guerrier saurait se défaire du gor sans soucis. Aussi le désespoir s’abattit avec force sur l’esprit du prêtre renégat lorsqu’il vit la créature s’agenouiller face au chaman. Ensemble, les trois serviteurs de l’Œil descendirent un étroit escalier en colimaçon, éclairé de quelques torches crachotantes. A chaque marche, les murmures de démences, les lamentations et les cris de douleur des prisonniers se faisaient plus claires, audibles. Ils passèrent sans un regard pour leurs occupants devant des dizaines de portes de bois renforcées d’acier. Des mains décharnées dépassaient des barreaux rouillés, se rétractant à l’approche de Dhuul. La geôle située le plus profondément sous le temple possédait une porte de pierre ciselée de runes magiques luisantes.
Les deux molosses démoniaques se levèrent en grondant, dévoilant trois rangés de crocs d’acier en fusion, une langue bifide d’un pourpre sombre. Leurs yeux se voyaient réduits à deux fentes de lumière blanche, et seules les deux chaînes runiques les liant au mur les empêchaient se jeter sur les nouveaux venus. Dhuul souffla un mot, incompréhensible, mais si lourd de menaces que les flammes elles-mêmes réduisirent leur intensité, comme pour se réfugier dans leurs propres ombres. Les chiens infernaux gémirent en se couchant au sol. Wagner chanta deux phrases, qu’il répéta en changeant légèrement le rythme. Une à une, les serrures runiques s’éteignirent, et la porte s’ébranla dans un chuintement sourd.
Sur une roue d’acier hérissée de pointes recourbées était attaché le vieil homme qui, quelques jours encore auparavant, se trouvait être le plus puissant sorcier de Marienburg, chef du Conclave et membre du conseil. Heinrich semblait avoir vieillit de dix ans. Son corps était brisé. L’acier forgé par les nains maudits l’empêchait de voir, de sentir et de tisser les vents de magie. Lié à l’Aethyr comme tous les thaumaturges, le magister dépérissait, tant physiquement que psychiquement.

- Voilà le fameux charlatan qui te faisait tant trembler Wagner, railla le gor. C’est une bonne chose qu’il soit encore en vie, cela me donne une idée.

Le sourire du Prophète du Crépuscule fit frissonner malgré lui le prêtre renégat.

* * *

L’enfant elfe se jeta sur Tal’var, la lame scintillante dans le monde blanc d’Hurlevent. L’arbre et le pendu avaient disparu. Rapide et svelte, le jeune Tal’var frappait avec précision, dansant autour de sa proie. Le rôdeur se bornait à esquiver, cherchant des yeux une arme pour se défendre. Mais rien à perte de vue.
Chaque attaque était minutieusement préparée, et chacune d’entre-elles rappelait son entraînement dans la secte khainite. L’enfant enfonça sa lame aiguisée dans la cuisse du rôdeur, avant de la retirer, écarlate de sang. La douleur fut si forte que l’elfe devint aveugle un instant.

- Tu es faible, cracha le jeune elfe en projetant son arme vers le ventre du rôdeur, faible et imbécile… comment peux-tu penser un seul instant que notre seigneur puisse vouloir de toi ?!
- Khaine guide ma vie depuis des décennies,
hurla presque l’elfe, je lui offre toutes mes victoires et mes morts !
- En maniant une lame enchantée par les prêtres d’Asuryan ?
éclata d’un rire plein d’ironie l’enfant, en t’acoquinant avec des humains et une bête de Lustrie ?
- Ma foi est intacte !
- Ta foi est empoisonnée !
! explosa le jeune elfe en frappant si vite que l’arme disparaissait dans un éclair argenté. Et au nom du seigneur du meurtre, je vais l’en extraire.

Alors le regard acéré de l’elfe aperçut un objet perçant le blanc laiteux de cet univers. Un objet en métal, long de quelques pouces, décoré et ciselé. D’abord si loin que Tal’var le cru hors d’atteinte, sa main se referma sur la garde de l’épée qu’il fit jaillir dans une gerbe de lumière aveuglante. L’enfant hurla de sa petite voix. Quand la lumière s’apaisa, la main ensanglantée qui tenait la dague se désagrégeait en un nuage de cendres, l’arme rouillant à vue d’œil.
L’elfe rencontra le regard de son double enfantin, ses yeux rougeoyant comme deux braises infernales. Hurlevent à la main, il fit face à la créature qui au lieu de perdre du sang, perdait des volutes de fumée noire. Un sourire carnassier éclairait son visage couvert de veines saillantes, pourpres.

