Le Forum des Gueulards

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 La Prophétie de Xianglia (première partie)

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Eminar
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MessageSujet: Re: La Prophétie de Xianglia (première partie)   Sam 12 Nov 2011 - 8:05

Merci pour les explications !

Tu as l'air vraiment balèze sur le fluff de Warhammer, et ça se ressent d'autant plus dans ton histoire.
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Haghar Tripes-de-Feu
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MessageSujet: Re: La Prophétie de Xianglia (première partie)   Sam 12 Nov 2011 - 19:53

Merci beaucoup !

J'ai une connaissance globale car cela fait 14 ans que je joue toutes les armées (ou peu s'en faut), 5 ans que je maîtrise le JDR Warhammer et j'ai lu pas mal des romans (surtout les Gotrek & Félix). Tout cela aide pas mal Very Happy


Allé, je m'atèle au chapitre 9.


Haghar.
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Haghar Tripes-de-Feu
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MessageSujet: Re: La Prophétie de Xianglia (première partie)   Dim 13 Nov 2011 - 12:52

Bonjour les Geulards,

Voici le chapitre 9. Bonne lecture.


Haghar.


X X X X X



Chapitre 9


Le gor de tête s’effondra en bêlant de douleur, deux flèches plantées dans son torse. Johan courait déjà entre les arbres, serrant sa roche si fort que ses jointures blanchirent. Sa lourde robe de bure et le relief accidenté du sous-bois le ralentirent grandement, si bien que Tal’var le rattrapa en quelques secondes. Deux gors jaillirent devant l’initié qui se jeta sur le côté, esquivant de justesse la hache. L’acier tranchant s’enfonça dans le bois d’un vieux chêne. Le deuxième monstre tenta de clouer au sol Johan de sa lance courte.
L’acier enchanté de la lame elfique fit hurler le vent nocturne, avant de sectionner le manche de l’arme. D’un revers, il ouvrit une plaie béante à la gorge de l’homme-bête, un sang sombre s’écoulant à grands flots. Le premier gor ahana en tirant sur son arme. Le bois craqua et la hache fut libérée à temps pour parer Hurlevent. Beuglant son défi au ciel piqueté d’étoiles, le serviteur des Dieux sombres repoussa l’elfe avant d’asséner un puissant coup qui s’écrasa sur son adversaire. L’acier mordit douloureusement la hanche de Tal’var. la cotte de cuir du rôdeur avait heureusement subit la plupart des dommages. L’elfe chuta sur une racine, et se retrouva sur le dos, le gor le dominant de toute sa hauteur, hache levée.

- Pour Sigmar !

Le hurlement de Johan surprit le gor autant qu’il surprit l’elfe. La roche s’écrasa sur l’échine du monstre qui lâcha son arme sous la violence de l’attaque. Bien que blessé, l’elfe en profita pour faucher les jambes de son adversaire. Le gor, furieux, se remit sur ses pattes et d’un coup de tête, repoussa l’elfe contre un arbre avant de saisir à la gorge l’initié. Se défendant bec et ongles, Johan suffoqua vite, à quelques pas du sol, tenu à bout de bras par le monstre.
Tal’var saisit Hurlevent, et dans le même mouvement, se releva et asséna un coup sur le bras musculeux. Le gor lâcha Johan mais n’eut pas le temps de lever son arme. Hurlevent déchira le tabard et perça les mailles de la cotte de métal avant de s’enfoncer dans le torse du monstre, déchirant ses poumons. Privé d’air et blessé, le gor s’effondra.
Johan essuya le sang qui lui coulait dans les yeux tout en avalant goulument l’air. Sa gorge enflée était douloureuse, mais l’initié conserva son clame, remerciant Sigmar. Un son de cor déchira le silence relatif de la nuit. Les gors se rapprochaient et, pire, le reste de leur harde. Des aboiements accompagnaient les hurlements stridents de monstres de la forêt.

- Ils sont trop rapides, souffla l’elfe, et trop nombreux.
- Que faisons-nous ?
demanda l’initié, prêt à mourir au combat.
- Je ne sais pas, avoua Tal’var, je…

Un bourdonnement interrompit le rôdeur. Hurlevent vrombissait doucement, une lueur diaphane illuminant les arabesques venteuses de sa lame. Tal’var plongea son regard dans les reflets argentés et carmin de l’arme, le sang du gor souillant encore l’acier elfique.

- Je sais où aller… murmura l’elfe, distant. Suis-moi Johan.

L’initié suivit tant bien que mal l’elfe au travers du sous-bois. Les hurlements des créatures tout autour de lui se firent plus proches, nombreux et insistants. Des dizaines d’yeux rouges brillaient dans la nuit et à plusieurs reprises, il ne dû sa survie qu’aux sens exacerbés de l’elfe ; des bande d’ungors passèrent devant eux sans les voir. Mais quand deux chiens de la taille d’un poney, leur fourrure hirsute laissant place à des écailles sur les pattes arrières et la queue, les fugitifs durent accélérer.
Tal’var se retourna, prit un instant pour viser, et libéra sa flèche. Le projectile toucha sa cible mais rebondit sur le cuir épais du chien monstrueux. Une seconde flèche faucha le monstre. Johan continua sa course effrénée qui se termina dans une mare nauséabonde, peu profonde.
Relevant la tête, Johan aperçut des arbres torturés, sans feuille, et à l’écorce grise. Le sol était recouvert d’eau stagnante, et une végétation particulière s’étendait à perte de vue. Des nuages de moustiques bourdonnaient d’impatience. Un serpent se laissa glisser sur l’eau et nagea vers une proie sans défense. Un marécage.Tal’var rejoignit l’humain en silence. Le vrombissement de l’épée elfique s’accentua.

- Nous sommes perdus ? demanda Johan en s’extirpant de la vase.
- Oui et non, souffla l’elfe, Hurlevent m’a conduite ici. Je ne sais pas grand-chose de ce marais, toutes les créatures douées d’un tant soit peu d’intelligence semblent l’éviter.
- Les hommes-bêtes ne nous suivront pas, alors ?
- En effet. Mais je sais que ce marais se situe au sud de Marienburg. Le traverser nous permettra de rallier ta ville.


Johan médita un instant. Ce marais l’intriguait. Il lui semblait avoir lu quelque chose à son sujet dans les livres de l’église, mais à sa grande honte, il ne se souvenait plus de quoi. L’elfe profita de cette pause pour nettoyer sa plaie à la hanche. Sans son armure, la hache du gor l’aurait blessé jusqu’à l’os.
La forêt derrière eux bruissait des monstres lancés à leur poursuite. Tal’var se fit plus sombre, en repensant aux ungors, vêtus et armés comme les gors. Il ne s’agissait définitivement pas d’hommes-bêtes ordinaires. Malgré lui, l’elfe frémit.
Johan se releva et, sans un mot, suivit l’elfe dans le marécage. Un crapaud énorme le toisa longtemps avant de sauter dans la mangrove. Insectes et reptiles s’égaillèrent à l’avancée lourdaude de l’initié, sa robe pesant plus lourd à mesure qu’elle buvait l’eau saumâtre. Tal’var quant à lui semblait plus léger qu’une feuille morte, grimpant sur les troncs abattus ; arc en main, sa vigilance était extrême.
Très vite une brume dense s’éleva du sol, si bien que l’eau ne fut plus visible. D’étranges lueurs stagnaient au-dessus de trous d’eau. Des feux follets. L’elfe fit signe à son compagnon de els éviter, et ils continuèrent à suivre les vibrations d’Hurlevent.
L’aube éclaira quelque peu le ciel, sans vraiment modifier la luminosité du marécage. Avec la chaleur relative du matin, la brume se dissipa doucement, révélant les formes plus torturées encore des arbres morts. Frigorifié et trempé, Johan ignora les piqûres de moustiques et les formes qui serpentaient entre ses pieds, concentré sur ses prières à Sigmar. Empli de ferveur, l’initié faisait preuve d’une endurance épatante aux yeux de l’elfe.

- Tal’var, murmura l’humain, je sens quelque chose…
- Ouvre les yeux Johan, je crois savoir ce que tu ressens…


Le jeune homme ouvrit les yeux qu’il ne se rappelait pas avoir fermé. Au travers de la brume matinale, il aperçut une forme élancée et sombre, qu’il prit d’abord pour un rocher. Quelques pas plus tard, il se retrouva face à une chapelle faite de pierre et au toit pointu en ardoise. Des vitraux reflétaient les rares rayons de soleil. Une comète à deux queues à l’aspect doré ornait le fronton d’une double porte de bois vermoulu. Un temple de Sigmar.

* * *

Aurélia se leva de table, essuyant délicatement ses lèvres pleines. Miguel coula un regard de reproche à l’assiette de sa sœur ou refroidissait un repas à peine entamé. Mais la jeune femme n’avait pas le cœur à se nourrir. Elle savait que cette nuit, le maître des lieux allait décider de son futur. Soit elle serait acceptée en tant qu’élève du collège de Marienburg, soit on lu interdirait l’usage de la magie. Les lois impériales ne souffraient aucune entorse, aucune dérogation ; et un sorcier non autorisé se verrait à jamais surveillé par le conclave et le clergé de Sigmar. Au moindre doute, il finirait sur un bûcher. Perspective d’avenir qui ne seyait pas un instant à la jeune noble.
Le diestro avait quant à lui fait honneur à son hôte absent, la nourriture délicieuse se rapprochant plus de ce dont il avait l’habitude. De la viande fine, des légumes et de la sauce épicée, le tout arrosé d’un vin tiléen de luxe. Des semaines en mer avaient mis à mal, non son estomac, mais son palais. La suite de la soirée n’augurait cependant rien de bon pour l’estalien, forcé de laisser sa sœur avec leur étrange hôte. Depuis le début de leur traversée, Miguel de Llopa savait pertinemment qu’il devrait laisser sa sœur avec les mages impériaux, et que les portes du collège resteraient closes pour lui. Cela ne lui plaisait pas du tout.
C’est donc dans une ambiance tendue que le majordome entra dans la grande salle, désolé de voir les merveilleux plats à peine touchés par la dame de Llopa.

- Dame Aurélia, si vous voulez bien me suivre, Maître Heinrich va vous recevoir.

La sœur de Miguel se leva et embrassa les joues de son frère. Puis elle lissa sa robe déjà impeccable, et suivit respectueusement le majordome, laissant le diestro seul. Miguel resta un instant sans rien faire, puis avisant la carafe de cristal, se fit pour devoir de vider son contenu pourpre aux accents de la lointaine Tilée.

* * *

Ixli se réveilla dans les plus sombres ténèbres. L’arrière de son crâne le lançait encore, bien qu’il sut que sa blessure était déjà régénérée. Il se trouvait sur une pierre froide et humide. Quelques brins de paille pourrie jonchait le sol de ce qui s’avéra être une cellule sans fenêtre et à la porte solidement fermée. Le skink se sentait faible. Le talisman avait disparu. Ensommeillé par le froid, le petit homme-lézard tâtonna dans sa prison à la recherche d’une issue. Il ne trouva qu’une écuelle ébréchée dans laquelle pourrissait un gruau horrible. Le prêtre mangea malgré lui, affamé ; une fois ses forces revenues, il pourrait se libérer et s’échapper.
Un long moment s’écoula sans qu’il ne se passe quelque chose. Une porte s’ouvrit, laissant filtrer un brouhaha lointain. Un pas rapide, celui d’un homme aux bottes ferrées, retentit de l’autre côté de la porte. Le judas de bois s’ouvrit, libérant une chiche lueur vite obscurcie par la tête du nouveau venu.

- Ah bah t’es réveillé l’mutant, c’pas trop tôt ! Tu vas t’battre ce soir, alors t’as le droit à plus de bouffe… pour c’que ca va t’servir, ricana l’homme.

Un autre judas, au niveau du sol, s’ouvrit et une écuelle fut propulsée sur les dalles de pierre, la moitié de son immonde contenu se répandant sur le sol. L’humain se retourna vers une autre cellule, laissant le judas du haut ouvert. Le skink escalada la porte, et s’accrocha aux barreaux. Deux autres hommes, armés, encadraient le premier. Ils déverrouillèrent les nombreux verrous de la cellule, qui s’ouvrit sur une imposante forme. Ixli écarquilla les yeux de surprise ; un saurus.
Le chaman esquissa l’égal d’un sourire. Trois pauvres humains ne tiendraient pas plus d’une passe d’armes face à un puissant guerrier. Mais le saurus ne bougea pas. Tête baissée, avachi sur sa paillasse, il laissa l’un des gardes vérifier ses fers. Là encore, le guerrier reptilien ne fit rien pour se défendre. Ses écailles bleues avaient terni. Elles étaient ébréchées en de nombreux endroits et un de ses yeux était crevé. Le saurus souffrait d’une maladie inconnue du skink. Mais même blessé, et malade, un saurus ne se serait jamais laissé faire par ces trois humains. Son esprit guerrier était brisé.
Quand les gardes furent partis, Ixli tenta de parler avec son compatriote. Il ne reçut que quelques sifflements fatigués pour toute réponse. Abandonnant l’idée d’être secondé par le guerrier, il chercha un moyen de s’échapper. Mais le froid et les privations l’empêchèrent de tisser les vents de magie qu’il distinguait difficilement, aussi cessa-t-il ses tentatives. Une erreur pouvait lui être fatale.
Exténué, le skink s’endormit.

* * *

- Un temple de ton Dieu je crois, chuchota Tal’var.
- Une chapelle en effet, abandonnée. J’ai lu quelque chose à son sujet.
- Si Hurlevent nous a mené ici, ce n’est pas pour rien.


Johan hocha la tête. Ramenant ses robes détrempées près de lui, il se hissa hors de la vase et gravit le monticule de terre moussue sur lequel était sis l’imposante chapelle. Le vent soufflait, plainte sinistre répondant aux coassements lugubres des crapauds à cornes. L’elfe emboita le pas à l’initié, jetant un dernier regard en direction de leurs ennemis. Les hommes-bêtes n’avaient a priori pas suivi les compagnons.
Les portes grincèrent, et l’écho lugubre résonna dans la grande nef. Des chauves-souris s’envolèrent par une fenêtre jadis fermée par un vitrail. Des bancs de prières pourrissaient sur des dalles sombres où la nature avait repris ses droits. Les lueurs du jour éclairèrent les vitraux, révélant des scènes pieuses, de combats contre des démons et des symboles sigmarites. Des bas-reliefs décoraient les colonnes ébréchées, les braseros, torchères et l’autel. La peinture s’écaillait en une mosaïque aux couleurs passées.
Exténué, Johan ne sombra dans un sommeil réparateur qu’après avoir adressée une fervente prière à Sigmar. Tal’var fit un feu près de l’initié, et s’assis sur la base d’une colonne brisée, les yeux tournés vers la porte.
Dans l’air humide du marais, il lui sembla entendre milles dangers, attendant la nuit pour surgir. Emmitouflé dans sa cape, il se laissa aller et s’endormit à son tour.

* * *

Volgan soupesa la hache que lui avait donné l’homme de main du Capitaine. Le tranchant était dentelé, et son manche finissait par un crochet acéré. Ce même homme qui avait insisté pour qu’il se peigne des peintures de guerre norses sur le visage et les bras. D’après lui, les notables présents étaient friands de ce genre de folklore.
Le norse ramassa le bouclier rouge porteur d’une tête de taureau noire. La foule de l’autre côté de la porte poussait des hurlements d’encouragement, et on entendait à peine les ceux des gladiateurs. Un cri de douleur retentit puis la foule explosa de liesse, acclamant le vainqueur qui passa devant Volgan, un sourire fatigué sur son visage. Du sang coulait de nombreuses blessures. Le berserk fronça les sourcils en voyant des hommes traîner le cadavre d’un mercenaire kislévite.

- Oh le barbare ! C’est à toi !