- Voilà un choix bien audacieux, gronda l’enfant d’une voix bien plus grave, audacieux et… mortel. Profite de ces jours Tal’var, car nous ne vivrons que pour ton âme. Elle est réclamée…

Le corps de l’enfant se désintégra en une gerbe de brume noire et une pluie de gouttes de sang chaud. Un éclair rouge précéda sa disparition, forçant le rôdeur à couvrir ses yeux tant l’éclat et la chaleur étaient forts. Tal’var rouvrit les yeux à temps pour voir le sol se rapprocher de lui à grande vitesse.

* * *

Le village norse résonnait des chants et des cris des barbares, le feu crépitait haut et fort, des brandons s’échappant dans l’air, suivant la fumée noire vers les nues. Des femmes et quelques enfants dansaient autour des flammes, d’autres servaient la bière et l’hydromel. La viande de poisson grésillait sur des pierres chauffées.
Les compagnons furent traités comme des invités. Les armes de Miguel et de Johan leurs furent rendues, et Aurélia qui s’était réveillée se tenait assise, son grimoire sur les genoux. Volgan saluait certains guerriers qui lui rendirent son geste avec plus ou moins de chaleur. Certains vinrent lui offrir leurs regrets pour le massacre de son clan. Le chef les avait entendus. Il avait décidé de leur offrir la protection du village et des guides si besoin était. Hannah se comporta comme la fille du chef qu’elle était, servant leurs hôtes et répondant à toutes leurs questions. Ses yeux ardoise se posaient souvent sur Miguel, et le diestro ne sut quoi faire ; il comprenait sa rancœur, mais elle demeurait une barbare. Et les remords, l’estalien ne les connaissait pas.
Ixli fut épié par les enfants tout au long de la nuit, étonné et apeuré par la créature qui ressemblait par certains de ses aspects aux démons marchant avec les armées des dieux sombres. Les adultes quant à eux le toisaient avec méfiance, la main non loin de la garde qui d’une hache, qui d’une épée ou d’un arc. Les chiens se disputaient les os de gibiers, la plupart des convives endormis ou buvant d’énièmes chopes, quand Hannah vint rejoindre les compagnons.

- Que sais-tu de ces hommes arborant l’Œil ? demanda sans ambages le barbare.
- Ils sont venus il y a deux lunes, répondit Hannah en norse, Volgan traduisant pour ses compagnons, d’abord pour nous rallier à leur divinité, puis pour profiter de nos récoltes, de nos chasses et de nos jeunes. Tu as remarqué le peu de jeunes hommes qu’il nous reste ? Ils ont réussi à leur empoisonné l’esprit…
- Comme ton frère ?
- Oui, lui et mon fiancé.
- Mais le village est encore debout
, remarqua Johan. Ces guerriers impies ne semblent pas avoir réussi à les abattre.
- Ils ont rasé les villages récalcitrants
, répondit la fille de chef après que Volgan eut fait la traduction, mais notre clan est protégé.

Hannah conta alors les légendes du clan de ses ancêtres, racontant la venue d’un étranger, originaire du continent, et qui bouta hors de la vallée les ombres des Puissances de la Ruine. Tout en comptant ses histoires et mythes, la barbare ne cessa de fixer des yeux l’estalien. Soutenant son regard, hautain, le diestro finit par reporter son attention sur Aurélia, endormie sur une fourrure brune rayée de blanc jauni, écoutant distraitement la voix de Volgan et celle étrangement entêtante de la norse. Quelque chose se brisa sous la carapace de l’estalien.

* * *

Braka Forgepierre se réveilla une fois de plus, sa bouche et son œil droit tuméfiés. Sa crête pendait devant son visage, poisseuse de sang. Lié solidement à un poteau de bois par des cordes et des chaînes, tenant les pans de peaux format une tente étrangement, on l’avait dénudé et pire que tout, rasé. Les poils de sa barbe rousse se mélangeaient avec la poussière du sol. Dehors, il entendait des hurlements et des chants bestiaux. Ses prunelles vertes fixèrent longuement les restes de sa barbe. Et face à lui, un gobelin armé d’une lance et vêtu d’un manteau de plumes colorées, ricanait, se tenant sagement hors de portée.
La scène de sa capture revint douloureusement à son esprit, un millier de tambours blessant son crâne, menaçant à tout moment de sombrer à nouveau dans les ténèbres. Seules sa volonté et sa rage le tinrent éveillé, cela ainsi que la douleur, sourde et constante. Infiltré parmi les monstres en liesse face à leur nouvelle idole, il avait réussi à atteindre le chasseur à l’origine de la mort de tant de ses frères et amis. Sa hache runique s’était profondément enfoncée dans les chairs vertes. L’orc avait alors hurlé de fureur, et son fouet avait claqué sur la peau meurtrie du nain. Gobelins et orcs chargèrent alors, quand une masse lourde lui tomba sur la tête, l’emportant dans l’inconscience.
Le pan de peau servant de porte à la tente s’ouvrit, laissant entrer la fraîcheur de la nuit. Braka observa rapidement que l’intérieur était agencé avec faste, un mobilier fin, elfique pour une commode, naine pour un coffre épais, humain pour le lit à baldaquin. Tapis d’orient, vin elfe et couverts en argent. Rien d’orcs. Pourtant, c’est un peau-verte épais masqué de bois et de plumes, nu, couvert de peintures de guerre rouges et jaune. D’un grondement rauque, il congédia le gobelin qui s’échappa en vitesse, trop heureux de se rendre hors de vue du nain.
L’orc se plaça devant Braka, ignorant le crachat de ce dernier. Il arracha le masque qui lui couvrait le visage, révélant une face bestiale couverte de cicatrices. Sa gueule hérissée de crocs s’élargie en un sourire carnassier, ses petits yeux porcins détaillante le nain blessé.

- Je sais que tu ne me comprends pas monstre, souffla le nain, mais donne moi une arme et laisse moi périr en t’arrachant la tête des épaules…
- Non seigneur nain
, répondit l’orc avec une voix calme et posée, je ne vais pas risquer de mourir avant l’heure.

La silhouette trapue s’étiola avant de devenir floue. Les reflets verts se grisèrent. Les muscles fondirent et la taille diminua. Braka écarquilla les yeux en maudissant les utilisateurs de magie en khazalide, fixant l’apparition d’un homme sec, mince et aux airs de rapace, vêtu de gris cendres, une dague à deux tranchants et au manche couverts de symboles cabalistiques passée dans la corde ceignant sa toge.

- Je me présente, Dieter von Hasberg. Votre présence n’était pas prévue, votre race résiste réellement à la magie, à la divination notamment.
- Je crache sur ta magie sorcier !
gronda le nain, libère moi que je te prouve la supériorité de l’acier… que tu sois homme, orc ou autre.
- Comme je l’ai dit, je ne désire point mourir. Ecoutez-moi seigneur nain, vous comprendrez que nous pouvons trouver à nous entendre.


A suivre…


Dernière édition par Haghar Tripes-de-Feu le Ven 13 Jan 2012 - 10:36, édité 1 fois
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polo73
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MessageSujet: Re: La Prophétie de Xianglia (deuxième partie)   Jeu 12 Jan 2012 - 23:18

Bon tu sais quoi, je copie-colle tout, je l'imprime, je le lis parce que là, j'ai 5 pages de retard et après, oui monsieur, après tu auras ton commentaire! Twisted Evil

Ah, saleté de concurence! Mad

Ange
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xarkhan
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MessageSujet: Re: La Prophétie de Xianglia (deuxième partie)   Ven 13 Jan 2012 - 5:22

Toujours aussi bien, et tu arrives encore à glisser quelques rebondissements Wink
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Eminar
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MessageSujet: Re: La Prophétie de Xianglia (deuxième partie)   Ven 13 Jan 2012 - 16:43

Qu'est-ce-que j'ai fait de mal pour ne pas avoir le temps de lire tout de suite ce chapitre ?! Crying or Very sad
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Haghar Tripes-de-Feu
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MessageSujet: Re: La Prophétie de Xianglia (deuxième partie)   Ven 13 Jan 2012 - 18:10

Bonsoir amis Gueulards,


Merci pour vos commentaires, et Polo, ce n'est pas une compétition Ange (et hélas non, je ne suis pas un prof de français même si j'aurai beaucoup aimé... je suis technicien de laboratoire... Ouch ).