Volgan respira profondément et entra sous les lueurs de dizaines de torches crachotantes. Des centaines de visages hurlaient autour de lui, la foule massée autour de l’arène improvisée. Des hommes et femmes de toutes classes sociales criaient leurs paris, encourageant ou maudissant le norse. Certains le regardaient en souriant, d’autres dédaigneux, d’autres encore visiblement terrifiés par le barbare du nord.
Le Capitaine saisit un mousquet et tira. La détonation se répercuta dans toute la grande salle située profondément sous le sol de la taverne. Une seconde porte s’ouvrit et on poussa ce que Volgan prit tout d’abord pour un paysan malingre. Mais quand ses yeux détaillèrent son adversaire, il aperçut les longs pics couvrant son corps et se dressant à la vue du barbare. Ses yeux reflétaient une peur sans nom. Un mutant.
La haine crachée par la foule finit de terrifier le mutant. Le regard du Capitaine croisa celui de Volgan, lui faisant comprendre qu’il avait tout intérêt à combattre. Le mutant engagea les hostilités, répondant à un instinct chaotique. Levant le poing, il propulsa une volée de pics noirs qui se plantèrent dans le bouclier du norse. Ce dernier gronda une malédiction, frappant sa hache contre le bouclier. Il chargea et frappa. Son adversaire recula en hurlant, l’arme tranchant les pics de son visage. Un second coup brisa la clavicule droite dans une gerbe de sang et d’os. Dans sa rage, le berserk continua à frapper sans discontinuer le mutant qui, depuis longtemps, avait rendu son dernier soupir.
Lorsque Volgan reprit ses esprits, il vit avec horreur le regard si humain et malheureux de la carcasse sanguinolente à ses pieds. La foule rait et criait son nom. Le Capitaine appela au silence, sa grosse voix résonnant comme son tir de mousquet.

- Notre nouveau guerrier est un tueur de mutants ! Mais je pense que toutes et tous avez été frustrés de la rapidité du combat… aussi j’appelle un second adversaire ! Un mage de surcroît, et vos gains seront doublés !!

Nobles et paysans, bourgeois et marchands, tous frappèrent le sol de leur assentiment. Volgan, prit au jeu, brisa de son arme les pics encore plantés dans son bouclier et salua son public. On fit entrer un nouveau mutant, beaucoup plus petit, aux allures de reptile, clignant des yeux sous la soudaine lueur.
Ixli savoura malgré lui la chaleur de l’arène et ses yeux s’habituèrent difficilement au feu des torches. Sur ses gardes, le skink vit deux choses. La première était l’humain crasseux, au premier rang, qui l’avait capturé. Autour de son cou, il portait son collier de plumes rouges, le talisman qui lui permettrait de supporter les rigueurs du climat du vieux monde. La seconde fut l’énorme barbare couvert de peintures de guerre, à la hache ensanglanté qui le toisait. Un éclair passa dans les yeux du chaman et il lui sembla entendre Itili-Chotek. Le barbare fut alors auréolé de bleu.

- Un des Elus… souffla le chaman.


A suivre…
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xarkhan
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MessageSujet: Re: La Prophétie de Xianglia (première partie)   Dim 13 Nov 2011 - 19:34

Toujours aussi bien. On attend la suite avec impatience.
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MessageSujet: Re: La Prophétie de Xianglia (première partie)   Dim 13 Nov 2011 - 19:51

Oups, je croyais avoir déjà commenté...
Comme au-dessus, on attend la suite. D'ailleurs tu écrit vraiment vite ! Ton rapport temps/qualité est juste démentiel !
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Haghar Tripes-de-Feu
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MessageSujet: Re: La Prophétie de Xianglia (première partie)   Dim 13 Nov 2011 - 20:53

Merci à vous deux... et ça me fait toujours autant plaisir d'avoir des retours ^^

En fait, j'écris pendant que la peinture sèche (et elle a beaucoup de temps pour sécher, aussi la dite peinture n'avance que très lentement, mais cela est une autre histoire.).

Je continu, content que cela vous plaise encore.


Haghar.
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Haghar Tripes-de-Feu
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MessageSujet: Re: La Prophétie de Xianglia (première partie)   Dim 13 Nov 2011 - 23:55

Je multiplie les doubles-posts, et c'est mal ^^

Voici le chapitre 10. Bonne lecture les amis (et bonne nuit Smile ).


Haghar.


X X X X X



Chapitre 10


Le majordome s’inclina devant la sorcière, en lui désignant un long escalier descendant sous le châtelet, éclairé de globes luminescents. Rabattant sa capuche sur son beau visage, Aurélia descendit lentement, se préparant aux inévitables épreuves que l’énigmatique Maître Heinrich allait lui opposer. Seul le froufrou de sa toge brisait le silence de l’antichambre richement décorée.
Une porte gravée de symboles cabalistique s’ouvrit sur une grande salle ronde. L’estalienne s’avança, découvrant une impressionnante roue de magie sculptée et peinte au sol. Tous les vents de magie y étaient représentés. L’Aethyr au complet : Hysh le vent de lumière, Azyr le vent des cieux, Chamon le vent du métal, Ghyran le vent de la vie, Ghur le vent des bêtes, Aqshy le vent du feu, Ulgu le vent de l’ombre et Syish le vent de la mort. Chacune des huit dalles arborait la couleur du vent et son symbole, sculpté en relief dans une roche noire brillante.
Et devant chaque dalle, une silhouette encapuchonnée se tenait la tête baissée, dissimulée sous une capuche. Aurélia sentit son sens de la magie revenir et elle aperçut chacun des vents de magie entouré le mage correspondant avec force. Le Conclave de Marienburg. L’homme vêtu de bleu profond et d’or s’avança dans la lumière du globe accroché au plafond.
Un homme grand et mince, aux yeux si pâles qu’ils parurent blancs au regard de la jeune femme. Ses longs cheveux blancs également descendaient sur ses frêles épaules et touchaient presque le sol. Une rune en forme de croissant de lune brillait sur son front d’une faible lueur bleutée.

- Soyez la bienvenue ma chère dans ma demeure. Mes confrères et moi-même sommes ravis de vous rencontrer enfin.
- Tout l’honneur est pour moi,
souffla Aurélia, intimidée, je ne pensais pas intéresser tant de seigneurs.
- Oh vous êtes bien plus importante que vous ne le pensez. Cependant, afin de convaincre ceux d’entre-nous… disons, les plus sceptiques, nous devons voir ce que l’Aethyr pense de vous. Et cela nous permettra de savoir à quelle voie vous vous destinez.
- Peut-être a-t-elle déjà fait son choix
, hasarda la voix douce de la femme vêtue de blanc.
- En effet magister, répondit Aurélia, je me dirige vers Ghyran.
- Voyons cela,
reprit Heinrich en prenant sa place. Veuillez vous placer au centre de la roue, et ouvrir votre troisième œil.
- Mon… mon sens magique semble inhibé en ce lieu.
- Les défenses de la demeure sont ici levées. Laissez-vous aller.


Les mages commencèrent à fredonner une mélodie qui se mua en une psalmodie sourde, à la limite des sens humains. Aurélia avança dans la lumière, rabaissant sa capuche. Sans savoir comment, elle rejoignit la chorale, bien que ne connaissant aucune de ces énigmatiques paroles. Paroles qu’elle oubliait sitôt qu’elle les prononçait. Son troisième œil s’ouvrit soudainement.
L’Aethyr grondait autour d’elle, les huit vents de magie s’engouffraient dans chaque mage, dans les dalles qui pulsaient d’énergie et filaient vers elle. Le chant se modifia et seule la voix d’Heinrich retentit. Les volutes bleutées d’Azyr, parcourues d’éclairs blancs, s’enroula autour d’Aurélia qui se mit à flotter. Ses cheveux se dressèrent quelque peu autour d’elle sous l’électricité ambiante. La jeune femme entrevit des futurs probables, sentit chaque nuage au-dessus de Marienburg, chaque goutte de pluie qui filait vers les pavés de la cité marchande. Mais un éclair plus fort la percuta. Si cet éclair avait été réel, l’estalienne aurait finie brûlée à mort. Heinrich se tut et Aurélia sentit ses pieds touchés le sol.
Les mages du feu, de la bête et de la vie enchaînèrent le même rituel. Et à chaque tentative, le vent de magie refusa Aurélia. Vint finalement la thaumaturge vêtue de blanc et d’argent, représentant le Collège de la Lumière. Hysh baigna le corps d’Aurélia d’une douce lueur blanche. Ses yeux s’illuminèrent et elle se vit incinérer dans une gerbe de clarté absolue des légions de démons ricanant et hurlant. Un flash. Elle se vit repousser par sa seule voix des hordes de cadavres titubants aux ordres des noirs nécromanciens. Hysh s’infiltra dans le corps et l’esprit de la jeune femme.
L’estalienne ouvrit ses yeux. Devant elle, seuls restaient Heinrich et la femme en tenue d’albâtre. Les autres membres du Conclave s’étaient retirés sans un mot. Aurélia respira vivement, sentant la puissance du vent de lumière dans la moindre parcelle de son être. Sa toge jadis verte avait viré au blanc le plus pur.