Voici la suite... et fin de la deuxième partie ! Bientôt la troisième, mais pas tout de suite parce que la peinture n'avance pas des masses (j'ai un Férox qui me fais de l'oeil là ^^). Mais je continue!

Bonne lecture les amis, et à vos commentaires!


Haghar.


X X X X X



Chapitre 12


Johan s’avança doucement dans la grotte, torche à la main, la flamme crachotante repoussant tant bien que mal les ténèbres, créant des milliers d’ombres mouvantes. Un dernier regard en arrière lui permit d’apercevoir certaines huttes du village, en contrebas. Il était partit à l’aube, gravissant la pente d’abord douce et verte de végétation puis plus abrupte, recouverte de rocailles acérés et de plaques de neige glacée.
Une lune s’était déroulée sans heur au village du clan du Renard et de la Chouette, halte nécessaire pour qu’Aurélia se remette de sa blessure grave, les soins d’Ixli et de Johan se voyant amoindris par la proximité du pôle et de la tempête de l’Aethyr. Le sigmarite avait profité de ce temps pour compulser les écrits d’Obéron Rabemeister, remarquant de nombreuses similitudes entre le paysage alentour et les descriptions du prêtre. Il découvrit également que l’homme de foi était venu deux fois en Norsca, et qu’il avait sciemment laissé ses mémoires dans le temple avant de repartir pour la terre barbare. Pour quelle raison, cela demeura un mystère.
L’initié avait passé ces dernières semaines à déambuler dans et autour du village, le grimoire ouvert, les yeux ne cessant de lire, regarder le paysage, cherchant les similitudes. Bien vite, il apparut clair que le prêtre était déjà venu ici. L’ancienne du clan lui raconta alors la venue de cet homme, contée par sa propre grand-mère du temps lointain où elle était petite fille. Vêtu de sang et protégé par une peau de fer, l’homme de bien pourchassait une créature démoniaque répandant la peste et la mort où que sa face de cauchemar était aperçue, un démon de Nurgle, Seigneur des Mouches et des Maladies.
Johan avait continué son investigation, découvrant des symboles sigmarites gravés à même les troncs d’arbres gigantesques et sur des rochers couverts de mousse et de lichen. Recherches qui l’avaient mené face à un trou dans le flanc e la montagne, une comète à deux queues sculptée au-dessus de l’entrée de la grotte.
Le jeune humain avança lentement, prenant garde à ne pas glisser. Dehors, les lueurs du crépuscule coloraient de milles teintes les neiges éternelles. Claire, la nuit s’ornait d’étoiles scintillantes et la lueur des torches et feux de camps rougit la vallée. La grotte effectuait un coude, en pente douce. Et au fond, trônait un rocher à la vague forme de marteau, sur lequel reposait un objet en or terni, une amulette de Sigmar.

- Loué soit Sigmar, souffla le jeune initié en se signant, le symbole d’Obéron…

Une bourrasque gelée, d’une violence inouïe l’envoya au sol. Le vent hurlait si fort que Johan peinait à entendre sa propre voix, la flamme de la torche mourut. Pourtant il continua à voir la grotte, le marteau et le saint bijou. Ce dernier luisait, come animé de sa propre lumière. Le vent tournait autour de lui, giflant son visage. Des visages hideux s’y dessinèrent, ricanant et hurlant des obscénités. Les griffes des démons déchirèrent sa toge te blessèrent autant son corps que son esprit. N’importe quel mortel se serait enfui ou, pire, laissé dévorer. Mais Johan se redressa, ignorant le sang qui coulait de ses nombreuses plaies.

- In nomine Sigmar, in nomine irae en caelis, exorciseum domine en mortis !

Ses yeux flambèrent de l’énergie sainte, mais les démons ne firent que reculer, crachant leur haine du vivant. L’initié avança de quelques pouces, et tendit la main. Un démon plus audacieux se jeta dessus, sectionnant deux doigts mais ne sut empêcher l’humain de saisir l’amulette qu’il ceignit autour de son cou. L’éclat redoubla d’intensité et la voix du sigmarite s’amplifia. Les démons hurlèrent, maudissant l’humain qui les renvoyait dans les Royaumes du Chaos.
Puis Johan s’effondra, alors qu’un cor déchirait au-dehors le silence nocturne.

* * *

Tal’var s’était contre toute attente perdu. La forêt dense avait laissé place à quelques broussailles rousses, épineuses et porteuses de fruits blancs qui s’avérèrent après un court examen de gros vers munis d’une tête noire. Dégoûté, l’elfe décida de ne plus tenter de se nourrir sur cette terre. Il se retrouva bien vite dans une vallée vide, entourée de montagnes enneigées. Au loin, il perçut le bruit d’une cascade et sentit l’odeur de l’eau.

- Prions pour que les poissons d’ici ne portent pas de cornes… siffla le rôdeur, sinon je vais commencer à penser que Miguel a raison…

La chute ne l’avait pas blessé, retenu par un entrelacs de branche au dernier instant. Seule sa jambe droite s’était quelque peu raidit. L’esprit de Tal’var avait été malmené par son expérience onirique. Il s’était vu forcé d’effectuer un choix, celui de la voie d’Hurlevent ou celle des khainites. Un choix qu’on ne lui avait pas laissé le temps de murir. Instinctivement, il s’était tourné vers l’esprit de l’arme qui l’avait sortit de son duel avec l’enfant elfe. Les blessures infligées par ce dernier n’étaient pas visibles, pas une trace pourtant il les avait sentit plusieurs jours durant.
Une dizaine de jours à errer dans les terres de Norsca l’avait fait rencontrer une bande d’ungors en maraude. Les créatures n’avaient pu s’enfuir. Aucune de ces morts n’avaient été dédié à Khaine. A personne d’ailleurs, Tal’var ne trouvant aucune puissance digne de confiance. Etrangement, seule Hurlevent le réconfortait.
S’engageant à découvert, arc à la main, il détailla la vallée. Quelques grands arbres déformés par le temps et la terre de Norsca émaillaient une grande étendue plate couverte de fleurs roses, fuchsias, mauves et pourpres. Le ciel, bleu, offrait un contraste saisissant avec le gris et blanc des montagnes et le vert de la végétation. Le soleil brillait quelque part au-delà des grands pics enneigés. Un instant, Tal’var oublia qu’il se situait si loin au nord, et goûta les senteurs, les couleurs et le froid de la vallée. Son lien avec la nature lui fit baisser sa garde et il avança dans le champ fleuri.
Des papillons aux mêmes teintes que les fleurs s’envolèrent devant lui, tournoyaient autour de lui. Le parfum entêtant des fleurs le poussa à lâcher son arc, mais sans qu’il ne s’en souciât. La vallée commença à tanguer sous les pieds pourtant alertes de l’elfe. Hurlevent vrombit alors et, par réflexes plus que par volonté, il saisit la poignée de son arme. Un éclair de lumière blanche réveilla les sens du rôdeur. Point de papillons ici, mais les fleurs elles-mêmes, des créatures volantes aux crocs pareils à milles aiguilles. Les traces de morsure couvraient les bras et la gorge de l’elfe, le sang coulant d’innombrables plaies en gouttelettes écarlates. Trop petites pour être abattues, les créatures continuaient à voleter autour de lui. Tal’var courut et sortit du champ. Les monstres émirent de petits cris stridents de frustration avant de rejoindre leurs tiges où ils reprirent leurs apparences de fleurs.
L’elfe lorgna l’endroit où gisait son arc. Inutile d’y retourner. L’elfe continua sa route, épée au clair, suivant un chemin qu’il ne voyait pas mais « sentait » au travers de sa lame. Levant les yeux, il aperçut un duo de grandes créatures ailées, trop hautes pour être identifiées, même par les yeux acérés de l’elfe. Par sécurité, il préféra se mettre à couvert sous un grand arbre aux feuilles sombres.
Après avoir lavé à l’eau de son outre les morsures, il reprit sa route. La nuit tombante le vit rejoindre le grand lac qui jouxtait les flancs de la montagne d’où s’effondraient des litres et des litres d’eau tumultueuses. La cascade se perdait dans les ténèbres de la nuit, quoiqu’éclairée par milles étoiles et les deux Lunes. Une créature apparentée au cerf mais bien plus grand et à six pattes se désaltérait, ignorant royalement la présence de l’intrus.
Tal’var lorgna l’eau d’un air circonspect. Claire et limpide, il y discerna malgré la nuit l’ombre de poisson. Et pas de cornes.
L’elfe s’apprêtait à embrocher de sa lame un gros poisson paresseux quand la lame s’embrasa de flammes blanches, apportant de nouveau le jour dans cette partie de la vallée. Un écho lumineux apparut au-delà de la cascade, diffuse derrière le rideau de l’eau.