- Bienvenue chez les hiérophantes de Marienburg et de l’Empire.
- Nous devons vous parler d’une prophétie dame Aurélia,
reprit Heinrich. Vous et votre frère êtes attendus depuis longtemps…

* * *


Un bruissement d’ailes tira l’elfe de son sommeil. Tal’var leva les yeux à temps pour voir fondre sur lui une créature de cauchemar. Une femme nue d’une grande beauté aux pieds remplacés par des serres acérées. De ses omoplates jaillissaient deux grandes ailes membraneuses noires, tranchant avec la pâleur cadavérique de sa peau ; une harpie. Le monstre tenaient ses bras devant elle, de longes griffes remplaçant ses ongles.
L’elfe entendit également le bruissement de la robe de bure de son compagnon. Johan se plaça devant lui, tenant à deux mains un impressionnant marteau. Il asséna un coup de bas en haut qui faucha la créature, l’envoyant rouler dans la vase.
Quatre autres monstres hurlèrent à la vue de leur sœur, et entreprirent de la venger… et de se repaître des deux compagnons. L’elfe réagit avec la vélocité propre à son peuple, et saisit son arc. Une flèche troua la peau sombre de l’aile d’une des harpies, qui dériva vers le marécage. Une autre se planta dans le poitrail d’un second monstre qui mourut avant de sombrer dans un trou d’eau.
Johan frappa, mais la harpie esquiva. Ses longues griffes tracèrent de longs sillons carmin sur le visage de l’initié qui serra les dents face à la douleur. Du manche de son arme, il frappa la tempe de son adversaire qui fut contrainte de toucher sol. Hurlevent lui perfora le cœur. Bandant son arc, Tal’var prit le temps de viser. A travers la brume crépusculaire et les arbres morts, il tira. Le mortel projectile trouva la harpie blessée.

- Ils nous ont retrouvés, semble-t-il, murmura l’elfe. Merci Johan, je te dois encore la vie.
- Je ne pense pas qu’il soit nécessaire de compter les fois où nos vies sont sauvées par l’autre. Sigmar a jugé bon de nous rapprocher, et dans sa grande sagesse, nous sommes encore en vie grâce à cela.
- Tu manies le marteau avec efficacité.
- L’Eglise nous enseigne son saint maniement. Il est gravé de textes religieux,
reprit Johan après un silence, et cela serait un blasphème que de le laisser ici. Je le rapporterai à mon temple.
- Ton dieu te l’a peut-être destiné…
chuchota l’archer.
- Peut-être, oui, souffla l’initié.

La nuit tombant, les deux compagnons refermèrent les portes. Tal’var observa son carquois. Seules restaient deux flèches. Johan, réveillé une heure plus tôt, avait fait le tour de la chapelle. Il y avait trouvé le marteau à deux mains derrière l’autel. L’autel sur lequel reposait un impressionnant volume de parchemins relié de cuir.
L’humain expliqua à l’elfe que le prêtre ayant rédigé ces lignes avait visiblement le don de double-vue. Les inquisiteurs le menacèrent de la peine des blasphémateurs alors qu’il prophétisait la venue d’élus de différentes races, peuples et croyances, et qui œuvreraient contre le Mal absolu, celui qui couvait au plus profond des Royaumes du Chaos.
Tout en expliquant ce qu’avait rédigé le prêtre, Johan désigna un à un les vitraux. Sur l’un d’eux, un œil blanc stylisé foudroyaient de ses éclairs elfes, nains et humains. Un autre représentait des symboles impies et ceux des divinités humaines et elfes s’embrasant sous un soleil blanc.

- Mais les Elus se trouveront, et par la volonté de Sigmar, empêcheront le Mal d’éclore de son immonde œuf, vidant ses entrailles sous la sainte punition des flammes, récita Johan en désignant un vitrail brisé. Je suppose que ce vitrail représentait les Elus.
- Des Elus…
souffla l’elfe. Des Elus de l’Ordre.
- Je suppose oui, mais je ne…


Une plainte déchirante résonna dans la nef, semblant se répercuter contre chaque bas-relief, chaque statue et chaque mur du bâtiment. Johan saisit son marteau en reposant le livre sur l’autel. Hurlevent dégainée, Tal’var vit avec stupéfaction une chaîne s’auréoler d’un halo vert phosphorescent et s’envoler avant de verrouiller les portes de chêne.
La plainte se répéta, mais moins diffuse. Devant les portes fermées se concentra une lueur identique au halo des chaîne, représentant une vague silhouette humanoïde. L’apparition sembla absorber les lueurs crépusculaires et celle, plus chaude, du feu ranimé par l’humain. Elle se mua en un chevalier en armure complète, frappée du sceau des saints guerriers de Sigmar et des ordres inquisitoriaux. Il tenait à une main une lame de six pieds de longs, un espadon qui s’enflamma.

- Le saint répurgateur qui fut envoyé pour… enquêter sur le prêtre de cette chapelle.
- Il semble avoir fait plus qu’enquêter,
souffla Tal’var en levant son épée.
- Et je pense qu’il ne veut pas que les pensées du prêtre ne quittent cet endroit.

L’elfe fit un pas en avant. Une goutte de sueur glacée glissa le long de son échine. Car jamais il n’avait affronter un spectre.

* * *

Volgan leva sa hache en hurlant. Le skink vit la mort fondre sur lui, tout en muscles et en fureur. Il se jeta entre les grandes jambes du colosse qui enfonça son arme dans le sol de l’arène. On avait donné à l’homme-lézard une lance courte. Il tenta de faucher le géant, mais ce dernier se retourna trop vite, l’écume aux bords des lèvres.
Le skink vit le temps se figer. La puissance de son adversaire le terrifiait. Comme figé, le norse se tenait au-dessus de lui, prêt à asséner un coup fatal au prêtre. Derrière la haute stature du barbare, Ixli fut surpris d’apercevoir la silhouette bien connue et déjà regrettée d’Itili-Chotek, le seigneur slann qui avait vu naître la portée du skink. La dernière de la cité-temple.

- Ma…Maître ? hasarda le skink, vous…
- Je suis mort jeune prêtre,
répondit l’apparition, mais seul mon corps a sombré dans les ténèbres. Mon esprit perdure, attachée à quelques ancres dont tu fais partie.

Le chaman chancela sous l’honneur que lui faisait le puissant esprit du slann. Itili-Chotek émit ce que le petit homme-lézard prit pour un gloussement. Puis son esprit sembla s’échapper de sa tête, comme un fleuve porté par la main divine du slann. Il percuta la fureur de celui de Volgan, douchant sa rage dans la fraîcheur des eaux spirituelles.
Le norse fut comme frappé par la foudre et se retrouva à terre, sonné. Le temps reprit son cours, et avec, l’incessante haine assourdissante de la foule massée autour de l’arène. Le Capitaine jeta un regard noir au norse qui se relevait doucement, visiblement décidé à ne plus attaquer le petit mutant aux airs de batracien.

- Tuez-les tout les deux, cracha le Capitaine à l’attention de ses gardes, et vite !

Les spadassins sautèrent dans l’arène, déclenchant la fureur extatique du public. Public avide de sang, qu’il soit celui d’un mutant, d’un barbare ou d’un impérial. Les hommes du Capitaine brandirent masses, épées et couteaux. Malgré lui, Ixli lâcha un coassement de terreur.
Sans s’en rendre compte, cette peur emprunta les vents de magie jusqu’aux cellules. Une cellule en particulier, plongée dans le noir. L’œil valide du saurus s’ouvrit, enflammé d’une fureur qu’il ne l’avait plus habitée depuis des années mais que son corps avait toujours abrité. Un prêtre skink était en danger. Le plan des Anciens était en danger. Sifflant sa rage, le puissant guerrier brisa l’acier de ses fers, et dans le même mouvement, défonça la porte de bois. D’un puissant coup de mâchoire, il mit fin à la vie du geôlier. Le goût du sang chaud termina de ranimer ses souvenirs enfouis sous les privations et l’esclavage.
L’arène fut prise dans un chaos sans nom lorsque l’une des portes vola en éclats. Les spadassins se retournèrent face à l’imposant homme-lézard qui déchiqueta chair et armure de ses griffes, brisant les os de sa queue et fauchant la vie des impériaux de sa mâchoire préhistorique.
La foule, voyant les gardes de leur hôte mourir les uns après les autres, s’égaya en un chaos indescriptible, pire que les plus grandes émeutes d’Altdorf. Le Capitaine hurla ses ordres, fauchant pauvres et riches de son sabre, se libérant un passage. Il aligna son mousquet sur la bête enragée libérée dans son arène. La balle de plomb fit exploser la cervelle du saurus qui finit pourtant de lacérer un ancien sergent de Marienburg.
Quand l’arène fut finalement vidée de ses occupants, le Capitaine compta les morts en même temps que les couronnes d’or qu’il venait de perdre. Il aurait sa vengeance. Mais le petit mutant écailleux et le barbare à l’origine de cette pagaille avaient disparus…

* * *

- Nous devons partir !

Aurélia marchait d’un pas rapide, ses yeux cillant rapidement, preuve qu’elle réfléchissait à de nombreuses choses. Miguel s’était levé à son entrée fracassante dans la grade salle. Le vin tiléen tambourinait encore dans sa tête et son estomac, mais l’épéiste savait se dégriser quand sa sœur requérait son aide. Sans poser de question, il ramassa ses affaires, et suivit sa sœur dans la nuit noire. Il se demanda cependant pourquoi les robes estaliennes de sa sœur étaient devenues blanches.

* * *

Le spectre s’avança en levant son épée. L’elfe fondit sur lui comme l’aurait fait un faucon, prenant appui sur une colonne. Le chevalier revenant disparut pour réapparaître derrière son adversaire. Sa main libre saisit la nuque de Tal’var et il le souleva comme s’il n’avait rien pesé. Ses traits gracieux se creusèrent à mesure que son essence vitale était ingérée par le mort sans repos.
Johan chargea en hurlant le nom de son dieu. Le lourd marteau percuta le spectre au niveau de la plaque dorsale de son armure. Mais l’arme traversa le chevalier sans le toucher et Tal’var ne dût sa survie qu’au savoir martial du jeune humain, ce dernier déviant son coup au dernier moment.

- Il faut de la magie pour l’abattre ! gémit Johan.
- Khaine, donne moi la force d'abattre en ton nom mon ennemi, grinça le rôdeur en eltharin.

Le spectre lâcha l’elfe et se tourna vers le sigmarite, levant son épée à deux mains. L’initié trébucha sur ce qui fut un banc de prière, échappant à une mort gelée. Hurlevent s’interposa et l’acier enchanté para la lame spectrale. Tal’var et le revenant entamèrent alors un ballet mortel, parant, feintant est esquivant. Seul problème : l’adversaire de l’elfe ne se fatiguerait pas.
Johan laissa son arme au sol et rampa jusqu’à l’autel. Saisissant le livre du prêtre, il passa les notes de ce dernier pour atteindre des parchemins enluminés, certainement arrachés à d’autres ouvrages, un sacrilège. L’initié pria Sigmar de le pardonner, et posa les yeux sur des textes que seul un grand prêtre pouvait lire. Sans le voir, il entendait son compagnon jouer sa vie à chaque mouvement, chaque passe d’arme. Puis il la vit. Une prière d’exorcisme.
Johan prit le livre ouvert dans le creux de son bras et brandit de sa main libre son pendentif, une comète à deux queues en métal.

- Humiliter majestati gloriae tuae supplicamus
Exorcizamus te omnis immundis spirictus
Terribilis Sigmar de sanctuario suo !!


Le revenant sembla augmenter en intensité puis disparut dans une gerbe de flammes éthérées. L’elfe se reposa sur un banc miraculeusement intact, essoufflé de son combat contre le mort-vivant. Johan s’effondra au sol, les mains jointes en une prière d’excuses et de remerciements.
Au loin, un cor sonna.


A suivre…
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Eminar
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MessageSujet: Re: La Prophétie de Xianglia (première partie)   Lun 14 Nov 2011 - 17:51

Ah, quel plaisir ce chapitre !
Tes personnages sont bien étoffés je trouve ! Wink

A chaque fois tu arrives à terminer tes parties de chapitre pile au moment où on veut en savoir plus !

J'ai l'impression que tout tes personnages sont des élus, je me trompe ?
Mais comment tu vas faire pour rejoindre les différentes histoire ? Pensif
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Haghar Tripes-de-Feu
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MessageSujet: Re: La Prophétie de Xianglia (première partie)   Mar 15 Nov 2011 - 13:38

Bonjour Eminar, merci de tes retours toujours aussi encourageants.

Et oui, je fonctionne aux cliffhanger ^^


Merci encore de tes réponses, et si d'autres veulent commenter en bien ou en mal le récit, c'est avec plaisir Smile (et puis cela évitera mes nombreux double-posts).


Haghar.
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MessageSujet: Re: La Prophétie de Xianglia (première partie)   Mar 15 Nov 2011 - 17:07

Grumf
je suis lecteur assidu moi aussi
même si je ne marque pas forcément un message study
on dirait un suspense à la AGATHA CRISTY Wink

_________________
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Haghar Tripes-de-Feu
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MessageSujet: Re: La Prophétie de Xianglia (première partie)   Mar 15 Nov 2011 - 19:16

Bonsoir,

grumf a écrit:
je suis lecteur assidu moi aussi
même si je ne marque pas forcément un message study
on dirait un suspense à la AGATHA CRISTY Wink

Embarassed Embarassed Embarassed Merci...

Mais j'avoue que ça fait plaisir d'avoir un petit commentaire de temps en temps Very Happy comme ceux d'Eminar (merci mec !).

Bon allé, ça va pas s'écrire tout seul...



Haghar.
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xarkhan
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MessageSujet: Re: La Prophétie de Xianglia (première partie)   Mar 15 Nov 2011 - 19:19

Ouaip va bosser Green
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MessageSujet: Re: La Prophétie de Xianglia (première partie)   Mar 15 Nov 2011 - 19:59

Yop!

Depuis le début jusqu'à la...jusqu'au dernier chapitre sortie c'est un magnifique travail.
Ce genre de truc le plus décevant c'est quand même la fin( pasque c'est fini pas à cause de la scène finale) alors... rajoute des rebondissements si tu as déjà tous le scénario en tête !

Bon écriture et merci pour ça !

Le nain vert.
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MessageSujet: Re: La Prophétie de Xianglia (première partie)   Mer 16 Nov 2011 - 17:24

Bonsoir les Gueulards,

Milles mercis, ces compliments me vont droit au coeur. Je suis en train de rédiger le Chapitre 11, je pense le poster ce soir...

EDIT : et bien non, ce sera pour demain ^^


Haghar.
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MessageSujet: Re: La Prophétie de Xianglia (première partie)   Jeu 17 Nov 2011 - 9:08

Bonjour les Gueulards,


Voici comme promis le chapitre 11 ainsi que l'épilogue de la Première Partie. En espérant que cela vous plaira toujours. Bonne lecture.


Haghar.


X X X X X



Chapitre 11


Ixli courait dans le couloir souterrain, évitant les habitants de Marienburg qui fuyaient le massacre, et menaçaient de l’écraser. Le skink sentait son cœur battre à tout rompre, et l’air froid de la surface le mena au bord de la léthargie. Rares furent ceux à remarquer le petit homme-lézard, et bien que la peur du saurus fut grande, celle de frôler un mutant surpassait la pire des phobies. Le skink dû sa survie à son apparence.
Le prêtre avisa au détour d’un couloir étroit la stature grotesque de son kidnappeur. Le gros homme poussait une femme pour s’introduire dans un conduit menant aux bas-quartiers de la cité marchande. Le collier de plumes écarlates dansait autour de son cou adipeux. Les yeux du skink s’étrécirent, ses lèvres parcheminées se retroussant sur des dents acérées.
Karlo se retourna à temps pour voir fondre sur lui le chaman skink. Il reçut le petit être reptilien d’un puissant coup de pied qui envoya le prêtre rouler dans la poussière. Le malandrin se préparait à fuir lorsqu’une ombre se profila derrière lui. Quand il se retourna, Karlo se retrouva nez à nez avec le colosse de Norsca. Volgan frappa de ses deux mains les tempes du gros homme qui s’effondra au sol. Puis le berserk saisit le skink et le mit sur son épaule avant de courir vers un boyau naturel qui disparaissait dans les ténèbres, préférant ne pas risquer de rencontrer la milice de Marienburg en compagnie d’un mutant.
Alors qu’il s’enfonçait dans les ténèbres profondes, réduit à baisser la tête pour ne pas s’écorcher le crâne, le norse se demanda pourquoi il ne tuait pas ce petit mutant. Il avait sentit l’esprit de la créature sonder le sien. Il connaissait cet étrange picotement sur la nuque lorsqu’un mage sondait son esprit, le chaman de Velm usant de cela pour faire la lumière en cas de litige. Le petit être ne lui apparut pas comme un mutant, du moins pas de la façon dont l’entendent les savants de l’Empire et les Elfes. Il appartenait à une race ancienne et sage, œuvrant contre le Chaos. Contre les démons du Pôle.