- Entre… retentit une voix désincarnée.

* * *

Miguel frappait le vide face à lui, imaginant une multitude d’ennemis. L’entraînement ne lui permettait pas de s’évader autant que le combat, l’ardeur de la guerre. Mais l’inaction l’ennuyait. Il s’était trouvé auprès d’Aurélia les premiers jours, mais la jeune femme l’avait finalement congédié, arguant qu’elle allait bien mieux grâce aux décoctions immondes de l’ancienne et qu’elle devait se trouver seule et au calme afin d’étudier encore et encore les sortilèges de son grimoire. Johan ne cessait de suivre les écrits énigmatiques de son livre, inspectant le village et ses alentours. Ixli et Volgan partaient chaque jour dans la forêt, à la recherche de l’elfe, mais en vain ; Tal’var avait semble-t-il disparu.
Le froid de la nuit perdurait le jour désormais, et de la neige descendait en gros flocons duveteux jusque dans la vallée, mais ne tenait pas. Pas encore. Ses blessures ne le faisaient plus souffrir, à peine un élancement au niveau de sa hanche blessée. Ses muscles chauffés par l’effort se gonflaient de sang et d’adrénaline, et ses lames griffaient l’air. Les barbares l’observaient, souriant à la vue de la finesse de ses armes. Ce qu’il avait pris d’abord pour une insulte. Mais un soir, Hannah lui avait expliqué que les guerriers norses se demandaient simplement comment un homme qui sent comme une femme et maniant des armes si petites pouvaient avoir abattu autant des leurs. Du coup, ils le tenaient en haute estime.
Penser à la fille du chef déconcentra le diestro qui trébucha. Seuls ses réflexes lui permirent de ne pas s’écraser dans la poussière. Sourcils froncés plus que de coutume, l’estalien cracha en grondant. Non il ne pouvait pas apprécier cette femme, cette barbare analphabète du même bois que Volgan. Et pourtant. La blondeur de ses cheveux luisait comme l’or quand les rayons du soleil l’illuminaient, tout comme ils faisaient briller ses grands yeux ardoise, si durs et pourtant si profonds. La vie en Norsca avait sculpté le corps de la jeune femme, et bien que capable certainement de lui briser le poignet lors d’un bras de fer, sa féminité n’en demeurait pas moins flagrante. Les tenues courtes et serrées de la norse n’aidaient pas l’oublier.

- Aaaah ! Je ne peux l’aimer ! gronda Miguel en fichant sa rapière dans un tronc mort.

Ses cheveux longs trempés de sueur lui tombaient sur le visage, et quand il les dégagea de sa main libre, ses yeux se posèrent sur la fille du chef, portant un seau d’eau, qui le fixait. Miguel se figea. Le fait qu’il ait tué son frère ne pouvait expliquer cette façon de le regarder, avec insistance, le visage fermé mais les yeux brillants de… de quoi ? Colère ? Amour ? Un étrange mélange des deux. Les deux jeunes gens s’observèrent un long moment, puis la fille de chef détourna le regard, ramassa son seau et continua sa route. Sans un mot.

- Pourquoi ? demanda une voix grave après un instant, pourquoi ne pourrais-tu l’aimer ?
- Volgan…
souffla le diestro sans se retourner. Des nouvelles de l’elfe ?
- Non, aucune trace. Réponds-moi l’estalien, pourquoi ne pour…
- Parce que cela serait aussi immonde que ce que tu ressens pour ma sœur,
cracha Miguel en se retournant, ton engeance maudite ne doit pas se lier avec les hommes !
- Ce que je ressens pour Aurélia…
- Dame Aurélia,
coupa le jeune noble.
- Ce que je ressens pour ta sœur, reprit Volgan d’une voix sourde et menaçante, n’a rien d’immonde ! Trouves-tu que l’amour est immonde, toi le noble ?
- Entre ma sœur et un animal oui !