- Mais comment puis-je savoir ce genre de choses ? se demanda à voix haute le berserk en regardant le skink toujours inconscient, et pourquoi sais-je que tu te nommes Ixli ?

* * *

- Tu comptes m’expliquer ? demanda Miguel.

Aurélia marchait aussi vite que lui permettait sa lourde toge aux teintes d’albâtre. Une quantité phénoménale d’informations tournoyaient dans son esprit, et la puissance tellurique grandissante en elle menaçait de la submerger. Heinrich avait fait plus que révéler le vent de magie pour lequel elle était finalement destinée. La jeune noble se sentait comme plus légère, d’un point de vue spirituel. Le mage céleste avait parlé d’un sceau à briser, mais l’état dans lequel l’avait laissé l’expérience de la roue de magie ne lui avait pas permis de comprendre, ni même de s’interroger.
Quand Aurélia avait recouvert ses esprits et sa lucidité, les trois sorciers avaient rejoint une bibliothèque tout en hauteur, ce qui avait laissé supposer à l’estalienne qu’elle se trouvait dans la tour du châtelet. Des sphères de la taille d’une tête humaine flottaient au cœur de l’édifice, ses murs couverts d’étagères où reposaient une infinité de livres, recueils, grimoires et rouleaux de parchemins. Le dôme arrondi, fait de verre, laissait voir le ciel.
Là, les deux magisters avaient présenté un grimoire, écrit par un ancien mage céleste d’un temps si ancien qu’il pouvait être contemporain de Sigmar lui-même. Ses écrits, bien que nébuleux, parlaient d’un couple d’ombres et de lumière, de fer et de magie. De nombreuses anecdotes décrivaient particulièrement la jeune femme. Aurélia frissonna en pensant à l’homme qui l’avait vu en rêve alors que des siècles le séparaient de sa naissance. Des pages étaient partiellement brûlées et, malgré les pouvoirs d’Heinrich et du Conclave, leur contenu n’avait sût être révélé.
Une enluminure rongée par les flammes laissait deviner plusieurs personnes rassemblées, et qui semblait-il, combattaient un œil nimbé de fumées noires et de colonnes sanglantes. Aurélia avait écarquillé les yeux en se voyant, vêtu d’argent et de blanc, son frère lame levée et la haute stature d’un barbare maniant une hache… Volgan de toutes évidences.
Heinrich ne savait pas pour le barbare, preuve que quelque chose, ou quelqu’un, œuvrait contre ses pouvoirs divinatoires. Il avait alors envoyé ses hommes récupérer le norse, mais ces derniers étaient revenus bredouille ; Volgan avait quitté l’auberge. Plus tard, la rumeur d’un problème dans les bas-quartiers de Marienburg, au niveau d’une taverne connue pour ses combats clandestins, avait mis la puce à l’oreille des mages. Heinrich avait alors sortit un orbe nébuleux.
Une incantation plus tard, l’image de Volgan se battant contre un mutant s’était dessinée dans la brume surnaturelle, remplacée par celle de sa fuite vers les marais au sud de la cité marchande.
Revenue aux côtés de son frère, Aurélia le précéda et sortit du châtelet. Un mage à la haute stature, vêtu d’une grande toge brune déchirée siffla. Deux destriers alezans répondirent à son appel. Sans un mot, le sorcier désigna aux deux nobles leurs montures.

- Faîtes vite, dit-il d’une voix bourrue, Aegir vous guidera…

Un corbeau croassa au-dessus des humains rassemblés. Les estaliens prirent place sur les chevaux, Miguel frissonnant en remarquant la lueur froide illuminant de blanc les yeux des animaux magiques. Le corbeau s’envola, et les chevaux suivirent.
En trombe, les cavaliers suivirent le volatile dans les rues labyrinthiques de Marienburg jusqu’à l’une de ses portes. Cette dernière était entrouverte, des hommes masqués se tenant au-dessus des miliciens inconscients. A quelques heures de l’aube, Miguel et Aurélia chevauchaient vers les marécages, embrassant leur destinée, à la recherche du barbare.

- Maudit sauvage, gronda Miguel, depuis que tu l’as repêché il ne nous arrive que des problèmes !
- Vois cela comme une aventure,
répondit Aurélia. Et dis-toi que le pire nous attend…

* * *

Volgan sortit enfin à l’air libre. La nuit froide l’accueillit, taisant la douleur d’une course effrénée dans le souterrain. Une fine pluie humidifiait l’air et, très vite, ses peintures de guerre commencèrent à couler le long de son visage et de ses bras.
Le skink s’agita quelque peu, sortant de sa léthargie. Volgan avisa un endroit au sec, un amas de rochers formant une sorte de grotte. Il y déposa le reptile et regarda longuement la petite créature du nom d’Ixli batailler contre le sommeil. Les yeux ophidiens se posèrent sur le collier de plumes rouges, à la ceinture du guerrier. Il tendit une petite main qui retomba mollement contre son corps.

- Tu veux cela… Ixli ? demanda le norse en tendant le collier qu’il ne se souvenait pas avoir pris.

Le skink hocha lentement la tête, incapable de répondre. Le barbare sembla réfléchir un instant puis, finalement, décida de lui donner le talisman. Le prêtre passa l’objet autour de son cou, et les plumes carmin s’agitèrent comme sous une brise invisible. L’homme-lézard se ragaillardit de sitôt et ses pupilles s’ouvrirent un peu plus.

- Merccci à toi, Elu… siffla-t-il en reikspiel. Tu dois être Volgan.
- Oui… comment le sais-tu ?
- Je sssais beaucoup de chossses sur toi… laissse-moi t’expliquer.


* * *

- A droite ! Saute !

Johan suivit l’ordre de l’elfe, évitant ainsi un trou d’eau noire dissimulée par les herbes hautes du marécage. Serrant contre lui l’imposant livre trouvé dans la chapelle abandonnée de Sigmar, l’initié et Tal’var fuyaient devant l’arrivée des hommes-bêtes. Bravant les superstitions et légendes du marais, la harde s’y était enfoncée à la recherche manifeste des deux compagnons.
Le son des cors résonnait, donnant la réplique aux hurlements et beuglements de la horde chaotique. Très vite, la silhouette de grands étendards de peaux et de tissus déchirés apparut au travers de la brume. De grandes créatures humaient l’air à la recherche de leurs proies.
Johan avait chassé deux larmes jumelles, quand l’odeur du feu les avait rattrapés, celui de l’incendie ravageant les restes de la chapelle de Sigmar. Les hommes-bêtes souillaient l’édifice religieux et offraient ses pierres brûlantes aux sombres Puissances de la Ruine. Seuls l’ouvrage relié de cuir et le marteau ciselé de prières avaient été sauvés.
Tal’var dépassa l’humain, et décocha dans la brume deux flèches. Les deux ungors qui s’apprêtaient à trahir leur présence s’effondrèrent au sol. Carquois vide, l’elfe tira sa lame, épiant le ciel à la recherche d’harpies. Si l’une de ces créatures les trouvait, ils seraient perdus.
Johan profita de cette pause pour reprendre son souffle. Le marteau pesait lourd dans son dos, et un mauvais pas pourrait projeter le grimoire dans l’eau saumâtre du marécage. Et son savoir serait perdu si les feuillets prenaient l’eau. L’initié avait trouvé dans ces feuilles les mémoires du prêtre Obéron Rabenmeister, les textes de sa prophétie et ses réflexions. Nombre de ces écrits suffisaient à expliquer la venue du répurgateur ; les hautes sphères impériales, nobles et cléricales, y étaient accusées de dissimulation, de corruption et de trahison. Certains préceptes sigmarites, notamment, y étaient décryptés comme autant d’oraisons aux dieux noirs. Mais Johan ne voulait pas détruire cet ouvrage. Il souhaitait le comprendre, car malgré lui, il se sentait proche en pensées de ce prêtre et de ses avis sur le clergé.
Un gor surgit de la brume, lance levée. L’initié sauta pour esquiver son assaillant qui croisa le fer avec l’elfe quelques secondes avant de rendre son dernier cri, ses yeux rouges maudissant l’elfe. Ce dernier arracha une amulette impie en acier noir, représentant un œil. Johan s’approcha et compara le talisman et les enluminures du grimoire. L’œil était identique à celui des tabards des monstres. Obéron semblait craindre plus que tout cet œil, qui menaçait d’embraser le monde.