Volgan frappa. Vite et fort, son poing fermé s’écrasa sur la joue droite du diestro, la pommette éclatant sous le choc. La main gauche siffla et marqua le cuir de l’armure revêtue par le berserk. Volgan asséna un nouveau coup mais déjà l’estalien se retrouvait près de son arme, l’arracha du bois mort et la brandit face au barbare. Un guerrier lui jeta son épée large, et l’acier estalien fut paré de justesse. Un groupe de barbares fit cercle autour des combattants. Les deux hommes ferraillèrent quelques instants, la puissance physique et la rage de Volgan se heurtant à la fureur et au talent martial du diestro. Miguel croisa ses armes, arrêtant un coup asséner qui le força à ployer un genou jusqu’au sol. Gardant sa rapière contre l’épée large, il dégagea sa main gauche et l’enfonça dans la cuisse musclée d’où jaillit un flot de sang. Les yeux noirs de haine, Volgan lâcha son arme et d’un revers, envoya au sol l’estalien. Sonné, ce dernier leva son arme.

- Viens chien de norse, explosa Miguel en estalien sans s’en rendre compte, tue-moi ! Libère-moi du poison qui me fait aimer cette femme !
- Miguel !


La voix d’Aurélia figea le barbare qui s’apprêtait à occire le diestro. A ce moment seulement, il se rendit compte qu’une dague fine et à la garde ouvragée lui perçait la cuisse et que son sang coulait le long de sa jambe, au point qu’elle en était recouverte, écarlate. Il la retira et la lança dans la poussière qui but le liquide vital.
Un hurlement retentit dans toute la vallée, milles gorges déployées criant leur haine. Le son d’un cor, puis d’un autre s’ajouta à la cacophonie. Les armes fleurirent dans les mains des barbares qui cherchaient leurs ennemis des yeux quand une pluie de pierres s’abattit sur le village. Volgan attrapa le bras armé du diestro et le remit sur pieds alors que la hutte derrière eux explosait puis s’embrasait sous l’huile enflammée. Le souffle brûlant chassa l’air de leurs poumons.
Des maraudeurs jaillirent du sous-bois, beaucoup arborant des mutations. Suivirent une phalange de guerriers en armure noire, plus hauts et larges que Volgan, couverts de piques, de lames et de symboles impies. Armés de monstrueuses hallebardes vivantes, ils chargèrent les premiers habitants, ignorant qu’ils s’agissent de femmes, d’enfants ou d’hommes. A chaque coup, les armes-démons hurlaient, les corps chutant au sol dans des gerbes de sang se voyaient arracher leurs âmes, spectres verdoyants aspirés par les lames avides. Chaque guerrier s’interposant connaissait un sort identique.
Hannah brandit une lance et chargea l’un de ces monstres voués aux Puissances de la Ruine. L’un de ces guerriers réceptionna la charge de la jeune femme, attrapant le bois de la lance et la brisant d’un coup sec. D’une main, il fit tournoyer sa hallebarde vers le cou de son ennemie, mais le manche percuta sa tête. Hannah chancela en arrière et ne dû la vie qu’à l’intervention de deux hommes d son clan. Leurs vies payèrent la sienne.

* * *

Ixli invoqua une flèche d’énergie magique qui frappa un archer maraudeur. Le barbare s’effondra dans la neige fondue. Le skink quitta son abri, un buisson aux baies empoisonnées qu’il était venu recueillir, et se jeta sur le compagnon de l’archer. Un coup de dague en os, et le second archer mourut, étouffé dans son sang.
Une ombre passa derrière lui. Vif comme l’éclair, le chaman skink se retourna, les pupilles dilatées, crête déployée. Derrière lui hurlaient les guerriers des deux camps, la voix forte de Volgan, les incantations d’Aurélia et le crissement des lames-démons se gorgeant d’âmes se distinguant au-dessus du brouhaha. L’ombre sortit du couvert des arbres.