- Nous devons aller à Marienburg, souffla l’initié. Au temple, les prêtres seront quoi faire.
- Ces mêmes prêtres qui ont envoyé ce répurgateur assassiner le prêtre…
- Je sais Tal’var. Mais que faire d’autre ? Les elfes seraient-ils plus enclins à écouter les paroles d’Obéron, à nous écouter et à prendre ces textes blasphématoires comme réels ?
- Non…
avoua l’elfe, plus sombre. Sortons de ce marais, nous aviserons après.

Johan arracha le tabard du cadavre du gor, se signant à chaque fois que ses mains frôlaient la fourrure rêche de la créature honnie. Puis il enveloppa le grimoire avec, utilisant les lanières de cuir de l’armure pour l’accrocher à son dos. Marteau en main, il suivit l’elfe alors que le son des cors semblait s’éloigner.

* * *

Volgan souffla longuement, ébranlé par l’histoire de l’homme-lézard. Les yeux dans les flammes du feu qu’il avait réussi à tirer du maigre bois trouvé près de la grotte, le norse digérait les paroles d’Ixli. Ce dernier, conscient qu’un être aussi jeune que l’humain avait besoin de temps pour appréhender ce que le destin avait décidé pour lui, tourna son regard vers l’extérieur.
Au-dessus de la plaine du Pays perdu, le skink aperçut la silhouette d’Itili-Chotek. Le slann semblait serein. Pourtant, les nuages sombres continuaient de s’amonceler au-dessus de la cité libre. L’air était lourd, orageux. La pluie fine s’intensifia et le froid redoubla. Sans son talisman, le prêtre serait mort de froid. La Lustrie lui manquait. Ses frères de mare, skinks et kroxigors, devaient avoir quitté la cité-temple. S’il avait pu, le chaman aurait versé une larme.
Volgan n’avait pas tout compris du récit d’Ixli. Mais le destin et les dieux l’avaient choisi parmi tant d’autres plus puissants, plus intelligents ou plus riches, qu’il ne pouvait lui tourner le dos. Et l’ennemi semblait être celui qui avait rasé Velm de la carte de Norsca. Les flammes dévorant sa demeure, l’odeur du sang et de la mort, la fin de Skeld, de se frères. Une fois de plus, il imagina les horreurs que les guerriers noirs avaient dû faire subir à sa femme et sa fille avant de les tuer et de les dévorer. Sons sang menaça de s’embraser, et il eut tout le mal du monde à faire taire ses envies de massacre ; sa fougue devait être économisée, réservée pour ces horreurs.

- Je te suivrai Ixli, gronda le berserk.
- Très bien… le dessstin m’a amené à toi. D’autres vont venir… Nos chemins se croissseront là où nous sssommes.

Le hurlement déchira le silence de la nuit

* * *

Miguel chevauchait légèrement derrière sa sœur qui suivait quant à elle le corbeau. L’oiseau se dessinait comme une tâche noire obscurcissant les rares étoiles. Le sens magique de la sorcière lui permettait d’apercevoir le familier. Aegir les menait à travers les plaines du Pays Perdu depuis deux bonnes heures. Les chevaux issus de l’Aethyr, infatigables, cavalaient sur le relief détrempé. Un sort mineur permettait aux deux estaliens de rester au sec malgré la pluie.
Miguel vit les créatures en premier, alors qu’une bise providentielle chassait les nuages. Mannslieb éclairait trois grandes créatures à la peau squameuse, leurs teintes allant du vert profond au bleu turquoise. Trois monstres aux membres gigantesques, semblant pataudes mais à la rapidité effrayante. Des trolls.
L’estalien savait les marais de son pays infestés par ces créatures. Mais jamais le diestro n’avait déjà combattu de telles créatures. Sous la lueur lunaire, Miguel aperçut la haute stature de Volgan, tenant en respect l’un des monstres de sa hache brandie. Une créature plus petite se bornait à esquiver les attaques des deux autres.

- Le barbare combat des trolls ! hurla l’estalien en dégainant sa fine lame. Quand je te disais qu'il n'attire que des problèmes !
- Le feu est nécessaire pour les abattre,
répondit sa sœur, combat mon frère… Flamis acribus addictis !

La fine rapière s’enflamma sous la magie de l’estalienne. Quelques secondes après, le diestro toucha le sol, emporté par l’élan de sa monture retournée à l’Aethyr. Un troll sentit le nouvel intrus et se désintéressa de l’homme-lézard insaisissable pour se tourner vers Miguel. La rapière enflammée aurait dû évoquer de la peur au monstre. Mais, trop peu intelligent, la bête aquatique se contenta de gronder sa faim.
Aurélia tendit la main en invoquant un mot de pouvoir. Une flèche blanche jaillit dans un crépitement électrique avant de s’écraser sur le dos écailleux du troll affrontant le barbare. Volgan sourit en reconnaissant Aurélia et profita de la surprise du monstre pour asséner un puissant coup qui mordit profondément la chair du troll. Un sang huileux gicla de la plaie béante. Sous la douleur, le monstre donna un violent coup du dos de la main au barbare qui roula sur le sol.
Ixli passa entre les jambes courtaudes de son adversaire, et invoqua un éclair. Le troll frémit sous l’impact, et la douleur l’énerva plus encore. Volgan se releva, observant avec horreur la plaie se refermer doucement. Le troll tendit de grandes mains griffues pour déchiqueter ce morceau de chair capable de réveiller en lui la douleur.
Miguel observa sa sœur rejoindre le combat, sa monture s’évaporant dans la nuit. L’estalien se concentra sur l’ennemi qui s’approchait. La fine lame frappa de nombreuses fois, dessinant des arabesques enflammées dans l’air nocturne. Chaque coup tranchait la peau du monstre qui tentait en vain d’arrêter cette piqûre brûlante. Le monstre leva au-dessus de lui un tronc dans lequel était fichée une roche pointue.

- Miguel, maintenant ! cria Aurélia en estalien.

Suivit une incantation rapide. Le troll sentit ses forces l’abandonner et eut le plus grand mal à maintenir ses bras tendus. Miguel se fendit et lança son arme en direction de l’aisselle droite du monstre. Il perfora la peau et les muscles et, tournant sur lui à la manière d’un danseur, fit subir le même sort à l’autre bras. Blessé et affaibli, le troll lâcha son arme qui fracassa son crâne en tombant. Pour faire bonne mesure, Miguel transperça son cœur alors que les flammes magiques mouraient sur son fer chauffé.
Volgan vola sur plusieurs pieds avant de percuter l’estalien de plein fouet. Le troll chargea de nouveau. Aurélia dessina de complexes arabesques dans les airs devant elle, mais la vue de son frère en fâcheuses posture la déconcentra. Les vents de magie s’échappèrent de ses mains et de son esprit. Le barbare fut plus prompt à se relever, et d’un coup de pied, sauva la vie de l’épéiste en le repoussant. Les poings fermés du troll frappèrent la tourbe dans une explosion de terre et de graviers, là où le diestro se trouvait une seconde plus tôt.
Ixli siffla un mot de pouvoir, et se retrouva aux côtés du barbare. Les estaliens regardèrent l’homme-lézard avec stupeur, mais les deux trolls survivants se dressaient face à eux. Aurélia soufflait rapidement, encore sonnée par son échec. Le skink aussi sentait la fatigue dû à l’effort magique. Volgan et Miguel se regardèrent, toute haine ou rancœur envolées. La magie ne semblait plus pouvoir mener le combat, au tour de l’acier. Et les deux combattants se mirent en garde.

- Pour Sigmar ! Pour l'Empire !!