- Heinrich ? demanda Ixli. Par Sssotek, que faîtes-vous iccci… ?

Le magister vêtu de bleu et argent sourit, s’appuyant sur un bâton droit orné d’une gemme bleutée. Dague baissée, le skink regarda autour de lui. Se frayant un chemin sanglant au-travers des maraudeurs de l’Œil, Volgan frappait de sa hache et d’une épée large. Aurélia invoquait flèches magiques et sphères d’énergie blanche, tandis que Miguel la défendait sauvagement.

- Je suis venu vous aider… mon ami, siffla le mage d’une voix caverneuse.

* * *

Aurélia signa rapidement devant elle, et une lueur dorée apparut autour d’elle. Une masse cloutée vint s’écraser sur l’armure aethérique, mais la sorcière n’en eut cure, sachant que son frère se chargerait du maraudeur. Le champ de bataille n’était que chaos. Les huttes brûlaient, des panaches de fumée coupaient les lignes de vue, dissimulant les groupes de combattants. La chaleur devint étouffante.
La thaumaturge fut donc surprise d’apercevoir mené par Ixli le magister maître du Conclave de Marienburg, celui qui lui avait révélé son lien avec Hysh, le Vent de Lumière. Heinrich invoua une série d’éclairs qui grilla vifs une demi-douzaine de maraudeurs.
Alors que les deux lanceurs de sorts rejoignaient les compagnons rassemblés, le grimoire d’Aurélia s’auréola de lumière et les pages défilèrent. Sans qu’elle veule, sa main arrêta le défilement, et ses yeux lurent l’incantation. La voix cristalline brisa un sortilège qu’elle n’avait sût sentir. Dès lors, son troisième œil s’ouvrit et le temps sembla se figer tout autour d’elle.
Heinrich lui apparut d’abord entouré de volutes bleues entourées d’éclairs blancs et pourpres. Puis des tentacules noirs de brume nocive déchirèrent son image, le vent devint gris, arborant des crânes et des hurlements figés. Un être sombre et de grande puissance habitait le corps mort d’Heinrich, un être d’ombre arborant la silhouette d’un guerrier en armure maniant une grande épée faîtes des mânes de ses victimes. L’Œil se dessinait en blanc sur son armure de ténèbres.
Un sourire carnassier sur son visage barbu, Heinrich pointa son bâton qui se mua en une lame grise alors qu’elle perçait le corps d’Ixli, surpris.

- Nooon ! hurla la sorcière.
- Ixli ! rugit Volgan.

Le corps sans vie d’Heinrich s’écroula au sol comme une marionnette, laissant visible Dhuul qui arracha sa lame du corps écailleux. Ixli cracha une gerbe de sang sombre. La lame d’ombres décapita le chaman avant qu’il ne touche le sol, emportant sa vie et son âme.


X X X X X


Epilogue


L’Aethyr vibra sous le courant d’exultation d’une puissance divine. Une chaîne d’énergie se brisa, dissipée dans la tempête des huit vents réunis, comme autant d’étoiles de toutes les couleurs et d’aucune à la fois. Les Royaumes du Chaos, et ceux des autres divinités ressentirent cette joie malsaine, comme on sent une lame se frayer un chemin dans ses chairs.
Les vents soufflèrent de nouveaux, plus forts que jamais. Sur le monde, des dizaines de mages de toutes races s’effondrèrent, le cerveau réduit en pulpe sanglante, coulant de leurs oreilles. La flamme azur du grand temple d’Ulric à Middenheim frémit tant et si bien que les hauts prêtres craignirent qu’elle ne s’éteigne. Le royaume souterrain fut balayé par une tempête aux reflets verts mordorés, des vagues gigantesques s’écrasèrent sur les falaises d’Ulthuan et au cœur des jungles de Lustrie, une pyramide se fissura de la base au sommet.


Fin de la Deuxième Partie.
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xarkhan
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MessageSujet: Re: La Prophétie de Xianglia (deuxième partie)   Dim 15 Jan 2012 - 19:41

Vraiment terrible, un plaisir à lire.
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MessageSujet: Re: La Prophétie de Xianglia (deuxième partie)   

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La Prophétie de Xianglia (deuxième partie)
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