Johan surgit des ombres, marteau brandit. Les yeux de l’initié s’enflammèrent alors que mourait sur ses lèvres une prière guerrière lue dans les pages d’Obéron. La tête du marteau s’illumina d’une puissance divine aveuglante. L’arme sainte s’écrasa sur la hanche d’un monstre qui craqua avant de s’enflammer.
Volgan rugit sa fureur, la hache dentelée arrachant la gorge du troll blessé par le sigmarite, tandis que l’épée estalienne perçait son torse. La voix d’Aurélia résonna, rejointe par celle sifflante du skink. Les deux magies se muèrent en une. Des flammes bleutées apparurent sur les lames de l’estalien et du norse.
Tal’var arriva à son tour, prit appui sur le cadavre pour ainsi dire décapité et perfora le cœur du dernier troll du fer d’Hurlevent. La créature répugnante recula sous la douleur. Son abdomen se gonfla avant de se rétracter. L’elfe avait déjà combattu des trolls. Il s’élança sur le côté, évitant l’immonde vomi acide qui vint marquer le sol de son empreinte. Les arabesques de l’épée brillèrent un instant avant que Tal’var ne frappe à nouveau. Le monstre s’effondra, terrassé par l’acier elfique.
La tension et l’excitation du combat retombèrent rapidement. Miguel se plaça devant sa sœur, rapière pointée vers le sol, mais les muscles tendus, prêt à combattre. Le barbare laissa s’échapper sa colère, rejoint par le skink tandis que l’elfe et l’initié se tournaient vers les combattants.
Ixli darda son regard ophidien sur les humains et l’elfe. L’esprit du seigneur slann lui apparut une fois encore, entourant les cinq Elus. Volgan, Celui qui porte le sang de l’ennemi. Les Deux faces d’une même pièce étaient de toutes évidences le duo estalien arrivé à Marienburg avec le barbare. L’elfe et le jeune humain en robe de bure représentaient l’Ame justicière et l’Enfant perdu… mais le skink ne sût à qui attribuer les termes de la prophétie. L’épée du rôdeur retint son attention.
Tal’var observa la lame d’Hurlevent. Ses yeux en amande s’arrondirent de stupeur en observant un halo argenté autour de chaque créature présente, même le mutant reptilien.

- Je pense que nous avons beaucoup à nous dire, déclara l’elfe en rengainant. Je me nomme Tal’var.


X X X X X


Epilogue


La lourde hache runique fendit le crâne de l’ultime guerrier en armure rouge. Ce denier souriait, car même en perdant la vie, son crâne serait offert à son dieu. Son assassin, un géant en armure noire couvert de symboles impies luisants, un œil stylisé gravé sur son plastron. D’un faible effort, il arracha son arme de son carcan d’os et de métal.
Le guerrier darda son regard embrasé sur le champ de bataille. Les icônes ensanglantées de Khorne étaient brisées et mises au feu. Ses combattants, dépecés. Sept mois que son armée ravageait Norsca, s’attribuant chaque village, chaque vallée, col ou montagne. Le continent du Nord portait la marque de l’œil. Les tribus refusant de se soumettre, tentant de fuir ou refusant de renier les Puissances de la Ruines se voyaient implacablement détruite. Il en allait de même pour les hardes d’hommes-bêtes ne se soumettant pas au Seigneur du Cinquième Œil.

* * *

Les flammes du bûcher s’élancèrent à la conquête des nuées, chassant les charognards venus se repaître des guerriers de Khorne. Le seigneur regarda ses hommes et les bêtes de la forêt tendre leurs bras et leur foi vers les flammes dans lesquelles apparut l’œil.
Le Prophète du Crépuscule, comme se faisait appeler le chaman homme-bête élu de l’œil, s’avança à ses côtés, baissant sa tête cornue en un signe de soumission. Le puissant homme-bête dépassait d’un bon pied son seigneur. Il était vêtu d’une toge grise couverte de runes noires et de sang séché. Son bras droit s’était mué en un tentacule empoisonné, don de sa divinité.

- Seigneur, gronda le chaman dans le parler noir du Chaos, l’Œil a parlé. Les Elus ont été rassemblés par le plus ancien d’entre-eux.
- Une poignée de faibles mortels ne saurait m’inquiéter… Que peuvent-ils faire qui t’effraie ainsi ?
- L’Œil a ordonné leur destruction… les augures le disent clairement, s’ils survivent, nous échouerons ! Le navire que j’avais envoyé à la recherche du traître, l’Elu de Norsca, a échoué.
- Soit, fais ce qu’il faut pour trouver ces hommes et cet elfe.
- La destinée est avec nous mon seigneur,
répondit l’homme-bête. Une vieille prophétie leur a indiqué une route… une route menant ici.
- Excellent. Prend les servants que tu désires, et occupe t’en,
puis désignant les grands navires amarrés non loin, j’ai une cité à envahir…


Fin de la Première Partie.
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xarkhan
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MessageSujet: Re: La Prophétie de Xianglia (première partie)   Jeu 17 Nov 2011 - 11:17

Comme tu aimes les encouragements Wink je poursuit ici mes éloges. Le problème c'est que je vais manquer d'arguments car ton récit est toujours aussi bien. Comme "barnab de karaz-zank" le plus triste sera d'arriver à la fin !
Merci à toi pour cette histoire que je vais sans doute ré-exploiter pour certaines petites choses.
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Haghar Tripes-de-Feu
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MessageSujet: Re: La Prophétie de Xianglia (première partie)   Ven 18 Nov 2011 - 6:02

Merci !

Je m'attelle doucement à la deuxième partie. Content de savoir que cela pourra t'inspirer pour le JDR Very Happy


Haghar.
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Eminar
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MessageSujet: Re: La Prophétie de Xianglia (première partie)   Ven 18 Nov 2011 - 15:54

J'ai enfin trouver le temps de lire le dernier chapitre, et c'est vraiment énorme !
C'est pile le type de texte que je lirais pendant des heures sans m'arrêter. Zen

Ça doit être super aussi de t'avoir en MJ dans un JDR si tu fais des scénarios aussi sublimes que ça ! Wink
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Haghar Tripes-de-Feu
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MessageSujet: Re: La Prophétie de Xianglia (première partie)   Sam 26 Nov 2011 - 21:50

Merci, c'est très gentil Embarassed Embarassed

Vous trouverez la suite ici, bonne lecture à toutes et tous.


Haghar.
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MessageSujet: Re: La Prophétie de Xianglia (première partie)   Sam 4 Fév 2012 - 13:03

Je viens de finir la première partie de ton récit qui est des plus sublime (il m'a fallut me rendre compte que j'avais terminé ma garde téléphonique depuis une heure pour m'arreter hier soir..)

L'histoire est palpitante, se lit facilement et reste très fidèle au fluff.

Cela me motive pour ma propre écriture, Wahgazag devrait bientôt refaire un passage mais j'ai aussi un projet plus gros dans l'univers de W40k que je connait bien mieux que celui de War. (ce qui fait "plaisir" à ma douce car je peut l'abreuver d'histoire de chapitres de seconde fondation, d'hérésie et autre subtilité dans le dogme de l'imperium).

Avec tout cela j'imagine que tes joueurs doivent adorer tes aventures, les miens ont un peu peur, il semblerait que je sois trop fourbe...

en déviant légèrement, tu fais que du war JDR ou visites tu d'autres univers (je te cite comme exemple mes différents lieux de visite : Dark hérésie, D&D, shadowrun, lanfeust jdr..).
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Haghar Tripes-de-Feu
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MessageSujet: Re: La Prophétie de Xianglia (première partie)   Sam 4 Fév 2012 - 13:40

Bonjour,


Merci beaucoup !! Embarassed

Je joue depuis 14 ans à D&D, j'ai commencé avec la seconde édition puis avec la 3 (on est resté en 3.5, l'édition 4 est trop wargame à mon goût). Sinon je joue/maîtrise Warhammer, Dark Heresy, Qin, Les Ombres d'Esteren, Magna Veritas & In Nomine Satanis, Marvel... drogué moi? Ouiiiiiiiiii !!!


Haghar.
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MessageSujet: Re: La Prophétie de Xianglia (première partie)   Sam 4 Fév 2012 - 21:25

Plus que d'accord avec toi la 3.5 est bien plus agréable pour D&D Smile
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MessageSujet: Re: La Prophétie de Xianglia (première partie)   Sam 11 Fév 2012 - 15:48

salut, je viens de terminer (malgré mon retard) la première partie de ton récit, et il est juste ÉNORME !!!
un grand Bravo à toi !
c'est donc sans tarder que je me lance dans la seconde partie de ton incroyable épopée^^
a++

et encore bravo Wink

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Haghar Tripes-de-Feu
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MessageSujet: Re: La Prophétie de Xianglia (première partie)   Sam 11 Fév 2012 - 16:34

Bonjour,


Merci beaucoup, content que cela te plaise Wink

Bonne lecture pour la suite.


Haghar.
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MessageSujet: Re: La Prophétie de Xianglia (première partie)   

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La Prophétie de Xianglia (première partie)
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